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[Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux

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matali
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MessageSujet: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mer 17 Oct 2012 - 14:55

Rappel du premier message :

L'article répète ce que dit la vidéo...
http://www.challenges.fr/high-tech/20121016.CHA1987/carriere-image-emploi-du-danger-de-vivre-a-l-ecart-des-reseaux-sociaux-Espèce de bouc-twitter-linkedin.html a écrit:
Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux
Créé le 16-10-2012 à 11h44 - Mis à jour à 12h03
Par Jean-Louis Dell'Oro
VIDEOS Les salariés comme les entreprises doivent s'adapter à la révolution numérique et aux nouveaux réseaux, sous peine d'être progressivement marginalisés.
(...)

"Si vous vous ne vous souciez pas des réseaux, les réseaux se soucieront de vous". Plus de dix ans après la publication de "La Galaxie Internet", les propos du professeur de sociologie Manuel Castells sur l'impact des nouvelles technologies n'ont pas pris une ride. En quelques années, le web a bouleversé les relations sociales entre individus et dans le monde du travail. A tel point que les plus réticents aux réseaux sociaux et à internet risquent de rapidement rester sur le bord de la route.

"Dans la Silicon Valley aujourd'hui, quand une personne cherche un emploi, elle envoie son compte Twitter. Les entreprises ne demandent plus de CV papier", confie ainsi Frédéric Tardy, responsable de l'Atelier BNP Paribas à San Francisco et co-auteur avec les journalistes Jean Rognetta et Julie Jammot du livre "La République des réseaux" (Fayard), sorti en septembre dernier. Progressivement, l'identité numérique prend une place prépondérante pour les recruteurs. Et pas que de l'autre côté de l'Atlantique. Cet été, une offre de stage de la marque de sport Quechua exigeait par exemple un score d'au moins 35 sur le site Klout, un outil censé mesurer votre réputation en ligne.

La fin des anciens de l'ENA ?

Une étude de TNS Sofres pour Expectra indiquait ainsi que fin 2011, 51% des recruteurs interrogés recouraient régulièrement aux réseaux sociaux au cours du processus de recrutement. Du côté des employeurs, l'e-réputation est également une arme à double tranchant. Près de la moitié des postulants à une offre d'embauche affirment avoir déjà renoncé à présenter leur candidature après avoir lu sur internet des informations négatives sur l'entreprise, selon un sondage de RégionJobs datant de 2011. De grands groupes comme Danone, qui vient de lancer son premier social Game sur Espèce de bouc pour valoriser sa marque employeur, l'ont très bien compris.

Espèce de bouc, Twitter et consorts vont-ils pour autant remplacer les associations d'anciens élèves d'écoles prestigieuses ou les cercles mondains très select ? "Oui, s'ils ne se numérisent pas", assure Jean Rognetta. "Chacun peut construire son propre réseau" désormais, ajoute-t-il. Le web offre effectivement une grande liberté d'initiative, même si les réseaux construits ont tendance à se désagréger aussi vite qu'ils sont apparus. Les anciens de Polytechnique ou de l'ENA ont donc encore de beaux jours devant eux. Mais ils ne pourront pas rester en marge de la révolution numérique.

Les licenciés Face book

Car comme le rappellent très justement Frédéric Tardy, Jean Rognetta et Julie Jammot dans leur ouvrage, l'identité réelle et virtuelle sont en train de fusionner. A San Francisco, dans les milieux de la high-tech, un email envoyé par une personne qui n'a aucune présence sur LinkedIn est déjà considéré comme un faux ! En parallèle, la sphère privée et la sphère publique sont de plus en plus difficiles à distinguer. Les affaires de "licenciés Espèce de bouc", bien qu'encore très peu nombreuses, se sont multipliées.

En 2009, une caissière se fait licencier pour ne pas avoir informé son patron des disparitions de produits mais également pour avoir dénigré la société sur le réseau social. Le conseil des prud'hommes de Montbéliard a estimé que le licenciement était justifié, indiquant en substance qu'un dialogue sur Espèce de bouc ne constituait pas une conversation privée. Un jugement confirmé par la Cour d'appel de Besançon fin 2011.

"Beaucoup de gens prennent des risques sur le web sans s'en rendre compte. Il y a un apprentissage qui est en cours, qui se fait au fur et à mesure", confirme Julie Jammot. En matière de maîtrise des données et des nouveaux outils, tout le monde ne part donc pas sur un pied d'égalité. Une raison de plus pour prendre le train en marche et éviter de se retrouver marginalisé.
J'adore la conclusion
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Dernière édition par matali le Jeu 18 Oct 2012 - 16:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Ven 19 Oct 2012 - 12:11

Merci Matali, entre temps j'avais testé par curiosité ... Prochaine étape les citations dans les citations !
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matali
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Ven 19 Oct 2012 - 12:21

Ouaou ! Tu prends des risques !
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Ven 19 Oct 2012 - 12:47

Ouaip ! Warrior des LPM MissMcG
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malou
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Sam 27 Oct 2012 - 18:10

Houla alors moi j'avais un compte Espèce de bouc mais je l'a définitivement supprimés!

Des jeux débiles qui vous balancent pleins de pubs, des pubs ciblés dans votre région, un site qui vend vos informations avec votre accord bien sur à l’inscription (ils sont pas fous hein!), des virus à tout va et de plus en plus vicieux vu qu'ils passent par vos amis en qui vous avez confiance ...
Beaucoup de gens qui ne viennent que pour pleurer sur leur sort et quand vous essayez de débattre sur votre mur de choses sérieuses qui touchent tout le monde GROS BIDE par contre si vous parlez de vos problèmes de BIDE justement tout le monde mettra son petit commentaire ....

Enfin perso je ne me sens pas à l'écart et bien au contraire je me sens mieux sans ce réseau social au moins quand je croise quelqu'un dans la rue vous avez quelque chose à lui dire (la première réaction reste quand même : "Je te vois plus sur Espèce de bouc" ...). Avec FB on se parle en virtuel mais plus en réel puisqu'on en sait mieux de nos jours sur les gens via ces réseaux qu'ils n'auraient osé raconté, peut être sans réfléchir qu'ils sont sur le net mais pas anonyme ...

Et puis quel perte de temps et d'énergie j'ai pu accumuler sur ce réseau, même si j'ai fait de très belles rencontres et découvertes sur mes centres d'intérêt (musique, humour, écologie, politique indignée ...), je me dit que j'en ferais cent fois plus sur des forums appropriés et ça m'évitera l'abrutissement et les conversations inutiles des dernières sorties en boite ...

Après quand on sait gérer et qu'on accepte pas trop de vieilles connaissances ça va mais moi j'ai pas un tempérament à me restreindre, je suis entière et aime l'Homme donc préfère me retirer de ce genre de réseau plutôt que de m'énerver sur les gens qui au fond m'ont rien fait à part parler toute les 2mn pour rien dire :p
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« Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça. »

« C’est pas vraiment de ma faute si y’en a qui ont faim, Mais ça le deviendrait si on y changeait rien. »

Coluche
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 28 Oct 2012 - 7:27

Mallou c'est bien résumé
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mer 7 Nov 2012 - 16:30

Sincérité ? Mouarf !!
J'pense que Espèce de bouc est plutôt atteint de "Internet-use discorder"
http://www.numerama.com/magazine/24188-Espèce de bouc-deconseille-de-trop-utiliser-Espèce de bouc.html a écrit:
Espèce de bouc déconseille de trop utiliser Espèce de bouc

A-t-on jamais vu TF1 conseiller à ses spectateurs d'éteindre le téléviseur ? Dans un message qui témoigne d'un changement de philosophie, Espèce de bouc prévient ses utilisateurs qu'il est important de savoir décrocher de Espèce de bouc.

