
|
|
|
nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... |
|
|
| Auteur |
Message |
matali
modo


Date d'inscription: 04/05/2005
Nombre de messages: 17154
|
Sujet: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Ven 8 Mai 2009 - 16:18 |
|
|
La nanotechnologie c'est la tecnhologie de l'infiniment petit... (nano vient du grec nain) : Un nanomètre c'est un milliardième de mètre soit : 1 nm = 10-9 m = 0,000 000 001 m soit un truc qu'on n'imagine même pas 
A cette échelle, les propriétés des matériaux sont (souvent très) différentes et bien sûr on ne les connaît pas encore toutes. Pourtant, "on" incorpore un petit partout des nanomatériaux et en particulier, on en entend beaucoup parler en ce moment, dans les crèmes solaires (avec le dioxyde de titane)

| http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/les-nanomateriaux-de-l-ombre-a-la-54244 a écrit: | Les nanomatériaux : de l’ombre à la lumière
Les députés européens l’ont imposé : les nanomatériaux présents dans nos cosmétiques seront dès 2013 soumis à une obligation d’étiquetage. Et cela constitue une vraie avancée de la réglementation. Car si aujourd’hui ils sont bien présents dans nos produits, et même dans de très nombreux d’entre eux (crèmes solaires, déodorants, crèmes antirides, fards à paupières, soins pour cheveux, parfums…), les nano-ingrédients se font en revanche étrangement discrets sur les étiquettes. Cela n’a pas toujours été le cas, et cela ne le sera donc plus prochainement, mais leur passage de la lumière à l’ombre pour revenir sous les pleins feux de l’actualité mérite un petit décodage…
Ils ont d’abord été présentés comme des ingrédients révolutionnaires, vecteurs incomparablement efficaces des actifs anti-âge. On les revendiquait alors en caractères bien larges sur les étiquettes et on les vantait dans les publicités. Les nanoparticules ont également envahi les crèmes solaires, permettant aux écrans minéraux (dioxyde de titane et oxyde de zinc) d’atteindre une taille suffisamment petite pour ne plus former de film blanc inesthétique sur la peau tout en continuant d’assurer une protection performante face aux rayonnements UV.
Puis, un jour, tout ce qui ressemble de près ou de loin au terme « nano » a disparu du discours cosmétique. Le mot a été banni des étiquettes, les argumentaires ont été réorientés vers les propriétés d’autres actifs, un lourd et grand silence a entouré ces si petites particules. Alors même qu’elles sont loin d’avoir été éliminées des formules. Pourquoi cette discrétion d’un coup ?
De la lumière à l’ombre
Un peu d’histoire. Les nano-ingrédients ont commencé à entrer dans la composition de nos cosmétiques (mais aussi de notre alimentation ou dans notre environnement) sans avoir fait réellement l’objet d’évaluations de sécurité pertinente, et sans tests épidémiologiques adaptés à leurs particularités. Selon un schéma globalement identique à celui qui a marqué le développement des OGM, les nanomatériaux ont été découverts et mis au point, puis aussitôt exploités dans les produits de consommation courante. Les tests approfondis et les études poussées sur leur éventuelle toxicité, comme l’information exacte du consommateur et le débat public à leur sujet, étant remis par l’industrie à… « plus tard ».
Mais voilà : « plus tard »…, c’est maintenant. Et les premières expérimentations comme les conclusions des chercheurs qui les ont menées se sont révélées suffisamment alarmantes pour alerter les associations écologistes et de consommateurs, et bientôt l’opinion publique ou au moins une partie d’entre elle. Réaction immédiate des fabricants de cosmétiques. On craint une réaction de défiance voire de rejet de la part des consommateurs, on a vu à quoi un tel phénomène peut mener avec les parabens et on ne veut pas rejouer la même partition : on ne parle plus de nanotechnologie. Du moins officiellement.
Le mot disparaît ainsi des étiquettes mais les nanoparticules restent dans les formules. On les utilise mais on ne le dit pas. De la période où on informait le consommateur, certes mal, partiellement et sans disposer des données pertinentes de sécurité sur ces composés, on est passé à un temps de réelle dissimulation de l’information. On ne communique plus sur la technologie, ni même (et surtout) sur sa présence dans les produits. La réglementation n’y obligeant pas (encore), les fabricants peuvent ainsi tout à fait légalement s’abstenir d’avertir leur consommateur, et éviter ainsi que l’inquiétude montante quant à l’innocuité des nanomatériaux ne rejaillisse sur leurs produits et éventuellement leur chiffre d’affaire... Une méthode assez facile pour ne pas avoir à affronter quelques questions embarrassantes. Qui n’en restent pas moins posées.
Les nanos, c’est quoi ?
Les nanomatériaux sont des molécules dont au moins une dimension (qu’il s’agisse de la structure externe – en « surface » – ou de la structure interne) est comprise entre 1 et 100 nanomètres (ou milliardièmes de mètre). Pour imaginer ce que cela peut représenter, on se souviendra qu’un globule rouge mesure environ 7000 nm… On n’est pas dans réellement l’infiniment petit, plutôt dans l’ultra petit, mais cette ultra petite taille modifie considérablement les propriétés de la matière, amplifiant son comportement ou son apparence habituels (activité biologique, réactivité chimique, solubilité, résistance, mobilité, transparence…) ou changeant carrément ses caractéristiques.
Que leur reproche-t-on ?
Les premières inquiétudes datent du début de ce siècle. Et le premier cri d’alarme lancé par l’Association Les Amis de la Terre en 2006. Dans son rapport alors, elle citait déjà un nombre conséquent d’études incriminant les nanomatériaux dans des phénomènes toxiques pour les tissus humains ou les cellules : augmentation du stress oxydatif, production de radicaux libres et de cytokine inflammatoire, mutation et/ou altérations de l’ADN… Plus les particules des nanomatériaux sont petites, plus leur activité est importante et plus le risque toxique serait fort.
