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gaz de schiste

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Iphigénie
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MessageSujet: gaz de schiste Dim 10 Avr 2011 - 13:37

Rappel du premier message :

Je relaie une info de ma région d'origine!
Encore une attaque contre notre planète, et notre avenir!
Voici le lien du blog pour plus d'infos: ici

Maintenant cela ne se passe plus qu'aux Etats-Unis ou au Canada, cela arrive en France,

Des forages étaient sur le point de démarrer en région parisienne, les maires s'en sont aperçus ils ont pu retarder le drame qui allait se produire.

L'Hérault se bat actuellement contre la même chose mais rien n'est gagné,

Et maintenant, ils arrivent sur la Côte d'Azur !!! Regardez le tracé sur le plan ci-dessous,

Si ces forages ont lieu :
- vous pourrez dire adieu aux touristes et à toute votre économie locale,
- l'air ne sera plus respirable,
- l'eau ne sera plus potable,
- se baigner ne sera plus non plus possible
- vos maisons et appartements ne vaudront plus un centime sur la Côte d'Azur, ceux qui ont des crédits ne pourront pas se reloger ailleurs
- les produits des cultures deviendront des poisons
- la terre sera souillée pour des centaines d'années

Vous pensez que j'exagère, et qu'une telle chose ne peut pas se passer, eh bien cela se passe déjà, nous sommes au point de basculement de la situation,

Je me suis rendue à la 1ère réunion organisée à Salernes le 12 mars.

Nombreux étaient les maires du Var, ils étaient outrés de n'avoir été prévenus par personne de ce qui allait arriver sur leur sol,

En fait dans un texte de Loi, le sol appartient à l'Etat !!!

Donc l'Etat (nos hommes politiques que nous élisons pour défendre nos intérêts) peut faire du sol ce qu'il veut sans que l'on ait rien à dire,

Voyez à qui nous avons laissé notre pouvoir de vote !!!

Certains de nos élus vont empocher des dessous de table énormes alors que tout un pans de l'écomie va être sacrifié et que des régions entières vont se retrouver sinistrées.

Et comme en France, aucune personnalité politique n'est punissable de ses décisions, ils ne risquent rien...

Aucun élu du 06 n'était présent à cette réunion à Salernes alors que la zone de forage est prévue jusqu'à Grasse, peut-être n'ont-ils pas été encore informés,

Et c'est ce qui est gravissime, c'est que les élus locaux ne sont même pas informés, beaucoup sont informés par l'action des collectifs qui se battent contre les pollueurs.

Une décision sera prise le 15 avril, notre sort va se jouer à cette date.

Je vous demande de considérer ce message, d'aller vous informer comme je l'ai fait, et de diffuser l'information comme je le fais.
Nous ne pourrons pas tous nous permettre de nous enfuir de la zone contaminée s'ils arrivent à leurs fins, par contre, vous pouvez agir maintenant, et non pas demain, car demain il sera trop tard,
Pourquoi dire NON au GAZ DE SCHISTE
>
> Tout d’abord, qu’est-ce que le gaz de schiste ?
> Il s’agit d’un gaz non conventionnel, contenu dans des roches sédimentaires argileuses situé entre 1 et 3 km de profondeur.
Comment l’extraire ?
> Ce gaz est obtenu non par forages dans des poches réservoir étanches mais par des forages multiples dans des roches sédimentaires et argileuses compactes. Des forages verticaux sont réalisés à quelques centaines de mètres de distance, des charges explosives créent des brèches qui sont ensuite fracturées par la forte pression d’un mélange composé d’eau, de sable et de composants chimiques. Sous cette pression, le gaz de schiste remonte et est capturé en surface.
Gaz de schiste : dangers et pollutions :
> - Eau : les quantités d’eau utilisées sont énormes (10 000 m3 à 20 0000 m3 par injection – plus de 10 injections par forage). L’eau hyper polluée est ensuite récupérée mais une partie, souillée par les nombreux additifs chimiques ajoutés, se disséminera naturellement dans la nappe phréatique avec les conséquences nocives évidentes pour l’ensemble de la chaine alimentaire et notre santé.
> - Paysages : Nous vous laissons imaginer l’impact désastreux de l’exploitation du gaz de schiste sur nos paysages varois, infrastructures immenses, aller et retour de dizaines de camions, construction de pistes, agrandissement - de routes, …
> - Santé : Dans cette technique de forage, plus de 250 produits chimiques sont utilisés. Ceux ci sont souvent toxiques, voire cancérigènes. Des relevés aux Etats Unis montrent l’existence d’acide nitriloacétique, du naphtalène, du formaldéhyde mais en plus des traces de métaux lourds comme le benzène et des dérivés du pétrole …

Patricia
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Douce Jacinthe
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 11 Mai 2011 - 22:50


Hum... la partie n'est pas encore totalement gagnée, il faut continuer à faire pression... Et dans le bon sens !! Interdiction totale de l'exploitation du gaz de schiste !!

MissMcG
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Amande
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Ven 1 Juil 2011 - 19:15

Causses et Cévennes inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO!!! svava

Adieu gaz de schiste


par là!
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Ven 1 Juil 2011 - 19:59

J'ai entendu dire à la radio qu'un des modes d'extraction (je ne sais plus lequel... un mot compliqué quoi xD) du gaz de schiste était définitivement interdit (petite victoire mais seulement petite : colère des écologistes, car les autres modes d'extraction ne le sont toujours pas).
Bonne nouvelle Amande, merci !
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Ven 1 Juil 2011 - 20:25

C'est une victoire, tout de même
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Ven 1 Juil 2011 - 20:33

Amande a écrit:
Causses et Cévennes inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO!!!

Adieu gaz de schiste


par là!


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bonne journée  violette
 
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Ven 30 Sep 2011 - 23:43


Source : LEMONDE.FR | 30.09.11 | 22h10

"La France pourrait abroger trois permis d'exploitation de gaz de schiste :


Le gouvernement s'apprêterait à abroger les permis d'exploitation de gaz de schiste du groupe Total à Montélimar et de la compagnie américaine Schuepbach en Ardèche et dans le Larzac, d'après des informations du Figaro. "La décision devrait être officialisée en tout début de semaine prochaine. Elle vient clore un dossier riche en polémiques", selon le journal.

Conformément à la loi du 13 juillet 2011 interdisant en France l'exploration et l'exploitation d'huiles et de gaz de schiste par fracturation hydraulique, les compagnies titulaires de permis en Ile-de-France et dans le Sud-Est ont remis au gouvernement un rapport précisant les techniques qu'elles comptent employer pour poursuivre leurs recherches.

"Dans son rapport, Schuepbach a souligné qu'il ne renonçait pas à la fracturation hydraulique, considérée comme la seule technique disponible pour extraire les hydrocarbures piégés dans d'étroites fissures de schiste. L'opérateur se voit donc logiquement retirer son permis par les pouvoirs publics", rappelle Le Figaro."


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MessageSujet: Re: gaz de schiste Sam 1 Oct 2011 - 13:47

Citation :
Amande a écrit:

Causses et Cévennes inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO!!!

:lis Adieu gaz de schiste


par là!