Moment inattendu de sincérité de la part du réseau social le plus utilisé au monde. Sur sa page officielle, Espèce de bouc a publié vendredi un message aussi surprenant et que salutaire qui compare son service aux gâteaux d'anniversaire : "Les gâteaux d'anniversaire sont faits pour rassembler les gens. Ils donnent aux amis un lieu autour duquel se rassembler et célébrer. Mais trop de gâteau n'est probablement pas sain. Donc les gâteaux d'anniversaire ressemblent beaucoup à Espèce de bouc".

La métaphore laisse peu de place à l'interprétation. Clairement, Espèce de bouc déconseille à ses utilisateurs de trop utiliser Espèce de bouc, au point d'en devenir malade, au moins socialement. Le mois dernier, l'association américaine de psychiatrie a décidé d'inclure dans son manuel de référence une nouvelle maladie mentale pourtant contestée par une partie de la profession : le trouble de l'utilisation d'internet (Internet-use disorder). Il décrit un phénomène de dépendance à l'utilisation d'internet dans le quotidien de l'individu, ce qui est particulièrement visible par l'utilisation prolongée des réseaux sociaux.

Comme le note Techcrunch, avant son entrée en bourse Espèce de bouc avait pour habitude de communiquer sur le nombre d'heures passées par les utilisateurs sur le réseau social. En janvier, il avait ainsi annoncé un nombre de 10,5 milliards d'heures cumulées sur les pages de Espèce de bouc. Mais désormais, comme s'il avait réalisé que l'indicateur était à la fois peu pertinent et d'une certaine manière effrayant, la firme préfère communiquer sur le nombre d'éléments partagés par les utilisateurs (photos publiées, liens vers des sites internet, etc.).

De plus, l'indicateur est contraire à la philosophie présentée par son grand concurrent Google (mais qu'il applique de moins en moins). "Google est probablement la seule société au monde dont l’objectif avoué est de faire en sorte que ses visiteurs quittent son site aussi vite que possible", affirme ainsi la société de Mountain View, qui tenait ce discours avant la sortie de Google Plus. "Vous avez besoin de réponses et vous les voulez maintenant. Nous ne pouvons qu’acquiescer".

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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mer 7 Nov 2012 - 18:04

On dirait l'équivalent du" Fumer tue " sur les paquets de clopes, ou les mises en garde " Pour votre santé éviter de manger trop gras, trop salé etc " : Assez hypocrites, puisque au final l'interet réel des consommateurs est loin d'être leur préoccupation première ... mais bon, c'est précisé donc on ne peut plus rien leur reprocher, n'est-ce pas ... Espèce de bouc se protège comme il peut
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 11 Nov 2012 - 12:09

http://www.slate.fr/lien/64497/societe-infantilise-adultes a écrit:
Comment la société numérique et consumériste nous infantilise
Baby/M Glasgow via Flickr CC License by

Le tout numérique et le consumérisme effréné sont en train de produire une société hédoniste et régressive, peuplée d'adultes qui ressemblent à des enfants à qui on aurait donné une carte de crédit, s'inquiète le journaliste Edo Reents, un des chefs du Feuilleton, le service culture du quotidien conservateur allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung:

«Nous sommes tous en train de devenir des enfants; le monde des adultes, dont les signes de distinction sont la raison, la maîtrise de soi, la discrétion et en général la prévenance, est en train de fondre comme la banquise. Et cette infantilisation, à la différence d'autrefois, n'est aujourd'hui plus seulement palpable de l'intérieur, mais elle est aussi structurelle.

Il ne s'agit plus seulement du fait que parmi les livres les plus lus et les films les plus vus se trouvent de plus en plus de livres et de films destinés aux enfants et aux adolescents, ce qui est déjà préoccupant; ou bien du fait que des gens âgés vont avec leurs enfants ou leurs petits-enfants à des concerts de pop et s'habillent comme des jeunes. Il s'agit désormais de structures et de modèles de comportement, le comment, pas le quoi.»

Selon le journaliste, les responsables de cette infantilisation de la société sont les industries de la publicité et du divertissement, parce qu'elles créent des besoins artificiels chez des groupes de personnes de plus en plus vastes:

«Beaucoup de choses qui sont fabriquées aujourd'hui le sont comme l'étaient autrefois certains jeux Ravensburger: de 6 à 99 ans. […] L'industrie a entre temps perfectionné ses méthodes et elle modèle de façon systématique une société dans laquelle les signes distinctifs des différents groupes d'âges ont disparu. On le voit déjà avec le groupe cible «pertinent pour la publicité» de personnes âgées entre 14 et 49 ans, accepté comme s'il s'agissait d'une loi naturelle – quel groupe hétérogène on met dans un même sac avec des besoins identiques!»

Le succès auprès des gens âgés des modèles de voiture autrefois estampillés «jeunes» tels que la Golf GTI, le culte des objets rétro qui rappellent à ceux qui les achètent leur propre enfance, le logo coloré de Google au parfum d'innocence, les nouveaux produits Apple qui font l'objet d'une couverture digne de grands événements politiques dans les médias ou encore le bouton «j’aime» de Espèce de bouc sont pour lui autant de symptômes d'une société bloquée dans l'enfance:

«Et Apple, Google et Espèce de bouc tout comme l'industrie des marchandises tout entière veillent déjà à ce que cela continue, jusqu'à ce qu'un jour nous ne puissions plus nous concentrer sur quoi que ce soit, parce que nos mains s'étendront sur toutes les pages de ce monde coloré et idiot, comme les enfants surexcités qui n'arrivent plus à trouver le sommeil.»

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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 11 Nov 2012 - 12:47

chouette chapeau bas pour ce dernier article et celle qui nous le fait partager.
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 25 Nov 2012 - 19:06

http://www.rue89.com/2012/11/23/se-proteger-sur-internet-jai-pris-un-cours-avec-la-dcri-237268 a écrit:
(...)« Vrais méchants » 23/11/2012 à 17h14
Se protéger sur Internet : j’ai pris un cours avec la DCRI
Martin Untersinger | Journaliste Rue89

Internet, c’est le mal : à Sciences-Po, un agent du contre-espionnage m’a expliqué pourquoi Espèce de bouc ou Copains d’avant étaient les meilleurs amis des espions.


En mai, l’Elysée a été piraté et les ordinateurs de plusieurs conseillers haut placés infiltrés, révèle L’Express de ce mercredi.

Hasard du calendrier : le jour de la sortie de l’hebdomadaire, j’ai assisté à un séminaire de formation en sécurité informatique dispensé par un policier de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, le service de contre-espionnage français, issu en 2008 de la fusion entre RG et DST).

Ce séminaire, qui se déroulait dans les locaux de Sciences-Po à Paris, n’était ouvert qu’à certains étudiants de l’école, pas aux journalistes (mais voilà, je suis l’un et l’autre).

Le but : sensibiliser les futurs fonctionnaires (ou cadres) aux enjeux de la protection de leurs données et celles de leur employeur. Comment ? En nourrissant la paranoïa vis-à-vis d’Internet, en faisant bien comprendre que le Web, c’est sale et plein de dangers.