Il est vrai que les données précises et exhaustives manquent encore pour évaluer justement le risque réel encouru au contact de ces substances. Mais de plus en plus de voix scientifiques semblent pencher vers la gravité, et travaillent à confirmer et compléter les premières données qui les ont alarmées sur le sujet.
Des effets nocifs des nano-ingrédients pour l’environnement, et notamment pour la faune aquatique (qu’elles peuvent atteindre par le biais de nos rejets de déchets, eaux usées après la toilette et autres bains de mer où on laisse à chaque fois un peu de produit cosmétique dans la nature), sont également fortement suspectés. Les nanos traversent-ils la peau ?
Si la preuve a été apportée que des nanoparticules pouvaient pénétrer des cellules humaines comme les globules rouges, encore faut-il, quand elles sont présentes dans un cosmétique réservé à une application cutanée, qu’elles soient capables d’accéder jusqu’au dit globule (entre autres cellules). Or, théoriquement, les nano-ingrédients ne pourraient pas dépasser le niveau des couches superficielles de l’épiderme.
En pratique, il est probable que ces molécules ultra petites trouvent assez facilement leur chemin à l’intérieur de notre organisme : soit par ingestion (rouge à lèvres, dentifrices…), soit par inhalation (poussières de poudres, vapeurs parfumées…), soit encore par le passage de la barrière épidermique, et notamment en cas de lésions (même minimes) de la peau, comme cela peut être le cas en présence d’eczéma ou de boutons, de brûlure due par exemple à un coup de soleil, d’une micro-coupure résultant du rasage…).
Retour vers la lumière
D’étude inquiétante en résultat alarmant, et malgré la belle omerta pratiquée par l’industrie à leur sujet, les nano-ingrédients ont fini par attirer l’attention des autorités sanitaires et politiques. Plusieurs pays européens (dont la France depuis 2007) ont organisé une série de rencontres entre experts et grand public dans le cadre de Nanoforums, pour informer et ouvrir une réflexion sur la possibilité d’envisager une utilisation sécurisée des nanoparticules, sans susciter de méfiance trop importante de la part des consommateurs.
Et les députés européens viennent d’orienter la réglementation vers davantage de transparence, en faisant figurer, et pour la première fois, des obligations d’étiquetage et d’évaluation des nano-ingrédients dans le texte du nouveau Règlement européen, qui va remplacer la Directive cosmétique d’ici 2013.
C’est bien un retour vers plus de lumière pour les nanos. Et de la lumière douce et tamisée des argumentaires publicitaires et des revendications d’actifs révolutionnaires, on est passé à l’éclairage cru et vif des études scientifiques d’une part, des nouvelles exigences réglementaires d’autre part : évaluations de sécurité exigées avant toute nouvelle utilisation dans un produit et affichage obligatoire de la nature de la substance avec le préfixe « nano » ajouté au nom INCI de l’ingrédient dans la déclaration officielle des composants.
Pour l’industrie, ce retour sous les sunlights brûlants de la transparence est contraint et forcé. Pour les associations de consommateurs, il est positif mais encore bien insuffisant… Le Règlement limite en effet son champ d’application aux nanomatériaux fabriqués intentionnellement, non solubles ou bio-persistants, et ne concerne de plus que les produits mis sur le marché à partir de l’entrée en vigueur effective de la nouvelle réglementation, ce qui, souligne le BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs), exclut d’une part les autres nanomatériaux et d’autre part plusieurs centaines de produits cosmétiques déjà existants.
Principe de précaution
En attendant l’application du nouveau Règlement (qui permettra malgré les quelques réserves qu’on peut lui apporter d’identifier de nombreux nano-ingrédients), et tant que rien n’oblige les fabricants à signaler leur présence sur l’étiquette, comment faire jouer le principe de précaution à titre personnel ?
Pour les crèmes solaires, on peut choisir systématiquement celles formulées avec des écrans minéraux et qui laissent un léger film blanc sur la peau à l’application. Pas très esthétique, peut-être, mais signe que les particules n’ont pas été réduites au point d’atteindre la barre des 100 nm, et donc moins suspect de dangerosité.
Pour les autres types de cosmétiques, la manœuvre est nettement plus complexe. Car rien, dans la texture ou à l’application, ne différencie un produit qui contient des nano-ingrédients d’un autre qui n’en contient pas. Le seul recours pour être sûr de ne pas se tromper sur ce point est de se tourner vers le bio, dont toutes les chartes aujourd’hui interdisent le recours à ces composés. Attention tout de même pour les produit certifiés par Écocert : mieux vaut s’assurer que la formule a été certifiée après le 1er janvier 2008, puisqu’avant cette date, les nano-ingrédients étaient admis dans les cosmétiques bio. |
à lire sur les nanotechnologies http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/Dossier%20Nano/$FILE/Visu.html http://www.nanomateriaux.org/ http://www.industrie.gouv.fr/enjeux/pdf/synthesenanomateriaux.pdf http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/magazine/article.php?id_mag=3&id_article=463&lang=fr http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/technologie/d/les-nanosciences-avancees-risques-problemes-societaux-ethique_790/c3/221/p1/
(et dans l'Âge de Faire d'avril et mai 2009) (et à Cap Sciences à Bordeaux 33 jusqu'au 3 janvier 2010 : Expo-nano-mondes, au coeur de l'infiniment petit) _________________ Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît car tu ne pourras pas t'égarer... (Rabbi Nahman de Braslav) |
|
 |
|
berenyce
cosméticien-ne