Trèèèès bonne nouvelle les fées !!!!! :-)

On attends de voir la suite pour l'abrogation des trois permis d'exploitation ...
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mar 17 Jan 2012 - 23:23

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2012/01/17/total-bataille-pour-exploiter-du-gaz-de-schiste-dans-le-sud-de-la-france_1630930_3244.html

Flûte de flûte...
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mar 17 Jan 2012 - 23:53


grrrr je sens mes instincts de guerrière remonter... MissMcG

j'espère que la bataille contre le gaz de schiste va être remportée...
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mar 17 Jan 2012 - 23:56


Je n'ai pu lire l'article n'étant pas abonnée au journal du monde, mais j'ai vu le titre... Rien que ça cela me hérisse...

Zut de zut... Faudrait à nouveau que Avaaz fasse une pétition dessus, yen a marre que ces entreprises qui ne pensent pas au futur décident de tout !!
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 18 Jan 2012 - 0:52

Je sais pas comment faire pour que tu puisses lire l'article Douce... d'habitude ça marche même pour les non abonnés... à moins qu'ils aient changé le truc.
Sinon, je copie-collerai l'article. Jsais pas trop si j'en ai le droit par contre...
Mais en gros, total a fait un recours devant le Tribunal Administratif de Paris pour obtenir le droit d'exploiter le gaz de schiste
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 18 Jan 2012 - 9:41

Tu ne copies-colles qu'une petite partie... une citation, ça c'est légal je pense
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 25 Avr 2012 - 10:33

http://www.leprogres.fr/jura/2012/04/14/gaz-de-schiste-une-societe-de-forage-cherche-a-se-loger-dans-le-haut-jura a écrit:
Lever de boucliers. Le collectif haut Jurassien « Non aux forages d’hydrocarbures », a été prévenu par des hébergeurs qu’une société de forage cherchait un logement dans le haut Jura pour juin.(...)
Et ça continue quand même...


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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 25 Avr 2012 - 17:38



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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 15 Aoû 2012 - 13:59

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/20/gaz-de-schiste-le-gouvernement-maintiendra-l-interdiction-de-la-fracturation-hydraulique_1736168_3244.html a écrit:
Le gouvernement ne reviendra pas sur l'interdiction de la fracturation hydraulique, technique interdite par une loi en France et jugée hautement polluante pour l'exploration des gaz de schistes, a annoncé vendredi 20 juillet la ministre de l'écologie et de l'énergie, Delphine Batho.

"Le gouvernement maintient clairement et nettement sur l'interdiction de l'exploitation des gaz de schiste, car nulle part dans le monde il n'a été prouvé que cette exploitation pouvait se faire sans dégâts considérables sur l'environnement et avec des risques importants pour la santé", a affirmé Mme Batho interrogée sur BFMTV.

"Rien dans l'agenda du gouvernement aujourd'hui n'envisage de revenir sur l'interdiction de la fracture hydraulique", a-t-elle ajouté. Selon elle, ce qui pose problème c'est la technique utilisée pour explorer et exploiter ce type d'énergie fossile "avec des produits chimiques qui ensuite vont dans les nappes phréatiques".

PAS DE NOUVEAUX PERMIS D'EXPLORATION

La fracturation hydraulique consiste à injecter à très forte pression un mélange d'eau, de sédiments et de produits chimiques pour briser la roche et libérer les molécules de gaz naturel.

(...)

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, avait laissé entendre début juillet que le gouvernement allait "regarder" ce dossier sensible de l'exploitation du gaz de schiste en France, sans toutefois le "rouvrir".

Pour Delphine Batho, son collègue "et ami" Arnaud Montebourg avait alors formulé "une réflexion intellectuelle qui n'est pas basée sur des faits".

A la question de savoir si le gouvernement allait octroyer de nouveaux permis d'exploration pour connaître l'importance réelle des éventuelles réserves de cette énergie dans le sous-sol français, la ministre a répondu "non, il va y avoir la réforme du code minier", texte qui fixe les règles sur l'exploitation des énergies dans les sols.

(...)

Les défenseurs des gaz de schiste, parmi lesquels Total et GDF Suez, font valoir que leur exploitation permettrait des créations d'emplois, comme aux Etats-Unis, et rendrait la France moins dépendante du gaz importé de l'étranger. Mais le gouvernement fait valoir qu'aucun pays n'a pu prouver que cette technique était sans conséquence sur l'environnement ou la santé.

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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 15 Aoû 2012 - 17:51

matali a écrit:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/20/gaz-de-schiste-le-gouvernement-maintiendra-l-interdiction-de-la-fracturation-hydraulique_1736168_3244.html a écrit:


[b]Les défenseurs des gaz de schiste, parmi lesquels Total et GDF Suez, font valoir que leur exploitation permettrait des créations d'emplois, comme aux Etats-Unis, et rendrait la France moins dépendante du gaz importé de l'étranger

Non. Je n'ai pas lu ça. C'est une blague, j'ai du rêver.
Permettrait de créer des emplois ?!!! Pour nettoyer les merd** qu'ils laisseront sans doute !
Je vais me réveiller...
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Jeu 16 Aoû 2012 - 9:52

Tous les moyens sont bons.
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Jeu 13 Sep 2012 - 11:01

Citation :
Energies
Au secours, les gaz de schiste reviennent !

Par Ivan du Roy (13 septembre 2012)

Ambiguïtés ministérielles, lobbying intensif de l’industrie pétrolière et gazière, appels pressants d’éditorialistes et de chroniqueurs en faveur de leur extraction, multiplication de permis d’exploration, camions sismiques en attente d’autorisation… Alors que s’ouvre la conférence environnementale, les gaz de schiste sont loin d’être définitivement enterrés. Retour sur une bataille qui se livre en coulisse depuis un an.

Il est déjà loin le temps où les leaders socialistes s’opposaient fermement aux gaz de schiste. « Une fausse bonne idée aux risques écologiques démesurés », expliquait il y a un an Arnaud Montebourg [1]. Lors du débat sur la loi du 13 juillet 2011, interdisant la fracturation hydraulique, le futur ministre du Redressement productif, le futur Premier ministre et le futur Président – alors dans l’opposition – ont même signé une proposition de loi « visant à interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, à abroger les permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures non conventionnels et à assurer plus de transparence dans le code minier ». C’était avant d’arriver au pouvoir.

Depuis, tout a soudainement changé : « Le débat n’est pas tranché », explique Jean-Marc Ayrault le 22 août. « Le 14 septembre va s’ouvrir une conférence environnementale et […] il faut qu’on mette sur la table les différentes solutions qui pourraient exister et [établir s’il faut ou non] les utiliser » [2]. Arnaud Montebourg s’est également dit prêt à reconsidérer la question, le 11 juillet, à l’occasion d’une réunion de la Conférence nationale de l’industrie. Delphine Batho, devenue ministre de l’Écologie après l’éviction de Nicole Bricq, doit se sentir bien seule. « Je pense que la transition énergétique, ce n’est pas d’aller chercher de nouveaux hydrocarbures », a-t-elle déclaré lors des journées d’été d’Europe écologie – Les verts, à Poitiers, où elle était invitée.