« Je connais déjà certains d’entre vous »

(...)

« Hier soir, j’ai fait vos réseaux sociaux. On verra plus tard ce que j’ai trouvé. Je connais déjà certains d’entre vous visuellement. »

Un léger froid s’installe parmi la trentaine de participants et je me crispe un peu à l’idée d’un espion fouinant sur ma page Espèce de bouc.

La DCRI aime Espèce de bouc (et Copains d’avant)

On le savait plus ou moins, mais là, ça se confirme : les services secrets adorent les réseaux sociaux.

« Avant les réseaux sociaux, on devait faire des planques. Avec Espèce de bouc, on gagne du temps et on n’a plus besoin de sortir. Sur vos pages Espèce de bouc et sur Twitter, vous donnez vos goûts et vos opinions. C’est grâce à ça qu’on se fait une idée de la psychologie de la personne. »

Situation professionnelle, goûts, désirs, habitudes : tout est bon dans les réseaux pour établir le profil d’un suspect ou d’une personne à approcher.

Parmi les réseaux sociaux, la DCRI a un petit faible : Copains d’avant, « le Espèce de bouc du vieux ».
Le bon conseil de la DCRI pour votre page Espèce de bouc
Entre « les naturistes du numérique », qui affichent toute leur vie sur Internet, et les phobiques du numérique, il faut adopter « une position intermédiaire » pour maîtriser ce que l’on dit de vous. Cela nous semble également une bonne idée.

Il faut dire que certains en ont une utilisation particulièrement légère : ils détaillent leurs compétences et leurs responsabilités dans leurs entreprises de manière bien trop précise, par exemple.

(...)

« Un système développé pour nous coincer »

Paradoxalement, notre policier, s’il utilise beaucoup les réseaux sociaux, n’aime pas trop les géants américains du Web, quitte à verser dans un brin de paranoïa :

« Ce genre de jouet [les smartphones, ndlr] ont des applications de traduction. Gratuites. Pourquoi ? Pour généraliser l’installation de l’application. Pour récolter de grandes masses de données. Quand on utilise Google Traduction pour traduire une documentation technique, ça envoie les données sur un serveur américain. »

Et de voir la main de la CIA un peu partout :

« Gmail, Google traduction, Twitter, Espèce de bouc, LinkedIn : c’est vraiment un système qui a été développé pour nous coincer. Ces entreprises américaines ont toutes In-Q-Tel [le fonds d’investissement de la CIA, ndlr] dans leur capital. »

Et il a raison. De là à voir la CIA partout...

Les smartphones, c’est la plaie

Comme les réseaux sociaux, il veut nous convaincre des dangers des smartphones en termes de sécurité (là non plus, il n’a pas tort) :

« J’ai besoin de 30 secondes pour piéger votre téléphone Android. Le temps moyen pour casser le code de déverouillage à quatre chiffres d’un iPhone ? Trois minutes trente ! [Il nous a fait la démonstration en direct grâce à un petit logiciel, ndlr] Dupliquer l’intégralité du contenu de votre téléphone ? Vingt minutes maximum ! »

La petite astuce, avec la généralisation des smartphones et leur connexion 3G (qui permet d’accéder à l’Internet mobile) ? Très simple :

« On brouille la 3G pour que les téléphones descendent sur le réseau inférieur, le réseau Edge, qui est mal chiffré. »

Plus facile ensuite d’intercepter certaines informations : contrairement aux lignes fixes, il est possible d’écouter un téléphone mobile sans se brancher directement sur la ligne, lorsqu’on est à proximité.

(...)

Travailler dans les transports, c’est risqué

Le long de ce que la DCRI appelle « les lignes professionnelles », là où circulent de nombreux patrons (Paris-Toulouse pour l’aéronautique, mais aussi dans le Thalys ou l’Eurostar), il y a beaucoup de regards baladeurs. Et de caméras et appareils photo pour les seconder.

Notre agent explique ainsi qu’un patron a perdu un grand marché d’éoliennes off-shore, simplement parce qu’il avait potassé sa réponse commerciale dans les transports.

Selon le fonctionnaire de police, il y a encore du boulot à faire dans l’hygiène numérique de certains patrons. Et de nous raconter l’histoire de cet industriel, dans le train :

« Au bout de 30 minutes de trajet, il est parti pendant 40 minutes, en laissant tout ouvert : son ordinateur, sa messagerie, son téléphone. »

A son retour à sa place, il a eu droit à une gentille « sensibilisation » de la part de notre conférencier. Certains n’ont pas eu cette chance :

« Un jour, avec un collègue, on a dû “sensibiliser” des industriels de l’électronique de défense dans un avion. Ils manipulaient des “tampons rouges” [des documents classifiés, ndlr]. On les a “accueillis” chez nous. Et chez nous, c’est pas une sensibilisation. C’est une garde à vue, et il n’y a pas de café ou de jus de fruits. »

La France, un peu en retard

Ces deux larrons ne sont pas les seuls à faire n’importe quoi :

« Pendant longtemps, on n’a pas vendu notre fameux avion [probablement le Rafale, ndlr], car on ne savait pas sécuriser l’information. »
(...)

« Le numérique, c’est quelque chose de dangereux »

En conclusion, le policier en rajoute une couche :

« On n’est pas dans un monde de Bisounours. En face, il y a de vrais méchants. Le numérique, c’est vraiment quelque chose de dangereux et c’est pour ça que les Etats se démènent et on rame. c’est une course à l’armement. »

(...)

Ce que j’ai appris

Ne pas trop donner d’informations personnelles et professionnelles sur les réseaux sociaux ;
ne jamais (JAMAIS) se connecter sur un réseau WiFi public, ouvert et sans mot de passe, surtout dans les aéroports ;
paramétrer la sécurité de son réseau wifi en « WPA AES », car des choses très embêtantes peuvent vous arriver si votre réseau est piraté (comme se faire squatter par un pédophile, dixit notre policier) ;
lors d’un déplacement à l’étranger, ne rien stocker sur son ordinateur, préférer une clé USB chiffrée, plus discrète ;
si vous vous faites approcher par un service étranger (chantage, par exemple), il faut aller en parler avec la DCRI (« Nous sommes vos alliés ») ;
dans les transports, il faut toujours conserver son ordinateur sur soi ;
protéger ce dernier avec un mot de passe long et unique.
on peut être un agent de la DCRI spécialiste des réseaux sociaux, et ne pas se rendre compte qu’un journaliste assiste à sa conférence.



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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 25 Nov 2012 - 21:55



J'adore................celui qui a quelque chose à cacher est un vrai imbécile de raconter sa vie sur le net - que ce soit privé ou professionnel - mais bon , il ne faut pas faire St Cyr pour le savoir !!!!
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 30 Déc 2012 - 11:10

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/12/28/la-chine-met-fin-a-l-anonymat-sur-les-reseaux-sociaux_1811251_3216.html a écrit:
La Chine met fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux
Le Monde.fr avec AFP | 28.12.2012 à 19h28

Le Congrès national du peuple chinois a adopté, vendredi 28 décembre, des nouvelles mesures qui étendent à tout le pays l'obligation pour les internautes de fournir leur véritable identité à leur fournisseur d'accès, a annoncé l'agence officielle Chine nouvelle. Les utilisateurs des "weibo" ("microblogs"), les versions locales de Twitter, devront donc désormais s'identifier et fournir leur numéro de téléphone portable.