Date d'inscription: 14/06/2005
Age: 40

Localisation: Nice
Nombre de messages: 431
|
Sujet: Re: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Sam 9 Mai 2009 - 10:16 |
|
|
Merci Matali, pour ce petit recap Il faudra que j'aille voir ça plus en détail, car je suis très partagée (si je puis dire) sur l'impact des nanoparticules sur la santé humaine. Il y a déjà tant à faire avec les composants réellement dangereux!! Alors aller chercher si des composants non nocifs à une certaine taille le devienne à échelle réduite .... Bises Bon WE |
|
 |
|
Meresankh
rebouteux-euse


Date d'inscription: 24/02/2007
Age: 27

Localisation: Grenoble
Nombre de messages: 2042
|
Sujet: Re: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Sam 9 Mai 2009 - 11:45 |
|
|
Je sais pas si je l'avais mis ici? J'ai vu que Satoriz (chaine de mag bio) a decide de pratiquer le principe de précaution sur les nanotechnologies et de retirer les crèmes solaires bio qui en ont, de pas vendre des washball...
http://www.satoriz.fr/points-de-vue/Boules-de-lavage/article-sat-info-600-7.html#points-de-vue
Après ce n'est qu'un "point de vue", mon chéri qui est plus scientifique que moi, mais qui pour autant est vraiment pour le principe de précautions quand on est pas sur, trouvait que l'article en question faisait des amalgames mal expliqués et que le point de vue du coup ne l'a pas convaincu. Il disait peut etre il faut effectivement appliquer principe de précaution mais faudrait qu'on m'explique clairement et de manière bien + convaincante les risques pour que je sois convaincu. |
|
 |
|
matali
modo