Des permis toujours valides

La loi du 13 juillet 2011, votée sous le gouvernement Fillon, interdit bien « l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche » (Article 1). Mais le texte laisse quelques fenêtres ouvertes. D’abord, la fracturation hydraulique – la seule technique d’extraction possible, excessivement gourmande en eau et comportant des risques de pollution chimique (lire notre article) n’est pas clairement définie. Ensuite, la loi créée une « Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux » en vue « d’évaluer les risques environnementaux ». Sa composition a fait l’objet d’un décret publié au Journal Officiel le 22 mars 2012 [3], mais la commission n’a toujours pas été installée. Enfin, la loi autorise la « mise en œuvre d’expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public ».

C’est sur ces bases légales que trois permis d’exploration de gaz de schiste – les plus médiatisés – ont été abrogés en octobre 2011 : ceux de Nant et Villeneuve-de-Berg (détenus par l’entreprise texane Schuepbach) et celui de Montélimar (Total). Les autres – plus d’une soixantaine – sont pour l’instant gelés. Pour prospecter, les industriels doivent remettre à l’administration des rapports « précisant les techniques employées ou envisagées dans le cadre [des] activités de recherches ». De Château-Thierry à Foix, en passant par Alès, au moins une dizaine d’autres permis concernant principalement les gaz de schiste auraient ainsi pu être annulés. En refusant de les abroger, l’ancien gouvernement UMP a-t-il voulu, à sa manière, ne pas clore le débat ? Une continuité dans laquelle semblent s’inscrire les ténors socialistes du gouvernement.

Des camions sismiques en Ardèche

Sur le terrain, une multitude de compagnies pétrolières continuent de s’activer, et de saisir les opportunités laissées ouvertes par la loi. Début septembre, la société Mouvoil SA, détentrice du permis « Bassin d’Alès », couvrant une partie de l’Ardèche et du Gard, a ainsi adressé une demande aux préfectures pour faire circuler des camions sismiques. « Ce permis vise en particulier de forer à 1 400 m de profondeur. Il prévoit également l’utilisation d’une technique de fracturation, ce qui paraît extrêmement risqué dans cette zone dont le sous-sol karstique comporte de nombreuses failles dans lesquelles l’eau circule », alerte le collectif ardéchois « Stop aux gaz de schiste ». Précisons que Mouvoil SA est une société basée en Suisse, dans le canton de Zoug, l’un des paradis fiscaux les plus prisés. Elle a été fondée en juin 2008 par d’anciens cadres dirigeants (géologues et financiers) de Total et d’Elf, dont un certain Jack Sigolet, bien connu de ceux qui se sont intéressés de près à l’affaire Elf.

« Jack Sigolet, spécialiste des « préfinancements pétroliers » (avance de fonds aux Etats producteurs de pétrole, contre gage de barils de brut), était aussi dans les années 1990 président de la FIBA-Banque française intercontinentale, l’une des banques d’Elf-Aquitaine, gérée avec le clan du dictateur gabonais Omar Bongo. Devenu consultant, il a conseillé des responsables du pétrole angolais - via notamment sa société Crossoil Trading -, ce qui lui a valu dès 2008 l’attention du juge d’instruction genevois Yves Aeschlimann dans les nombreux développements de l’affaire dite « Angolagate » », rappelle le journaliste suisse Gilles Labarthe. Dans ces conditions, autoriser d’obscures compagnies pétrolières, bien abritées dans des paradis fiscaux, à prospecter est-il vraiment raisonnable ?

Offensive médiatique en faveur des gaz de schiste

Qu’importe ! « Profitons de la richesse du sol français en gaz de schiste ! », lance Claude Perdriel, dans une tribune publiée par Challenge du 12 juillet, magazine dont il est le propriétaire [4]. Partant du principe que leur extraction profitera à tout le monde – plus d’emplois, gaz moins cher, indépendance énergétique… Bref, rien à voir avec l’extraction pétrolière, c’est promis… –, Claude Perdriel invite à « y réfléchir rapidement avant de prendre une décision qui engage notre liberté ». Rien que ça.

« N’enterrons pas le débat sur les gaz de schiste », renchérit un éditorial non signé du Monde, le 26 juillet. « Faut-il vraiment, a priori, renoncer à cette ressource ? (…) Comment savoir, inventer, progresser si l’exploration même est interdite ? Les arguments des scientifiques sont sérieux, ceux des pétroliers aussi », interroge le quotidien, qui au passage place sur le même plan argument scientifique et argument de businessman. L’édito s’accompagne d’un reportage favorable à l’extraction des gaz de schiste [5]. Un reportage qui fait suite à un voyage de presse au Texas, à Fort Worth, la ville aux 2 000 puits. Un voyage organisé par… Total, les 17 et 18 juillet. Trois journalistes, du Monde, du Point et de L’Usine Nouvelle, plus un photographe américain, sont partis, aux frais de la compagnie, visiter les installations de son partenaire américain Chesapeake. Une visite sélective : ni les bassins de décantation, ni le ballet des camions ne sont décrits. Quant à aller à la rencontre des populations qui dénoncent les conséquences environnementales de l’extraction des gaz de schiste...

Début juillet, c’est l’inévitable Claude Allègre qui lançait dans Le Point son cri du cœur : « Monsieur Hollande, n’ayez pas peur des gaz de schiste  !  » Selon le géochimiste, « la solution, la seule, l’unique » pour retrouver de la croissance « c’est l’innovation technologique, avec comme condition première l’énergie à bon marché ». (…) « L’attitude responsable, c’est donc à la fois d’exploiter une richesse utile et de protéger l’environnement », juge-t-il. Depuis la fin de l’été, et à l’approche de la conférence environnementale, « experts » et représentants de l’industrie pétrolière se succèdent sur les ondes et les plateaux pour promouvoir cette « attitude responsable ».

Vers une guerre de l’information


Cette offensive médiatique fait étrangement échos aux préoccupations de l’industrie pétrolière et gazière. « Fermer la porte pour toujours à l’exploitation de cette ressource serait une erreur majeure », regrettait Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez, en avril 2011 [6]. En janvier 2012, le PDG de Total, Christophe de Margerie annonce que le débat « va nécessairement évoluer ». Au même moment, un colloque est organisé à Paris sous le « haut patronage » de François Fillon et d’Éric Besson, alors respectivement Premier ministre et ministre de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie. Parmi les table rondes : « L’interdiction française, comment en sortir ? », où seuls un intervenant de la Direction générale de l’énergie et du climat (ministère de l’Écologie) et des représentants des multinationales pétrolières et gazières prendront la parole.

Sans oublier l’affaire du rapport de l’Association de l’École de guerre économique (AEGE). En juillet 2011, ce « réseau d’experts en intelligence économique » publie un rapport intitulé « L’intérêt du gaz de schiste pour la France ». Le texte est initialement présenté comme un « rapport de mission [confidentiel destiné à Total] pour une action de contre-information afin de faire basculer l’opinion française au sujet des gaz de schiste et de leur exploitation ». Contre-information, le mot est lâché. Le rapport propose des « argumentations et éléments de langage » et identifie quatre « cibles stratégiques » : les politiques, les médias, les scientifiques, les populations. Il s’agit par exemple de « faire la pédagogie de la réalité de l’exploitation des gaz de schiste auprès des populations qui n’en ont eu, jusqu’à présent, qu’une présentation partiale ».