Auparavant, la plupart des internautes du pays pouvaient créer des microblogs sous des pseudonymes, ce qui leur permettait de constituer de nouveaux comptes si les leurs étaient fermés. Seuls des détenteurs de comptes de microblogs dans cinq grandes villes du pays – Pékin, Shanghai, la ville portuaire de Tianjin (nord), Canton et Shenzhen (sud) – devaient déjà, depuis le 16 mars, s'inscrire sous leur véritable identité.

Lire : L'anonymat proscrit des réseaux sociaux à Pékin

Cadrage : Pékin met fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux

MICROBLOGS

La censure surveille les microblogs qui servent de plate-forme pour organiser des mouvements de protestation et présentent une version non officielle d'événements comme l'accident meurtrier de train de 2001, qui avait suscité un flot de critiques contre le gouvernement.

Le système de censure chinois du Web est surnommé la "Grande Muraille informatique" ("Great Firewall"), expression associant les mots "Great Wall" (Grande Muraille) et "firewall" (pare-feu informatique). La Toile est expurgée de sites politiquement sensibles et Pékin contrôle étroitement la communauté d'un demi-milliard d'internautes pour éviter l'organisation de la dissidence.

AI WEIWEI : "UN CRIME À L'ENCONTRE DE LA CIVILISATION"

Mais la prolifération de microblogs, qui permet aux internautes d'échapper partiellement à la mainmise des autorités, représente un nouveau défi pour le pouvoir. Des réseaux comme Twitter ont été utilisés pour formuler des critiques ou même pour dénoncer des malversations de responsables, mais ces griefs ne sont tolérés que lorsqu'ils correspondent à la volonté du gouvernement de lutter contre la corruption. Twitter est interdit en Chine, mais accessible par des moyens technologiques détournés.

Le dissident Ai Weiwei a critiqué sur Twitter vendredi les efforts des autorités pour resserrer leur étau sur Internet. "Bloquer Internet, une mesure qui restreindra l'échange de l'information, est un crime à l'encontre de la civilisation et de l'humanité", a-t-il estimé.

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Douce Jacinthe
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 30 Déc 2012 - 12:02


Internet et la vie privée, vaste débat !!

Il paraît que la plupart des moteurs de recherche (g**gle, Ya**o, etc) mettent des cookies pour stocker les recherches que vous faites afin de vous envoyer une publicité ciblée en fonction de vos goûts et préférences !...

J'ai découvert un moteur de recherche qui ne fait pas cela (si mon information est correcte):

www.duckduckgo.com

Je n'ai évidemment rien à cacher mais je trouve que les entreprises n'ont pas à connaître notre vie privée, c'est tout. Elles n'ont pas à savoir ce que je cherche sur internet, qui je fréquente, etc... !!!! Je trouve qu'il y a un risque de dérives

Et Espèce de Bouc, comment ils gagnent autant d'argent ? C'est SIMPLE: en VENDANT vos données personnelles à des entreprises (à fins publicitaires)...

Je n'ai jamais accroché à Espèce de Bouc, j'ai toujours préféré faire autrement.


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Comment peux tu dire que ton voisin est un étranger!!!??
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 30 Déc 2012 - 12:20

Il faut gagner des sous !

Je sais pertinemment que mon moteur de recherche se gorge d'infos sur mes recherches et j'ai même des doutes sur certains résultats (est-ce qu'il peut tout recenser ? est-ce qu'il fait des choix ?) mais je sais aussi qu'en échange c'est un moteur de recherche efficace. C'est le problème des autres moteurs de recherche (ceux qui ne fonctionnent pas avec google) c'est leur inefficacité : pertinence des recherches, nombre de résultats, lisibilité des résultats de la recherche...
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Douce Jacinthe
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 30 Déc 2012 - 12:25


Gagner des sous oui mais à quel prix ;-)

Je ne fais que commencer avec duckduckgo, donc je ne sais pas si c'est plus ou moins efficace que les autres moteurs de recherche... Est il vraiment nécessaire de stocker nos recherches perso pour que l'efficacité soit de rigueur ?

Par contre j'ai aussi utilisé comme moteur de recherche "ethicle" et je le trouve franchement inefficace, dommage !!
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 30 Déc 2012 - 12:38

Douce Jacinthe a écrit:
(...)Est il vraiment nécessaire de stocker nos recherches perso pour que l'efficacité soit de rigueur ? (...)
Absolument pas... Le fait est que le moteur de recherche le plus efficace aujourd'hui, selon moi, le fait et devient une énorme entreprise.
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Lun 21 Jan 2013 - 21:33

http://lesmoutonsenrages.fr/2013/01/21/applications-big-brother-de-Espèce de bouc-pour-telephones-intelligents/ a écrit:
Il n’est plus à démontrer que Espèce de bouc est une gigantesque base de données où des tonnes d’informations personnelles sont recueillies par les multiples agences (services de renseignement, police, GRC, agences du revenu, services secrets, etc.) qui prétendent assurer l’ordre et la sécurité. Ces médias sociaux sont un extraordinaire centre de renseignement pour toutes ces “soupes à l’alphabet” puisque ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui fournissent leurs propres informations personnelles de façon volontaire. Les applications sur les téléphones intelligents permettent de surveiller, en temps réel, vos conversations, vos actions quotidiennes, votre idéologie, vos fréquentations, bref à dresser votre profil individuel, mais elles permettent aussi de vous localiser n’importe où, de vous entendre et de vous regarder… Aucun problème, vous n’avez rien à cacher? Pour l’instant, ça ne semble pas un problème puisque tout va bien dans le meilleur des mondes, mais un jour viendra où la “police de la pensée” pourrait croire que vous êtes potentiellement un individu subversif, ennemi de la nouvelle gouvernance mondiale. Pour établir une dictature, la première étape est de neutraliser les ennemis sur son propre territoire…

Voici une capture d’écran qui a été prise par un internaute sur son téléphone intelligent, dans la section des paramètres de “permission” de Espèce de bouc, où on peut lire que l’application d‘enregistrement audio du microphone est activée en tout temps sans votre consentement ainsi que l’application de prise de photos et de vidéos.

(...)

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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mar 22 Jan 2013 - 8:56


le [/b]" ...un jour viendra .....vous êtes potentiellement un individu subversif...ennemi de la gouvernance mondiale ....pour établir une dictature....."
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mar 22 Jan 2013 - 9:07

On a interrêt de cacher notre rencontre en 2113 quelle belle brochette de fées activistes... Du savon

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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mar 22 Jan 2013 - 11:01

tempérance a écrit:
On a interrêt de cacher notre rencontre en 2113 quelle belle brochette de fées activistes... Du savon

2113
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Lun 25 Mar 2013 - 21:21

http://www.rue89.com/2012/07/13/comment-Espèce de bouc-lit-vos-messages-prives-et-peut-les-montrer-la-police-233828


Citation :
algorithmes 13/07/2012 à 16h09
Comment Espèce de bouc lit vos messages privés (et peut les montrer à la police)
Martin Untersinger | Journaliste Rue89

Tout ce que vous écrivez sur Espèce de bouc – y compris la messagerie privée – est scruté par les ordinateurs de Espèce de bouc, à la recherche d’activités criminelles.