Date d'inscription: 04/05/2005
Nombre de messages: 17154
|
Sujet: Re: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Sam 9 Mai 2009 - 14:16 |
|
|
(en fait on en parle dans le sujet sur les boules (on en parle à partir de là)... et j'avais pensé à un sujet plus général... et le temps a passé...)
Je comprends très bien que l'article sur les boules de lavage ne soit pas convaincant : on n'est pas sûr qu'il y ait des nanomatériaux là-dedans, on ne sait pas lesquels, on ne sait pas quelles sont leurs propriétés... bref on ne sait rien mais on suppose...
En revanche, ce qui me fait tiquer c'est : - il n'est (était) pas obligatoire d'inscrire les nanomatériaux dans les ingrédients (pourquoi ?) - on connaît peu les propriétés à longs termes de ces trucs là (bien sûr, il faut bien commencer un jour...) - on va trop vite, on fonce, on revient en arrière... bref, historiquement, les nanotechnologies c'est encore de l'expérimentation barbare et nous en sommes les cobayes - c'est tellement petit que c'est troublant en décidant de faire plein de trucs maison, on manipule de nombreux ingrédients mais ceux-là... semblent hors de portée  _________________ Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît car tu ne pourras pas t'égarer... (Rabbi Nahman de Braslav) |
|
 |
|
Meresankh
rebouteux-euse


Date d'inscription: 24/02/2007
Age: 27

Localisation: Grenoble
Nombre de messages: 2042
|
Sujet: Re: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Sam 9 Mai 2009 - 18:42 |
|
|
Je pense aussi qui y a de quoi à se poser des questions par rapport à certains trucs, pourquoi ceux qui en mettent ne le disent pas? manque un peu de transparence ça donne pas confiance quoi. Après le recul c'est clairement toujours le problème... Ce qui me trouble c'est ceux qui clairement s'en foutent ou se posent pas de questions? y en aurait dans ma washball? et alors? on s'en fous pourquoi ça marche si ça marche !! Chez quelqu'un qui se pose pas de questions ok, mais chez une personne qui se pose des questions sur l'écologie je comprends moins? (parce que si tout le monde s'y mets ca en fera plein de déverser dans les eaux si y en a bien dans les washball quel effet?) puis dans les crèmes c'est fou qu'ils en parlent pas + qu'on le sache et qu'on choisisse nous si oui ou non on en veux quoi. Et pourquoi ils en mettent quel efficacité...
(matali tu a raison hein pour le sujet général, j'ai rebondi en redisant les mêmes questions que j'avais eu la première fois que j'en ai entendue parler parce que j'ai pas avancée dans mes reflexions perso) |
|
 |
|
matali
modo


Date d'inscription: 04/05/2005
Nombre de messages: 17154
|
Sujet: Re: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Sam 9 Mai 2009 - 18:53 |
|
|
Moi aussi je patauge... Mais je n'aime pas qu'on me cache des trucs dans ce que je mange et dans les produits qui sont en contact direct avec ma personne  _________________ Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît car tu ne pourras pas t'égarer... (Rabbi Nahman de Braslav) |
|
 |
|
matali
modo