Chantage à l’emploi

Le rapport est rendu public un an plus tard par le site d’information indépendant whistle.is. L’AEGE dément et assure que le rapport a été réalisé « par des étudiants de l’École de guerre économique, dans le cadre d’un exercice universitaire » et que le document « n’engage en rien Total, qui n’en a jamais eu connaissance » (Lire aussi l’article qu’y a consacré Arrêt sur images). De son côté, le site whistle.is maintient sa version, détaillant les « exercices », sur les OGM notamment, réalisés au sein de l’École de guerre économique, « une fabrique d’influence au service des grandes entreprises » réputée « dans le domaine de la guerre de l’information ».

Quels que soient les commanditaires de cette étude, ses préconisations constituent aujourd’hui les grandes lignes du dispositif de communication des lobbies pétroliers et gaziers : ne pas fermer la porte aux gaz et pétrole de schiste ; rouvrir un débat étayé par des faits présentés comme « scientifiques » ; insister sur les bienfaits de l’extraction tant en termes d’emplois, de croissance et d’indépendance énergétique, voire de réduction d’émissions de CO2. Autant d’arguments relayés par plusieurs médias « mainstream ». Et partagés par une partie de la haute administration.

Adieu la transition énergétique ?

Le rapport remis en février 2012 par des ingénieurs du Corps des mines et des ponts des eaux et des forêts aux anciens ministres de l’Énergie Eric Besson et de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet ne préconise pas autre chose : « Il serait dommageable, pour l’économie nationale et pour l’emploi, que notre pays aille jusqu’à s’interdire, sans pour autant préjuger des suites qu’il entend y donner, de disposer d’une évaluation approfondie de la richesse potentielle » [7]. Si le rapport demeure prudent sur la fracturation hydraulique et appelle à davantage de concertation locale avant de délivrer un permis, il préconise des expérimentations techniques : « Ces études et expérimentations contribueront à l’émergence et à la formation d’opérateurs et de sous-traitants nationaux susceptibles de se positionner sur le marché mondial. » De quoi séduire un ministre du Redressement productif en mal d’imagination, à l’heure où les plans sociaux se multiplient.

Rouvrir le débat sur les gaz de schiste : l’objectif est en passe d’être atteint. Quelle sera la prochaine étape visée par l’industrie pétrolière et gazière ? Le gouvernement socialiste enterrera-t-il toute ambition en matière de transition énergétique pour relancer la dépendance aux hydrocarbures ? Prendra-t-il le risque de susciter de nouvelles mobilisations ? Et de se couper de ses alliés écologistes ? La conférence environnementale et la réforme à venir du code minier devraient nous livrer des éléments de réponse.

Ivan du Roy
Notes

[1] Sur son blog.
[2] Lire l’article de Libération.
[3] Voir le décret.
[4] Claude Perdriel est propriétaire du groupe Nouvel Observateur, qui inclut l’hebdomadaire du même nom, les magazines Challenges et Sciences et Avenir et a racheté début 2012 le site Rue 89.
[5] A lire dans les archives payantes du quotidien.
[6] Dans Le Figaro.
[7] « Les hydrocarbures de roche-mère en France », réalisé par deux administrations françaises, le Conseil général de l’économie l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET) et par le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD).

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MessageSujet: Re: gaz de schiste Sam 29 Sep 2012 - 14:59

modèle américain :
http://www.courrierinternational.com/article/2012/09/26/gaz-de-schiste-contre-antilope-d-amerique a écrit:
Gaz de schiste contre antilope d’Amérique

Dans l’Etat du Wyoming, les puits de gaz naturel poussent comme des champignons dans les zones d’hivernage de la faune endémique.

26.09.2012 | Bruce Dorminey | Pacific Standard

La petite ville de Wamsutter, dans le Wyoming, est située au sud-est de gisements de gaz naturel qui sont parmi les plus vastes au monde. Pourtant, si la population a quadruplé depuis 2009, la commune n’est guère plus qu’une halte poussiéreuse au bord de l’autoroute 80. La multiplication du nombre des camions empruntant cet échangeur isolé atteste le boom énergétique, avec pour conséquence la destruction de l’habitat de l’antilope d’Amérique.

Autrefois, cette espèce était omniprésente dans les Grandes Plaines et les hauts plateaux désertiques de l’Ouest américain. Les antilopes, qui mesurent 90 centimètres au garrot et pèsent moins de 56 kg, peuvent atteindre des vitesses de 95 à 110 kilomètres à l’heure. Pour éviter leurs prédateurs et trouver de la nourriture en hiver, elles parcourent les terres sur des centaines de kilomètres. Or, en raison de l’exploitation du gaz naturel dans l’ouest du Wyoming, elles ont de moins en moins d’espace pour galoper. Dans l’ensemble, les comtés concernés, comme ceux de Sweetwater ou de Sublette, s’étendent sur environ 25 000 km2 et relèvent de la responsabilité du Bureau of Land Management, chargé de la gestion des terrains publics.

Selon une étude réalisée par la Wildlife Conservation Society (WCS) et publiée dans la revue Biological Conservation, il existe un lien de causalité entre l’exploitation intensive des deux plus grands champs américains de gaz naturel et l’abandon de cette région par les antilopes. Ces gisements, Pinedale Anticline et Jonah, sont situés dans le sud de l’écosystème du Grand Yellowstone, au cœur des plaines où vivent les antilopes en hiver.

Jadis, des dizaines de millions d’antilopes parcouraient les terres d’Amérique du Nord. Il en reste 700 000 aujourd’hui, dont la moitié dans le Wyoming.

L’hiver, les bêtes ont besoin de grandes étendues peu enneigées pour trouver l’armoise dont elles se nourrissent. Elles sillonnent le désert en fonction des chutes de neige et de la direction du vent et vont parfois jusqu’à la ville de Green River (Wyoming), à 300 kilomètres au sud de la région de Grand Teton.“En raison de la présence humaine, des routes, des projets immobiliers, des clôtures et du bétail, la libre circulation des antilopes se retrouve extrêmement entravée”, explique Jackie Skaggs, responsable des affaires publiques pour le parc national de Grand Teton.Les chercheurs ont remarqué depuis longtemps que les sites d’extraction par fracturation hydraulique interfèrent avec les routes migratoires des antilopes, qui empruntent ces chemins depuis six mille cinq cents ans.

Dans le cadre de l’étude menée par la WCS, les allées et venues de 125 antilopes femelles ont été observées pendant cinq ans grâce à des puces GPS. Pendant cette période, l’exploitation du gaz naturel dans le bassin supérieur de la Green River a contraint les antilopes à abandonner près de 82 % de leurs meilleurs pâturages d’hiver, selon Jon Beckmann, qui travaille pour le programme Amérique du Nord de la WCS et qui a dirigé l’étude.“En termes de mortalité ou de reproduction, nous n’avons pas remarqué de changements dus aux gisements de gaz”, précise Renee Seidler, biologiste de terrain à la WCS. “En revanche, c’est le début des problèmes pour les antilopes et leurs quartiers d’hiver.” Les bêtes pourraient sûrement s’adapter si les champs de gaz ne bougeaient pas, ajoute Renee Seidler, mais ceux-ci sont en expansion. “Tout a commencé avec 45 puits installés dans le champ de Jonah. Maintenant, il y en a 4 500”, indique Linda Baker, directrice de l’Upper Green River Alliance, basée à Pinedale (Wyoming).