Si un comportement suspect – pédophilie, harcèlement... – est détecté par ses algorithmes, le cas remonte à l’équipe de sécurité du réseau social. C’est seulement à cette étape que des yeux humains se posent sur des discussions privées. Le cas échéant, le géant d’Internet se met en relation avec la police.

Toutes les entreprises surveillent ce qui se trame sur leur réseau. Mais une interview accordée à Reuters par Joe Sullivan, responsable de la sécurité à Espèce de bouc, est venue donner davantage de détails sur la manière dont Espèce de bouc a automatisé le processus de détection et comment, contrairement à d’autres géants, ce dernier est entièrement internalisé.

Une détection intelligente

Espèce de bouc se concentre en priorité sur les discussions supposées à risques. Le système accorde moins d’importance aux conversations entre deux membres qui ont l’habitude de discuter ensemble. En revanche, si deux membres ne sont pas amis, ont peu d’amis en commun, discutent pour la première fois et n’habitent pas dans la même zone, Espèce de bouc surveillera de plus près leurs échanges. Evidemment, les profils des mineurs font l’objet d’une attention particulière.

Mieux : les programmes de surveillance prennent également en compte des phrases utilisées dans leur chats Espèce de bouc par des délinquants interpellés par le passé.

Un sujet délicat

Espèce de bouc est généralement très discrète sur la façon dont elle surveille ses utilisateurs. D’abord parce que l’entreprise craint qu’on lui reproche son peu de précaution vis-à-vis de la vie privée (elle en a l’habitude). L’autre raison est avancée par Reuters : avec cette technologie, Espèce de bouc ne détecte que très peu de comportements anormaux.

L’interview de Reuters ne donne pas le nombre de cas transmis par Espèce de bouc aux services de police. Elle ne mentionne qu’un seul cas où Espèce de bouc est intervenu : un homme d’une trentaine d’années qui avait donné rendez-vous à une jeune fille de 13 ans au mois de mars. Mais Reuters cite « une demi-douzaine » d’officiers « louant » la manière dont « Espèce de bouc suscite des enquêtes ».

« J’ai l’impression que pour chaque personne que nous arrêtons, dix autres passent à travers les mailles du filet », confirme à Reuters Jeffrey Duncan, de la police de Floride.

Joe Sullivan, le chef de la sécurité de Espèce de bouc, est évidemment très prudent :

« Nous n’avons jamais voulu mettre en place un environnement dans lequel nos employés ont accès à des conversations privées, c’est donc très importants que nous utilisions une technologie de détection qui a un taux de faux positifs [fausses alertes, ndlr] très bas. »

Dans sa communication officielle, Espèce de bouc ne parle pas de ce sytème : ni dans sa page destinée aux forces de l’ordre, ni dans le document confidentiel à l’intention des autorités de police et de justice, fuité fin 2011.
« La question, c’est la transparence de Espèce de bouc »

Raphaël Rault, avocat au cabinet BRM, rappelle que ce type de technologie n’est pas nouveau :

« Les CGU [conditions générales d’utilisation, ndlr] du service utilisé peuvent prévoir ce “scan” des messages, à des fins de détection des comportements violents ou contraires aux bonnes mœurs. Quand on utilise un compte Gmail par exemple, un robot scanne nos e-mails pour proposer de la publicité ciblée. »

Au niveau du droit, la détection automatique ne change pas vraiment la donne :

« Il est possible d’avoir une modération automatique, basée sur des mots-clés par exemple, qui va systématiser le contrôle. Le code pénal, qui définit le statut des correspondances privées, s’applique, mais il faut également prendre en compte les finalités d’un tel traitement.

Cela peut par exemple permettre au prestataire technique [ici, Espèce de bouc, ndlr] de ménager sa responsabilité : en France, on doit retirer un contenu manifestement illégal qui lui est signalé, y compris par un moyen automatique.

La question, c’est la transparence, savoir si Espèce de bouc a informé ses utilisateurs. »

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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Dim 14 Avr 2013 - 11:00

http://www.internetactu.net/2013/04/10/pourquoi-baissons-nous-la-garde-avec-la-confidentialite-de-nos-donnees a écrit:
Pourquoi baissons-nous la garde avec la confidentialité de nos données ?

Par Hubert Guillaud le 10/04/13 |

Pressés, distraits, la plupart du temps nous ne faisons pas attention aux trop complexes conditions générales d’utilisation que nous acceptons. Nous échangeons nos données personnelles contre un service ou un avantage qu’on ne peut pas toujours négocier ou refuser.

Alessandro Acquisti, économiste du comportement à l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh où il enseigne l’ingénierie de la vie privée, étudie la façon dont nous faisons ces choix. Ses recherches ont montré que, bien que nous nous disions concerné par la vie privée, nous avons tendance à agir d’une manière incompatible à nos principes, explique Somini Sengupta dans un long article qu’il lui consacre pour le New York Times.

Ses recherches montrent combien il est facile de manipuler les gens pour récolter des informations sur eux. Bien souvent, nous les échangeons contre une simple gratification immédiate, une petite récompense, pareille à de la verroterie. “Son travail montre combien nous sommes irrationnels dans les décisions liées à la vie privée”, affirme Woodrow Hartzog, un professeur de droit qui étudie la vie privée numérique à la Samford University de Birmingham, en Alabama : “Nous avons une trop grande confiance dans notre capacité à prendre des décisions.” C’est d’ailleurs certainement la contribution la plus saillante d’Alessandro Acquisti. Pour l’instant, les solutions à la fuite organisée de nos renseignements personnels ont tendance à se concentrer sur la transparence et le contrôle par l’utilisateur. Mais pour le chercheur, donner aux utilisateurs un contrôle est peut-être une étape essentielle, mais elle peut aussi être une illusion.

Le contrôle de nos données : une illusion ?

En 2002, Alessandro Acquisti avait lancé une entreprise avec des camarades de Berkeley : un outil cryptographique permettant aux gens de faire des achats anonymement sur des sites de commerce en ligne. C’est peut-être lors de cette expérience qu’il s’est rendu compte que si les gens prétendaient vouloir protéger leur vie privée, ils n’étaient pas prêts à payer pour cela. La start-up a fermé, mais son intérêt pour l’économie de la confidentialité s’est accru.

Alessandro Acquisti s’intéresse à comment une technologie de la liberté est détournée en technologie de surveillance. Forcément, cela l’a amené à s’intéresser à Espèce de bouc. Depuis 2003, il étudie une cohote de plus de 5000 personnes et a montré (voir l’étude Les auditeurs silencieux : l’évolution de la vie privée et de la divulgation sur Espèce de bouc), qu’avec le temps, même si les gens continuaient à y révéler beaucoup d’informations personnelles, dans l’ensemble, ils étaient moins susceptibles de laisser tout le monde voir leur date de naissance où le lycée où ils avaient été. L’usage de Espèce de bouc, dans la durée, à tendance à nous faire augmenter nos critères de protection de nos données.