Date d'inscription: 04/05/2005
Nombre de messages: 17154
|
Sujet: Re: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Mer 24 Mar 2010 - 12:43 |
|
|
Un article de lemonde.fr aujourd'hui : (Afsset) "le risque ne peut pas être évalué, il ne peut donc pas être exclu"
| http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/24/nanoproduits-le-principe-de-precaution-preconise_1323606_3244.html a écrit: | Nanoproduits : le principe de précaution préconisé LE MONDE | 24.03.10 | 10h04 • Mis à jour le 24.03.10 | 10h31
es chaussettes antibactériennes aux nanoparticules d'argent; du ciment autonettoyant au dioxyde de titane; une crème solaire au même dioxyde de titane; un antiagglomérant pour sucre de table à la silice… Ce sont les quatre produits passés à la loupe par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), qui a rendu, mercredi 24 mars, un avis très attendu sur les "risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et dans l'environnement". Verdict : en l'état actuel des connaissances, "le risque ne peut pas être évalué, il ne peut donc pas être exclu".
Cette formulation a minima laissera sur leur faim ceux – consommateurs, industriels, associations – qui espèrent que soient identifiés des risques précis, avec des seuils de dangerosité. Mais en pointant l'insuffisance des données aujourd'hui disponibles, elle invite clairement à la mise en œuvre du principe de précaution. En 2008, l'Afsset avait déjà préconisé ce principe pour les personnels de l'industrie et de la recherche, en recommandant d'"éviter ou minimiser" leur exposition aux nanoparticules. Elle l'étend cette fois à l'ensemble de la population et du milieu naturel. En se fondant sur des exemples concrets.
"Avec les nanomatériaux, il est impossible d'en rester aux généralités. Il faut les examiner au cas par cas, produit par produit, usage par usage, souligne Martin Guespereau, directeur général de l'Afsset. Selon la formulation et la matrice où il est incorporé, chaque nanomatériau acquiert une réactivité et un comportement différents." Quatre produits ont donc été retenus, parce que largement utilisés et représentatifs des différentes voies d'exposition directe: cutanée, par inhalation ou par ingestion.
- Le cas des chaussettes antibactériennes : Dans certaines chaussettes, des nanoparticules d'argent sont intégrées aux fibres pour éliminer les mauvaises odeurs. L'expertise conclut que, "pour l'homme, l'exposition cutanée est non négligeable", même si "les risques sanitaires ne peuvent pas être estimés".
Le passage de la barrière cutanée pourrait être facilité en cas de peau endommagée. Or ces particules peuvent induire un "stress oxydant" provoquant une altération des cellules.
Quant à l'impact environnemental, l'agence calcule, sur la base d'un Français sur dix converti aux chaussettes antitranspiration et de 10 paires achetées par an, que leur lavage entraînerait le relarguage annuel de 18 tonnes de nanoargent dans les milieux aquatiques. Une dispersion qui "devrait faire l'objet d'une attention particulière", le caractère biocide de ces particules présentant "un danger avéré chez certaines espèces animales".
- Le cas du ciment autonettoyant : le ciment, lui, acquiert, grâce à l'adjonction de dioxyde de titane nanométrique, des propriétés autonettoyantes et assainissantes, par décomposition des dépôts organiques. La voie d'exposition est ici l'inhalation. Les experts notent que "les personnes souffrant d'une pathologie respiratoire constituent des populations sensibles".
Des inflammations pulmonaires et des tumeurs ont été déclenchées chez des rats, avec de très fortes doses, il est vrai. L'action sur les écosystèmes, où l'usure des bâtiments entraîne une dissémination du dioxyde de titane, reste très mal connue. Des œdèmes des filaments branchiaux ont été observés chez des poissons.
- Le cas des crèmes solaires : C'est encore du dioxyde de titane nanométrique qui entre dans la composition des crèmes solaires comme agent filtrant les rayons ultraviolets. Les fabricants ont toujours affirmé que ces nanoparticules ne franchissent pas la barrière cutanée. Or, relève l'Afsset, "certaines études récentes montrent qu'elles peuvent se retrouver dans la couche profonde de l'épiderme".
Les peaux lésées (blessées, allergiques ou brûlées), ou celles des enfants sont particulièrement vulnérables. Chez des souris, ces particules peuvent atteindre la rate, le cœur et le foie, et causer des lésions pathologiques. Les rejets dans le milieu naturel sont estimés, pour la France, à 230 tonnes par an, mais l'impact de ces substances, dans leur formulation cosmétique, reste à étudier.
- Le cas du sucre en poudre : Quant au sucre en poudre, le consommateur ignore qu'il peut – comme le sel de table – contenir de la nanosilice évitant l'agglomération des grains.
Les éventuels dangers sanitaires de cet additif sont inconnus. Chez le rat, une administration orale à forte concentration peut avoir des effets toxiques sur le foie. Pour les écosystèmes, il n'existe aucune donnée.
ANALYSER LE RAPPORT BÉNÉFICE-RISQUE
Face à tant d'incertitudes, l'Afsset insiste sur la nécessité de "faire progresser les connaissances sur la caractérisation, l'exposition et la dangerosité potentielle des nanomatériaux". En attendant, elle recommande de mettre en place un "étiquetage compréhensible" informant de la présence de nanomatériaux dans les produits, avec leur toxicité et les risques d'exposition.
Des fiches descriptives fournies par les industriels et rassemblées dans une base de données assureraient "une traçabilité". Ce qui constituerait une première en Europe.
Pour "limiter l'exposition des consommateurs et de l'environnement", les experts préconisent en outre de privilégier, à performances et coût égaux, des produits sans nanoparticules, et de restreindre le recours aux nanoproduits à "faible utilité". A leurs yeux, "une analyse socio-économique du rapport bénéfice-risque" s'impose.
A la société de décider si des chaussettes inodores valent vraiment de répandre des tonnes de substances biocides dans la nature.
Pierre Le Hir Article paru dans l'édition du 25.03.10
|
_________________ Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît car tu ne pourras pas t'égarer... (Rabbi Nahman de Braslav) |
|
 |
|
flor
neutre


Date d'inscription: 02/03/2007
Age: 35

Localisation: Drôme
Nombre de messages: 1829
|
Sujet: Re: nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... Mer 24 Mar 2010 - 13:22 |
|
|
Merci Matali  |
|
 |
|
|
nanotechnologie - nanoparticules - nanomatériaux ... |
|
|
| Page 1 sur 1 |
|
| Permission de ce forum: |
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
|
|
|
|
|
|
| |
|