La réalité des choses


Elle ajoute que 4 400 puits sont exploités à Pinedale Anticline et que le champ voisin – encore intact – sera percé de 3 500 puits.Pour Jon Beckmann, l’exploitation accrue du bassin supérieur de la Green River pourrait tenir compte de la faune : il propose notamment de limiter le cloisonnement du territoire, pour que les animaux puissent migrer, et de réduire la densité des puits dans les principales zones d’hivernage.

La plupart des 60 000 antilopes du comté de Sublette, au sud de la région de Grand Teton, traversent l’ouest du Wyoming pour rejoindre leurs quartiers d’été. “Les bêtes qui passent la saison estivale dans la zone de Grand Teton sont attachées aux zones d’hivernage où le gaz naturel est exploité”, avertit Steve Cain, un biologiste expérimenté qui travaille dans ce parc. Seuls 200 à 400 individus migrent vers le nord jusqu’à Jackson Hole ou jusqu’au parc national proprement dit. “Si les pâturages où les antilopes viennent pour l’hiver subissent des changements considérables, la population du parc risque de disparaître.”

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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mar 14 Mai 2013 - 10:54

Un long article très intéressant sur l'exploitation du gaz de schiste au Dakota du Nord (US)

http://www.lemonde.fr/ameriques/visuel/2013/05/12/ruee-vers-le-gaz-de-schiste-dans-le-dakota-du-nord_3175426_3222.html

=> ça créé en effet de l'emploi, du moins quand il y a du gaz de schiste, mais pour les dommages collatéraux, vraiment pas terrible...
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Lun 27 Mai 2013 - 16:25

A la recherche du pétrole de schiste du bassin parisien
Le Monde.fr | 27.05.2013 Par Angela Bolis

En surface, il n'y a pas grand-chose à voir : un derrick, une pompe à balancier, de longs tuyaux empilés. C'est sous les champs de Chartronges, en Seine-et-Marne, que tout se joue : le forage de cette plateforme d'exploration pétrolière doit s'enfoncer jusqu'à 3 100 mètres de profondeur, traversant au passage la roche mère enfouie dans la couche géologique du Lias (ou Jurassique inférieur), datant de plus de 175 millions d'années.
Dans le bassin parisien, cette roche mère recèle potentiellement du pétrole qui, à l'inverse du pétrole classique, n'a pas encore eu le temps de s'en libérer : c'est le pétrole de schiste. En février 2012, un rapport du ministère de l'économie sur les hydrocarbures de schiste en France avançait une estimation de cette ressource dans cette zone entre 160 000 et 240 000 m3 exploitables par an pendant vingt-cinq ans. C'est bien moins que la production nationale (en France métropolitaine) de pétrole conventionnel, de plus de 1 million de m3 par an – qui représente déjà seulement 1 % de nos besoins en pétrole brut. Et pour l'instant, la seule technique qui en permet véritablement l'exploitation, la fracturation hydraulique, est interdite depuis la loi de septembre 2012.

La Seine-et-Marne n'a pas attendu le récent engouement pour les hydrocarbures de schiste pour s'intéresser à son or noir. La plaine est parsemée de ces pompes d'exploitation conventionnelle – au moins 2 000 puits y ont été forés depuis cinquante ans. Mais, avec la baisse du prix du pétrole et l'épuisement de ces menues ressources, la production est en net déclin. En témoigne la première concession ouverte en France, en 1958 à Coulommes, où seuls 4 des 57 puits sont encore en activité, selon la société pétrolière américaine en pointe sur l'exploration dans le bassin parisien, Hess Oil.

L'EXPLORATION SE POURSUIT MALGRÉ TOUT

Même si l'estimation des ressources en pétrole de schiste paraissent modestes, même si la loi en interdit l'exploitation, les demandes de permis visant une exploration de pétrole de schiste se sont multipliées ces dernières années dans le bassin parisien – elles étaient déjà une quarantaine il y a deux ans. Tous hydrocarbures confondus, elles couvrent aujourd'hui la quasi-totalité du territoire de la Seine-et-Marne.


Ci-dessus, les terrains couverts par des demandes de permis de recherche (gris), des permis de recherche (bleu), des demandes de titres d'exploitation (orange) ou des titres d'exploitation (rouge) de pétrole, dans l'ouest du bassin parisien surtout, d'après le Bureau exploration-production des hydrocarbures.


Ainsi, à Butheil, la déclaration d'ouverture des travaux de la plateforme d'exploration mentionne clairement que "l'objectif consiste à rechercher dans les formations du Lias des zones contenant des hydrocarbures pouvant satisfaire à la réalisation de forage d'exploitation" – les recherches dans d'autres couches pouvant contenir du pétrole classique étant qualifiées de "secondaire". La roche mère du Lias est aussi visée par plusieurs autres forages de Hess Oil, comme à Chartronges ou encore à Jouarre.

Si le retour sur investissement de cette exploration reste pour le moment si incertain, pourquoi cette entreprise continue-t-elle à investir des millions dans la prospection des sous-sols français ? "Hess Oil France a pour but de cartographier le système pétrolier du bassin parisien", répond la compagnie, qui affirme se positionner dans une stratégie de long terme et, à ce stade, de recherche et de "compréhension".

Isabelle Levy, dynamique retraitée qui a fait de sa lutte au sein du collectif fertois contre le pétrole de schiste un job à plein temps, la soupçonne toutefois de se préparer, dans l'attente d'une modification de la loi interdisant la fracturation hydraulique, ou de la découverte d'une autre technique d'extraction du pétrole de schiste, viable et légale. Elle pourrait alors exploiter ou bien revendre sa cartographie à une autre société pétrolière. L'entreprise pourrait aussi procéder à un forage avec fracturation hydraulique à titre d'expérimentation – "pour prouver que ce n'est pas dangereux, alors que l'impact se fait de toute façon ressentir plusieurs années plus tard", explique Isabelle Levy.

UNE OPPOSITION À L'UNISSON

Quoi qu'il en soit, Hess Oil fait preuve d'une certaine détermination. Car, en plus de se heurter à la législation française actuelle, l'entreprise fait face à une opposition locale relativement unanime. A Jouarre notamment, où une nouvelle plateforme d'exploration est en construction, le maire UMP Pierre Goullieux se souvient d'être allé, dès février 2011, voir la ministre de l'écologie d'alors, Nathalie Kosciusko-Morizet, en compagnie des députés et sénateurs UMP de Seine-et-Marne Franck Riester et Michel Houel, pour lui exprimer leurs inquiétudes vis-à-vis de la fracturation hydraulique. "Je ne peux pas laisser ces terres, cette eau, ces sous-sols risquer d'être pollués par l'exploitation non conventionnelle", dit-il. Et rien, en termes de retombées économiques ou d'emplois créés, ne viendrait, selon lui, contrebalancer ce risque.