Dans le but de savoir comment les consommateurs déterminent la valeur de leur vie privée, M. Acquisti a fait une autre expérience. Il a envoyé un ensemble d’étudiants dans un centre commercial de la banlieue de Pittsburgh. Certains étudiants devaient proposer aux clients du centre commercial une carte de réduction de 10$ plus une remise supplémentaire de 2$ en échange des données des achats qu’ils venaient de réaliser. La moitié des clients a décliné l’offre. Apparemment, ils n’étaient pas disposés à révéler le contenu de leur panier pour la modique somme de 2$. Mais d’autres étudiants ont proposé un choix différent à d’autres clients : une carte de réduction de 12$ qu’ils pouvaient échanger contre une autre de 10$ s’ils voulaient garder leur données d’achat privé. 90 % des clients ont choisi de garder le coupon de réduction de 12$, même si cela signifiait concéder les informations sur ce qu’ils avaient acheté.

Pour Acquisti, la démonstration est simple : si nous avons quelque chose – la propriété de nos données sur les achats que nous avons fait – nous avons tendance à le valoriser. Si nous ne l’avons pas dès le départ, nous ne sommes pas susceptibles de payer un supplément pour l’acquérir. Comme le montre les travaux d’Helen Nissenbaum, le contexte est toujours primordial.

Pour Erin Egan, responsable de la protection des données de Espèce de bouc, la vie privée consiste à comprendre ce qui arrive à vos données et avoir la capacité de le contrôler. Mais pour Acquisti, le contrôle peut être un faux réconfort.

Dans une autre étude, Acquisti proposa à des étudiants volontaires une enquête sur leurs vices. Ceux-ci devaient indiquer s’ils avaient déjà volé quelque chose, menti ou pris de la drogue. A certains, on indiqua que leurs réponses seraient seulement publiées dans un article de recherche, a d’autres on leur demanda la permission explicite de publier ces réponses, à d’autres on leur demanda la permission ainsi que leur âge, leur sexe et leur pays de naissance. Les résultats ont révélé l’imperfection du raisonnement humain. Ce sont ceux qui se sont vu offrir le moins de contrôle sur leurs réponses qui ont été le plus réticents à révéler des informations sur eux-mêmes, alors que cette option était celle qui les protégeait le mieux. Ceux a qui on a demandé le consentement ont été presque deux fois plus nombreux à répondre à toutes les questions. Et ceux auxquels on a demandé des informations personnelles permettant d’encore mieux les identifier ont répondu à toutes les questions.

Acquisti a pris note du paradoxe (voir son article : Confidences déplacées : la confidentialité et le paradoxe du contrôle) : donner un contrôle fin aux gens a tendance à les conduire à partager une information plus sensible avec un public plus large et donc avoir un comportement plus risqué. Dit autrement, plus vous avez l’impression d’être en contrôle de vos données, moins vous avez tendance à être prudent. Pour le chercheur, “la transparence et le contrôle sont des mots vides qui sont utilisés pour engager la responsabilité de l’utilisateur à des problèmes créés par d’autres”.
Plus vous avez le sentiment de contrôler vos données, moins vous êtes prudent

Ce sentiment de contrôle peut être compromis par d’autres moyens. Dans une autre étude intitulée les tours de passe-passe de la confidentialité (.pdf), des étudiants de l’université ont été divisés en deux groupes. Chaque groupe était invité à évaluer les professeurs et à répondre à des questions sur la triche aux examens. Pour le premier groupe, on annonca que les résultats seraient accessibles uniquement à d’autres étudiants, alors que pour le second groupe, ceux-ci seraient aussi consultables par des professeurs. Bien évidemment, les étudiants ont été plus diserts dans le premier groupe que dans le second. Acquisti a recommencé l’opération mais cette fois-ci, après avoir à nouveau expliqué les règles et procédures, il a posé une question sans rapport avec le questionnaire : “les étudiants souhaitaient-ils s’inscrire pour recevoir des informations provenant du campus ?” Aussi anodine qu’il y paraît, cette distraction a eu un réel impact : les deux sous-groupes ont eut un taux de réponse quasiment égal.

La distraction n’a pas fait oublier les règles, mais cette grosse ficelle a agit de manière à ce que les étudiants y prêtent moins d’attention. Nous sommes constamment invités à prendre des décisions sur des données personnelles au milieu d’une foule de distractions, comme un e-mail, une notification Twitter ou des demandes qui n’ont rien à voir avec le contexte. Si l’expérience d’Acquisti est correcte, ces distractions peuvent nuire à notre sens de l’auto-protection quand il s’agit de la vie privée.

En 2011, Acquisti a pris des clichés de 100 étudiants du campus avec une simple webcam. Quelques minutes plus tard, il avait identifié environ un tiers d’entre eux en utilisant un logiciel de reconnaissance facial. Sur un quart d’entre eux, il a pu réussir, via Espèce de bouc, à deviner une partie de leur numéro de sécurité social parce que leur date de naissance et leur lieu de naissance était accessible. L’expérience avait pour but de montrer combien il est désormais facile d’identifier quelqu’un via les traces qu’il disperse en ligne, y compris via une image qui paraît pourtant, le plus souvent, bien inoffensive. Faut-il mentir sur sa date de naissance ? C’est à chacun de s’interroger, estime Acquisti, de régler ses paramètres de confidentialité. Si on révèle sa date de naissance et son lieu de résidence, des personnes mal intentionnées pourront plus facilement reconstruire notre identité, mais aussi, plus de gens pourront nous souhaiter un joyeux anniversaire. On n’a rien sans rien.

Sur Espèce de bouc Acquisti est photographié avec un casque de moto sur la tête, ce qui le rend plus diffcile à identifier, conclut Somini Sengupta comme pour nous laisser croire que nous pourrions être maître de nos données, alors que son sujet lui a démontré le contraire. Tronquer sa date de naissance, son lieu de résidence, flouter sa photo, changer une lettre de son “vrai” nom sont des petits moyens – parmis bien d’autres – pour obfusquer les données. Si ils sont nécessaires, il n’est pas sûr que ces technologies de l’artefacts soient suffisantes à l’heure du croisement de données et des algorithmes… Ne sont-ils pas, là encore, un moyen pour se donner un sentiment de contrôle qui risque surtout de nous rendre moins prudent ?

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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mar 16 Avr 2013 - 8:16

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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mar 16 Avr 2013 - 14:12


tempérance a écrit:
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mar 16 Avr 2013 - 19:32

(juste les HS)
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MessageSujet: Re: [Article] Du danger de vivre à l'écart des réseaux sociaux Mer 24 Avr 2013 - 10:28

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2012/11/26/Espèce de bouc-google-vecteurs-de-chienlit a écrit:
(...)
Internet n'est pas une société de surveillance

Plusieurs faits, couplés à un traitement journalistique alarmiste, ont fait ressurgir le spectre de Big Brother sur le web. Les internautes ont-ils des raisons de se méfier de l'exploitation de leurs données personnelles ?

Oui et non. C’est tout le problème que je pose dans « La vie privée, un problème de vieux cons ». D’un côté, les internautes ont envie de s’exprimer. Un des points forts d’Internet est la concrétisation d’un droit, la liberté d’expression, que l’on a depuis 1789 mais qui a longtemps été réservé aux journalistes et aux gens de pouvoir. Aujourd’hui, tout le monde peut prendre la parole. C’est une avancée dans le bon sens. Le problème est que des gens ont comme métier d’agréger des données personnelles et peuvent s’en servir à des fins intéressées.