A Doue (puits de Butheil), le maire s'est fendu d'une lettre à la ministre de l'écologie Delphine Batho pour "s'interroger [d'urgence] sur la validité du permis" d'exploration, compte tenu des risques de la fracturation hydraulique et du manque de transparence de Hess Oil sur ses intentions finales. Depuis, la préfecture de Seine-et-Marne a, de son côté, publié des arrêtés interdisant le forage horizontal dans la roche mère dans plusieurs puits de la société.

Quant à la population locale, "une partie est radicalement contre, une autre se pose des questions, les autres s'en fichent", dit le maire de Jouarre. Rien que sur le territoire couvert par le permis de Château-Thierry, deux collectifs locaux d'opposition se sont créés. A la fin de mars, une réunion d'information à l'initiative de Hess oil – qui affiche une démarche de dialogue avec la population – s'est déroulée de manière houleuse. Le compte rendu qui en a été fait par Fabien Vallée, conseiller municipal divers droite à Jouarre et vice-président de l'association No Fracking France, évoque une "ambiance tendue", une assemblée "sous contrôle d'un dispositif de sécurité (...) très surdimensionné", durant laquelle le "flot de questions" a "perturbé le déroulé de la présentation type prévu par la société". Exemple d'intervention d'un habitant : "Je vois des enfants, ça me pose question, les enfants c'est l'avenir... quand on voit ce que vous avez fait aux Etats-Unis."

Si les bénéfices locaux d'une telle exploitation n'apparaissent pas clairement, nul doute, donc, que les inquiétudes face à ses risques se sont propagées assez largement. Isabelle Levy énumère : la pollution, la détérioration des nappes phréatiques, l'usage de grandes quantités d'eau dans un département régulièrement touché par des sécheresses, la défiguration du paysage, la nécessité de trouver des alternatives aux énergies fossiles pour lutter contre le réchauffement climatique... "Et tout ça pour une production minime", assure la militante. D'après ses calculs, "si on faisait 500 puits dans le bassin parisien, on assurerait seulement huit jours d'indépendance énergétique pour la France".

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/27/a-la-recherche-du-petrole-de-schiste-du-bassin-parisien_3415503_3244.html
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Lun 27 Mai 2013 - 19:22

(au passage, je viens de voir Promised Island de Gus Van Sant, avec Matt Damon, pas terrible, mais dont le sujet est la manipulation des masses par les grands groupes énergétiques pour faire passer la fracture hydraulique... ça donne quand même une petite idée...)
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Sam 8 Juin 2013 - 23:38

On dirait que Matt Damon tourne dans pas mal de film ayant un rapport avec l'écologie. C'est pas toujours de super film, mais c'est positif que qq personnalités s'engagent !

Voici un article tiré du blog de Jean Quatremer, "Les coulisses de Bruxelles", daté du 22 mai :

L'UE sous pression du gaz de schiste

La révolution du gaz et du pétrole de schiste en cours aux Etats-Unis fait saliver les dirigeants européens qui se réunissent cet après-midi à Bruxelles, justement pour discuter, entre autres, de la définition d’une politique européenne de l’énergie : «Les prix du gaz américain sont désormais trois fois inférieurs aux prix européens, ce qui créé un différentiel de compétitivité entre nos entreprises très préoccupant»,s’alarme-t-on à l’Elysée. De fait, l’Amérique du Nord est en passe non seulement d’atteindre son indépendance énergétique, mais de devenir une puissance exportatrice…

Or, l’avenir énergétique de l’Union est sombre :«L’Europe risque de devenir le seul continent à dépendre de l’énergie importée» , prévient Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. Déjà, chaque jour, elle règle «une facture d’un milliard d’euros pour ses importations de pétrole» , comme le rappelle Connie Hedegaard, la commissaire chargée de l’Environnement. «En 2035, notre dépendance [à l’extérieur] sera supérieure à 80%», martèle Van Rompuy. Autant dire que, alors que l’Union ne parvient toujours pas à renouer avec la croissance, la question du coût de l’énergie, et donc de l’indépendance énergétique, redevient centrale, au risque de renvoyer les problèmes environnementaux dans les limbes.

Ce n’est donc pas un hasard si des voix de plus en plus nombreuses demandent que l’Europe se lance dans l’exploitation du gaz de schiste, à l’image de Günther Öttinger, le commissaire chargé de l’Energie. Des pays comme le Royaume-Uni, la Pologne, l’Espagne, la Hongrie, la Roumanie ou la Lituanie souhaitent utiliser les richesses (pour l’instant hypothétiques) de leur sous-sol. Même l’Allemagne, mise en difficulté par sa décision unilatérale de sortir du nucléaire, commence à hésiter. En France, le pouvoir reste encore très prudent sur le sujet. Paris se contente de s’inquiéter fortement de la facture énergétique et de ses conséquences pour l’emploi, ce qui est une façon de faire passer le message. Le patronat hexagonal, lui, n’a pas ses pudeurs : «On me demande souvent «comment réindustrialiser la France ?» Au-delà du pacte de compétitivité, que je salue, il y a une réponse très simple : explorons et exploitons dans notre pays les gaz de schiste», a récemment déclaré en avril, Laurence Parisot, la présidente du Medef. Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, plaide, plus subtilement, dans un entretien au Monde (daté d’aujourd’hui), pour que l’Etat et les entreprises investissent dans la recherche de moyens permettant«d’exploiter de manière propre le gaz de schiste». Pour lui, l’Union n’a plus le choix, car les Etats-Unis sont en train de mettre en échec l’objectif européen de réduire de 20% les émissions de CO2 : les Américains «se sont mis à exporter vers l’Europe à prix cassés le charbon dont ils n’avaient plus l’usage. Ce mouvement a rendu le charbon plus compétitif que le gaz pour produire de l’électricité en Europe. En moyenne, les centrales à gaz européennes sont arrêtées trois jours sur quatre et les installations au charbon, bien plus polluantes, tournent à plein.»

Reste que, si le débat sur le gaz de schiste est européen, la décision finale de l’utiliser ou non relèvera de chaque Etat qui reste maître de la composition de son «bouquet énergétique» (nucléaire, charbon, gaz), à condition d’y incorporer 20% d’énergie renouvelable d’ici à 2020. Une souveraineté que personne ne veut abandonner même si chacun convient de la nécessité de créer une politique européenne de l’énergie afin de mettre fin à la fragmentation des marchés nationaux. L’approvisionnement et les réseaux de distribution ou la recherche relèvent de chaque Etat membre. D’où des différences de prix très importantes entre eux. Dans leur appel, «l’Europe de l’énergie, c’est maintenant», publié par le Monde, l’ancien président de la Commission Jacques Delors, et le président du Parlement européen, Martin Schulz, dénoncent ces «approches nationales divergentes, voire contradictoires», qui «ignorent l’interdépendance réelle déjà existante avec les pays voisins, non consultés, et déstabilisent le système énergétique européen conduisant parfois à des investissements superflus et coûteux pour les citoyens européens». Il faut donc remédier à ce nationalisme énergétique coûteux : c’est tout l’objet du sommet européen d’aujourd’hui qui doit poser les premiers jalons menant à une meilleure coordination.