La question n’est pas seulement celle des données personnelles mais aussi celle de la liberté d’expression. Est-ce parce que des gens se servent de façon inappropriée de nos données personnelles que nous devrions nous taire ? Va-t-il falloir brider la liberté d’expression de peur de se voir espionner ? Un parallèle peut se faire avec la libération sexuelle. Pendant très longtemps, il était très mal vu qu’une femme se promène toute seule, se maquille ou porte des minijupes. Des féministes sont arrivées, ont fait la libération sexuelle, et les mœurs ont évolué. C’est désormais acquis et naturel, c’est devenu un droit fondamental dans notre société. Donc oui, il faut avoir peur de l’utilisation qui peut être faite de notre liberté d’expression et donc de nos données personnelles, mais le problème ne vient pas de nous, internautes. Il vient de ceux qui veulent les utiliser à des fins néfastes. Il faut donc faire évoluer notre société de l’information pour qu’il soit considéré comme naturel et normal d’exprimer ses idées sans que cela puisse pour autant se retourner contre nous.

Ce changement doit-il passer par la législation ou par l’évolution des usages et des mentalités ?

Les deux ! Les gens doivent apprendre à gérer leur réputation et à se construire une identité en ligne. Il ne faut pas hésiter à avoir plusieurs profils, à prendre des pseudonymes pour protéger certaines informations qui peuvent nuire. Une évolution de la société de l’information est également nécessaire. Faut-il passer par une évolution législative ? Je ne sais pas exactement comment cela peut se passer. Un groupe de travail au sein de la FING dénommé Identités actives a actuellement une réflexion sur la loi informatique et libertés 2.0. Ils se demandent notamment s’il ne faut pas introduire le droit au mensonge et le droit d’utiliser des outils pour bloquer les logiciels espions et les outils d’agrégation de données personnelles mis en place par certaines sociétés, "services" ou administrations dont le métier est de s'intéresser à nos données personnelles. Cela permettrait de se protéger et de décriminaliser le fait de se défendre.

Quels sont les principaux risques pour les prochaines années en matière d’identité numérique et de vie privée ?

L’absence de conscience politique et de maîtrise de l’Internet de ceux qui décident. Dès le lendemain du 11 septembre, on a commencé à mettre en cause Internet car les terroristes avaient utilisé le réseau pour préparer les attentats. On s’est aperçu depuis que c’était complètement faux. Pourtant, Internet a été placé sous surveillance dans les mois qui ont suivi. On assiste à une diabolisation du web depuis des années. On le voit encore aujourd’hui avec Hadopi. Il y a des atteintes répétées aux libertés qui modélisent une société de surveillance. La société de l’information est pour moi un espace de liberté, pas un espace de surveillance. En démocratie, on parle de présomption d'innocence, pas de présomption de culpabilité, or, sur l'internet, nous sommes surveillés, et présumés suspects. Un autre problème est la prise de conscience des internautes sur ces questions de libertés. Ils doivent exercer une pression face aux entreprises privées qui soit telle que ces dernières ne puissent que respecter leurs clients. Le problème se pose avec Espèce de bouc ou Google. Il est nécessaire d’avoir un contre-pouvoir pour qu’ils ne deviennent pas des « littles brothers ».

Par quels moyens cette prise de conscience peut-elle se faire ?

Il faut que l’information circule, que cela devienne quelque chose de normal. On peut comparer cela à l’exemple de la ceinture de sécurité. Pendant des années, ce n’était pas du tout un réflexe de la mettre. Quand la loi l’a imposé, les gens ont protesté. Quelques années après, c’est devenu un réflexe. Cela doit également le devenir pour les internautes. Cela va aussi passer par des accidents. Certains vont être malheureusement humiliés sur la place publique et voir leur vie privée exposée au grand public. Ce seront des exemples à ne pas suivre. Tant que les gens ne prennent pas les précautions pour se protéger eux-mêmes, il y aura des sorties de route. Je n’ai bien sûr pas envie de provoquer ces accidents. Je constate juste qu’il y en aura et qu’ils vont peut-être aider les gens à prendre conscience des risques. Cette nouvelle technologie fait que la liberté d’expression et de circulation est plus forte que jamais. Cela a été tellement rapide que les mentalités n’ont pas suivi. Nos sociétés doivent donc évoluer pour digérer et encadrer toutes ces libertés offertes. Mais la situation est assez paradoxale. Je m’intéresse aux technologies de surveillance et de vie privée depuis de nombreuses années. Je suis assez défiant envers les gens qui disent « Faites-moi confiance ». Non, on ne peut pas avoir confiance aussi simplement. En même temps, j’ai l’impression que c’est ce que je viens de dire à propos d’Internet… Pour avoir confiance, il faut avoir de la défiance. C’est assez complexe, on ne sait pas comment cela va évoluer. Il y a encore beaucoup de choses à comprendre et à faire. C’est extrêmement important de s’y mettre dès maintenant.

Quelles différences d’usage de l’Internet peut-on observer chez ceux que vous nommez « petits cons », à savoir la génération des "digital natives", par rapport aux générations précédentes ?

Dans mon article "La vie privée, un problème de vieux cons", je partais du constat qu’un certain nombre de gens, nés depuis les années 80, ont été habitués à la vidéosurveillance, à la traçabilité des communications, et considèrent que ceux qui ont un problème avec cette inflation de technologies de surveillance et de contrôles sont des "vieux cons". Dans un second article, "Vie privée, le point de vue des petits cons", j’essayais d’expliquer que cette génération de natifs du numérique, les "digital natives", qui sont nés avec Internet, a un rapport à la vie privée et à la vie publique qui est très différent de ceux qui ont grandi avant, et sans. En résumé, leur vie privée est sur Espèce de bouc, parce que c'est là qu'ils retrouvent leurs potes. La vie privée, pour ceux qui ont grandi sans connaître Internet, c’était quand ils voyaient leurs copains, pour aller au terrain de foot, au centre commercial, ou en bas de l’immeuble. Les mêmes, aujourd'hui, s’indignent de voir que Espèce de bouc regorge de données personnelles. Sauf que c’est là où les jeunes se retrouvent entre-eux, c’est leur vie sociale ! Et il faut bien comprendre que cette socialisation relève tout autant de la vie privée que de la vie publique. Il faut bien voir, par ailleurs, que ceux que j’ai appelé les "petits cons" (ceux qui ont un usage intense de l’Internet, qu’ils soient nés depuis les années 80-90 ou comme moi dans les années 70, voire avant) sont des gens qui ont compris que sur Internet, la question n’est pas tant celle de la vie privée que de la vie publique, y compris sur Espèce de bouc. On peut en effet tout à fait avoir une vie privée dans des espaces publics : quand vous rencontrez quelqu’un dans la rue ou dans un café, c’est un espace public. Quand vous commencez à raconter votre vie à votre meilleur ami dans ce café, vous parlez de votre vie privée : vous avez donc une vie privée dans un espace public. Il ne faut pas opposer vie privée et vie publique. Et c'est ce qui se passe sur le Net en général, et Espèce de bouc en particulier. Les utilisateurs sont conscients qu'ils y mènent aussi une vie publique, et ils en jouent, se mettent en scène et en avant.