François Hollande veut aller plus loin : il a plaidé, jeudi, lors de sa conférence de presse, en faveur d’une«communauté européenne de l’énergie», sans en donner le contenu précis. «Il faut d’abord que nous nous mettions d’accord sur son contenu» , se justifie-t-on à l’Elysée. Paris estime notamment qu’une meilleure coordination entre les politiques nationales, l’élaboration de normes communes, les prix, l’investissement dans les réseaux, les énergies renouvelables, ou encore l’efficacité énergétique pourraient en faire partie. «Ensuite, si on est d’accord, on verra s’il faut des instruments nouveaux voire une modification des traités : il ne sert à rien de définir un cadre qui restera vide comme on l’a trop souvent fait dans le passé.»

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/05/lue-sous-pression-du-gaz-de-schiste.html
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 12 Juin 2013 - 13:23

C'est pas propre, on le savait déjà et où l'on nous explique que des derrière les grands groupes "pétroliers" (TOTAL, Suez...) sont aussi concernés et avides de gaz de schistes de nombreuses entreprises de services, de recherches tehnologiques, du bâtiments... de quoi faire pression sur "la fracturation hydraulique".

http://www.bastamag.net/article3110.html a écrit:
Energies
Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Par Ivan du Roy, Olivier Petitjean (6 juin 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

C’est un véritable rouleau compresseur qui s’est mis en branle en faveur de l’exploitation des gaz de schiste. Le groupe de travail patronal franco-allemand sur la « compétitivité » et la « croissance » en Europe, mis en place sous l’égide du Medef et de la Fédération allemande des industries (BDI) [1], en a fait une de ses propositions phares. « L’Europe doit oeuvrer en faveur du développement des compétences industrielles et d’un cadre d’action pour le secteur des gaz non conventionnels (dont les gaz de schiste, ndlr)  », suggère-t-il, dans leur liste de 32 revendications patronales remises à François Hollande et Angela Merkel le 30 mai. (...)

Bruxelles assiégée par les lobbyistes pétroliers

Le « débat » sur les gaz de schiste agite également Bruxelles. La Commission et le Parlement sont « assiégés par les grands acteurs des secteurs pétroliers et gaziers », (...)

En France, cette offensive industrielle et médiatique se heurte pour l’instant à un obstacle de taille : la fracturation hydraulique, seule technique en vigueur aujourd’hui pour accéder aux gaz de schiste enfermés dans la roche, dont l’utilisation est interdite par la loi du 13 juillet 2011. La fracturation hydraulique est excessivement gourmande en eau, recourt à des produits chimiques, et peut provoquer des remontées non maîtrisées de gaz à la surface, le tout risquant de contaminer nappes phréatiques, cours d’eau et sols. C’est cet obstacle que s’évertuent à lever le sénateur UMP de l’Orne Jean-Claude Lenoir et le député PS du Nord Christian Bataille. Les deux élus préparent un rapport parlementaire sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste ».

Le CAC 40 plébiscite les gaz de schiste

Ils considèrent que la fracturation hydraulique est « une technique ancienne qui évolue aujourd’hui rapidement sous l’effet de considérations environnementales de plus en plus partagées ». Et proposent d’étudier d’autres voies : « Une technique alternative opérationnelle existe : il s’agit de la fracturation au propane, qui mériterait un plus ample examen. D’autres technologies sont envisagées en recherche et susceptibles d’aboutir à des applications d’ici une dizaine d’années. » Un rapport d’étape sur leurs premières investigations vient d’être présenté ce 5 juin. Le jour où la fracturation hydraulique n’apparaîtra plus comme la seule technique possible, l’interdiction pourra être contournée.

Cette interdiction commence sérieusement à gêner des intérêts économiques considérables. Car l’extraction des gaz de schiste n’est pas seulement l’affaire d’aventuriers texans et de « majors » pétrolières et gazières, comme Total ou GDF Suez, qui voudraient fracturer le sous-sol français comme ils le font aux États-Unis ou en Pologne. Fait peu connu, pas moins de dix groupes français cotés au CAC 40, d’Air Liquide à Veolia, ainsi que plusieurs autres grandes entreprises nationales, sont impliqués dans l’extraction des gaz de schiste, depuis la fourniture d’équipements et de produits chimiques jusqu’au traitement des eaux usées. Et ce, partout dans le monde.

Total amasse les concessions

Total, GDF-Suez et la compagnie pétrolière franco-britannique Perenco exploitent de nombreux gisements de gaz de schiste hors de France. Le géant français amasse les concessions à l’étranger. Aux États-Unis, Total a acquis 25 % des concessions de Chesapeake Energy, premier producteur mondial de gaz de schiste, et premier foreur nord-américain avec 11 000 puits creusés en 20 ans. Et y a investi plus de 2,2 milliards de dollars ! En Pologne, Total a récupéré une partie des concessions d’exploration d’ExxonMobil. Il en détient au Danemark, au Canada, en Chine, en Algérie, en Argentine, et même en Libye…

(...)

Schlumberger et la « fracturation intelligente »

(...)

Derrière les deux « majors » arrivent les firmes spécialisées dans les services à l’industrie pétrolière et gazière : Vallourec, Technip et Schlumberger. Ces firmes ne possèdent pas directement de gisements, mais assistent les compagnies pétrolières dans leur exploitation. Elles leur vendent des services et des solutions technologiques pour extraire l’hydrocarbure. Schlumberger, qui possède un double siège à Paris et Houston, est l’un des principaux fournisseurs de matériaux de pompages et de produits chimiques liquides utilisés pour la fracturation hydraulique. Ces mêmes produits qui suscitent les craintes des populations riveraines et dont les firmes concernées se refusent obstinément à révéler la composition, sous prétexte de secret commercial. Schlumberger essaie désormais de se positionner sur la fracturation « haut de gamme », qui, selon son directeur général, Paal Kibsgaard, serait un peu moins gourmande en eau et en produits chimiques : bienvenue au « smart fracking », ou « fracturation intelligente »...

Vallourec : des forages « sans nuisance aucune »

Vallourec a aussi massivement investi aux États-Unis. L’entreprise est aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs de tubes de forage profond pour l’extraction des gaz de schiste. Son PDG, Philippe Crouzet, espère des « productions massives de gaz de schiste » en Europe d’ici 2017.« Il faudra d’abord rendre acceptable, par l’opinion publique, l’exploitation des gaz de schiste d’un point de vue environnemental », prévient-il. A l’écouter, il n’existe pas de source d’énergie plus sûre : « Il n’y a pas eu un seul accident dû au forage horizontal au cours des dernières décennies aux États-Unis (…). Tous les forages traversent, sans nuisance aucune, des nappes phréatiques pour aller chercher le gaz ou le pétrole beaucoup plus loin en dessous. Mais l’idée qu’il puisse y avoir des fuites dans les tubes est une aberration », expliquait-il en août 2012 [4]. L’arrivée des gaz de schiste en Europe est, selon lui, synonyme de « retombées économiques significatives ». Pas sûr que ces retombées profitent à tout le monde : Vallourec est la société du CAC 40 qui, entre 2003 et 2009, a le plus largement favorisé ses actionnaires par rapport à ses employés. Les dividendes versés par action ont progressé de 1 007 % ! [5].

Le secteur du BTP est également concerné : Lafarge, leader mondial des matériaux de construction, fabrique des ciments spéciaux pour les puits de forage nord-américains, à la fois pour les gisements conventionnels et pour la fracturation hydraulique. Saint-Gobain fournit des matériaux de fracturation, notamment des billes en céramique de la taille d’un grain de sable qui, injectées dans les failles rocheuses, font office de soutènement pour améliorer le taux de récupération des hydrocarbures. Technip, spécialiste des infrastructures pétrolières et gazières, mais aussi du raffinage et de la pétrochimie, a également redirigé une grande partie de ses investissements stratégiques – 225 millions d’euros – vers les États-Unis pour profiter des retombées du gaz de schiste. Sans oublier l’industrie chimique, comme Solvay, et sa filiale française Rhodia, qui dépendent de l’achat d’hydrocarbures pour une partie de leur production. Ils figurent parmi les principaux défenseurs du gaz de schiste, dans lequel ils voient une promesse de réduction de leurs coûts.

La fracturation hydraulique, source de profits pour Veolia et Suez

Pas de fracturation de la roche sans de l’eau en abondance. Veolia et Suez environnement ont trouvé là le moyen de compenser leurs pertes de marché dans l’approvisionnement en eau potable, dont la gestion privée est de plus en plus contestée. Les deux géants de l’eau considèrent la fracturation hydraulique comme une source de profit prometteuse. Elles ont réalisé des investissements importants dans les zones d’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis (Pennsylvanie, Texas et Ohio), et financé les lobbies du secteur [6]. Grâce aux gaz de schiste, elles gagnent sur deux tableaux : la vente d’eau en gros aux entreprises réalisant les forages – 15 000 m3 d’eau sont nécessaires, en moyenne, pour une opération de fracturation – et le traitement des eaux contaminées issues de la fracturation. Cette utilisation massive des ressources en eau provoque tensions et conflits avec les agriculteurs, notamment aux Etats-Unis ? Qu’importe. Jean-Michel Herrewyn, directeur général de Veolia Eau, évoque les « très beaux projets » de son entreprise dans « les mines, le pétrole ou les exploitations de schistes bitumineux, tous énormes consommateurs d’eau ».

La plupart de ces groupes français, ou de leurs filiales, sont membre des puissants groupes de pression états-uniens, très actifs pour promouvoir les gaz de schiste et limiter au maximum toute régulation contraignante : de l’ « American Petroleum Institute » à l’ « American Gas Association », en passant par la « Marcellus Shale Coalition », qui regroupe les firmes ayant des intérêts dans les gisements de gaz de schiste de Pennsylvanie. Cette coalition, dont Veolia, Vallourec, Lafarge et Schlumberger sont membres, milite pour étouffer toute critique et combattre toute velléité de régulations de l’impact environnemental de l’exploitation des gaz de schiste dans la région, ainsi que pour réduire leur contribution fiscale aux administrations des territoires où ils opèrent [7].

Une coalition anti-transition énergétique ?

Ce modèle d’influence se retrouve dans tous les pays dont les sous-sols recèlent des gisements potentiels de gaz de schiste, de la Pologne à l’Argentine. Et semble désormais se propager dans toute l’Europe, et gagner la France. Cet engouement et ces investissements font-il sens, alors que les gaz de schiste pourraient connaître leur pic de production – le moment où la production commence à décroître, faute de ressources – aux alentours de 2017 ? Les gaz de schiste permettront de maintenir artificiellement des systèmes industriels périmés, car basés sur l’usage intensif d’énergies fossiles à un coût relativement bas. Et ensuite ?

Face à cette offensive d’ampleur, « une petite poignée d’organisations de la société civile exprime ses inquiétudes, fait pression pour une interdiction de la fracturation ou, au minimum, pour un cadre réglementaire strict », décrit le CEO. Les partisans d’une transition énergétique vers moins d’énergies fossiles feront-ils le poids face à cette impressionnant cartel de multinationales ? La bataille s’annonce rude.

Ivan du Roy et Olivier Petitjean

Photo : CC SkyTruth
Notes

[1] Et animé par le Français Jean-Louis Beffa et l’Allemand Gherard Cromme, respectivement anciens patrons de Saint-Gobain et de ThyssenKrupp.

[2] Pour le consulter.

[3] Lire ici.

[4]  Source.

[5] Source : L’Expansion, décembre 2010.

[6] Lire ici, en anglais.

[7] The Center for Media and Democracy, en anglais.

"il n’existe pas de source d’énergie plus sûre" ne di(sai)t-on pas la même chose pour le nucléaire ?
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Andromaque
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Mer 12 Juin 2013 - 15:37

je me demande combien de temps le gouvernement français va résister... Si l'opinion se laisse convaincre par la campagne intensive menée par les lobbys industriels, c'est fichu.
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matali
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MessageSujet: Re: gaz de schiste Sam 15 Juin 2013 - 12:55

J'suis pas sûre que le gouvernement n'ait pas déjà flanché...
http://www.romandie.com/news/n/_Hydrocarbures_le_gouvernement_debloque_plusieurs_demandes_de_permis52150620131109.asp a écrit:
Hydrocarbures: le gouvernement débloque plusieurs demandes de permis


PARIS - Le gouvernement a commencé à débloquer des demandes de permis en souffrance pour l'exploration pétrolière et gazière, via quatre arrêtés publiés samedi au journal officiel.

Le secteur pétrolier se plaignait depuis le début de l'année d'un blocage des demandes d'attribution ou de modification de permis d'hydrocarbures.

L'Union française des industries pétrolières (Ufip) avait ainsi affirmé début février que quelque 120 demandes étaient au point mort, au risque selon les industriels d'étouffer toute une activité.

Samedi, quatre arrêtés ont été publiés au JO: le premier autorise la prolongation du permis exclusif de recherches de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux dit Permis du pays du Saulnois, ainsi que sa mutation (changement de titulaire) au profit des sociétés Lundin International SA, GDF Suez E&P France SAS et Diamoco Energy SAS, conjointes et solidaires (Moselle).

Le deuxième autorise la mutation de la concession de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux dite Concession de Vic-Bilh au profit des sociétés Vermilion REP SAS et Vermilion Exploration SAS, conjointes et solidaires.

Le troisième arrêté autorise la mutation de la concession de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux dite Concession de Dommartin-Lettrée au profit des sociétés Lundin International SA et Vermilion Exploration SAS, conjointes et solidaires.

Enfin, le dernier arrêté prolonge le permis exclusif de recherches de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux dit Permis de Montargis à la société Essence de Paris SAS (Loiret).

Mardi, un arrêté au JO avait également autorisé la prolongation de la validité de la concession de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux dite Concession d'Ile-du-Gord à la société Petrorep SA (Seine-et-Marne).


(©AFP / 15 juin 2013 11h07)

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MessageSujet: Re: gaz de schiste

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gaz de schiste

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