La banalisation de l'exposition de soi date des années 70-80, pas de l'internet : Andy Warhol avait déclaré en 1968 que "Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale", et tous ceux qui sont nés depuis les années 70 ont été filmés avant même d'être nés, avec l’échographie, puis filmés au caméscope VHS dans les années 80, avant que les années 90 ne banalisent les reality show, les appareils photos numériques et les téléphones portables équipés de caméras. De plus, le rapport aux enfants a complètement changé depuis les années 60 et 70, depuis la libération sexuelle. Avant, il y avait l’autorité du père, et l’enfant devait attendre l'adolescence, voire l'âge adulte, pour être reconnu comme personne à part entière ayant le droit de s’exprimer. Avec la libération des femmes, la révolution sexuelle, et la redéfinition du rôle du père, tout cela a complètement changé : les enfants sont au centre de la famille, au centre de toutes les attentions – médicale, sociale, parentale - et donc sont constamment surveillés, exposés et mis en scène, exposés par leur entourage. Le fait d’être mis en avant, mis sur un piédestal, et d’être photographié, filmé en permanence, c’est quelque chose que tous ceux qui sont nés depuis les années 80 connaissent. Ceux que j’ai surnommés les "petits cons", les natifs du numérique, ce sont ceux qui ont effectivement compris l’intérêt de l’exposition de soi sur Internet ; ils s’en servent pour se mettre en scène, pour donner une bonne image d’eux. Par exemple, comme cette adolescente qui disait "Moi ça ne me pose pas particulièrement de problème de poser à moitié nue, voire nue en photo et d’être montrée sur Internet, si la photo est belle". C’est aussi simple que ça. Parce que l’important, c’est de se faire un nom, d’être beau, et de se faire respecter comme on est.

Ces jeunes ont-ils conscience que plus tard, cela pourrait leur nuire ?

Ceux qui débarquent sur les réseaux sociaux ne sont pas complètement conscients de tout cela. En même temps, et au vu du nombre d'articles et de reportages consacrés à la question de la vie privée sur Espèce de bouc, difficile de croire qu'il puisse encore être possible de ne jamais en avoir entendu parler même si, depuis un an et demi que cette histoire de "droit à l’oubli" tient le haut du pavé, il m’arrive fréquemment, quand je suis interviewé, d’être pris à partie par le journaliste ou un employé, qui vient me voir en aparté, horrifié, car son enfant est sur Internet et qu’il a peur des pédophiles. Internet n’est pas le royaume de la pédophilie et des cyber-terroristes, il faut arrêter avec cette diabolisation de l’Internet, qui passe aussi par cette thématique du "droit à l’oubli".

J’ai commencé à faire cette enquête sur les "petits cons" et les "vieux cons" suite à la polémique suscitée par Edvige. L’argument soulevé par les défenseurs de ce fichier policier, à destination des services de renseignements, était de dire qu'ils ne comprenaient pas où était le problème puisque de plus en plus de monde publie des données personnelles sur Espèce de bouc. C’est de la novlangue, comme dirait George Orwell ! Un fichier policier censé identifier les suspects n’a strictement rien à voir avec le fait je m’exprime sur Espèce de bouc pour partager un lien, une vidéo ou raconter ce que je viens de manger. Il y a d’un côté quelque chose qui relève de la liberté d’expression et de l’exposition de soi, et de l’autre un fichier de suspects.

Les fichiers policiers, administratifs ou sociaux, mis en place par des politiques ou des administrations afin de surveiller les gens, c’est de la société la surveillance, alors que quand je décide de m’exprimer sur un blog ou un réseau social, c’est moi qui décide de m’exprimer, c'est de la transparence, de la liberté d'expression. C’est comme la différence entre le fait d’être vidéosurveillé à son insu et le fait de choisir d’apparaître dans un film. La société de surveillance, c’est le modèle de Big Brother, c’est quelqu’un qui décide de surveiller d’autres personnes. Internet n’est pas la société de surveillance, puisqu’il s’agit de gens qui décident de s’exprimer. C’est antinomique. Le Net est de l’ordre de la transparence, pas de la surveillance. A force de se focaliser sur Internet qui serait de la société de surveillance et sur le faux débat du droit à l’oubli, ça permet de faire passer plus simplement la vidéosurveillance, la biométrie, les fichiers policiers, le croisement des fichiers sociaux, toutes ces choses que je dénonce. Et il n'est pas anodin de remarquer que c'est précisément suite au scandale Edvige que le débat sur le "droit à l'oubli" a été initié. Or, paradoxalement, on trouve très peu de gens victimes de ce que l'Internet reflète d'eux, alors que, et pour prendre ce seul exemple, un rapport de la CNIL a révélé l'an passé que plus d'un million de gens, blanchis par la Justice, sont toujours fichés comme "suspects" dans le fichier STIC de la police. Les véritables victimes de cette absence de "droit à l'oubli" ne sont pas sur le Net.

Concrètement, y a t-il des moyens d’échapper à cette société de surveillance ?

Sur Internet, oui. Le gouvernement français s’est enfin décidé à expliquer aux chefs d’entreprises ou aux universitaires qui travaillent sur des données sensibles comment sécuriser leur ordinateur pour éviter de faire l’objet d’actions d’espionnage de la part de sociétés ou de services de renseignements étrangers. L’espionnage économique et industriel est une réalité. C’est ce qu’on appelle l’intelligence économique, la guerre de l’information. Maintenant, quand vous allez aux Etats-Unis par exemple, la douane est tout à fait habilitée à saisir votre ordinateur et faire un duplicata de votre disque dur, et elle le fait couramment. C’est de l’espionnage industriel. Le gouvernement s’est enfin saisi de la question et a publié deux modes d’emploi il y a quelques mois. Il y a donc des moyens : il faut sécuriser son ordinateur, chiffrer une partie voire l’intégralité de son disque dur, chiffrer ses communications si l’on veut vraiment qu’elles restent confidentielles. Il y a des outils qui permettent de le faire, des outils de cryptographie notamment, et ce n’est pas si compliqué à utiliser, il faut juste décider de s’y mettre (cf mon "petit manuel de contre-espionnage informatique"). Le problème c’est que jusqu’à présent les pouvoirs publics comme les prestataires de services ne se sont pas pressés pour en faciliter ou en promouvoir l'utilisation.

Il est clair qu’il faut d’abord être sensibilisé à la question et ensuite décider de s’y mettre et apprendre à utiliser ces outils. Mais on l’a vu avec le débat sur l’Hadopi : énormément de gens ont commencé à se demander comment sécuriser leur ordinateur pour éviter d’être espionné. Et ça fait peur aux services de renseignement. En Grande-Bretagne, avec le projet similaire à Hadopi, les services de renseignements ont expliqué que de plus en plus de citoyens vont chiffrer toutes leurs communications donc qu’il va être de plus en plus difficile pour eux d’arriver à savoir qui sont les terroristes, à identifier les criminels, et à pouvoir écouter les gens dans le cadre d'enquêtes de police judiciaire.

A partir du moment où on souhaite pouvoir surveiller tout le monde, à considérer tout le monde comme suspect et mettre en place toute une usine à gaz (ce qu’est l’Hadopi), on va créer des erreurs. Le paradoxe de l’Hadopi, c’est qu’il nous appartient de démontrer notre innocence. Dans un Etat de droit, on est présumé innocent, et c’est à l’accusation de prouver notre culpabilité. Avec l’Hadopi, c’est l’inverse. La réaction d’un grand nombre d’internautes va donc être de prendre leurs dispositions pour se protéger.

Comment voyez-vous le futur de cette surveillance ? Est ce que les internautes vont trouver les moyens de combattre, ou va-t-on assister à une surenchère de dispositifs?

J’ai tendance à considérer qu’Internet est moins une partie du problème qu’une partie de la solution, au sens où c’est un contre-pouvoir du fait de la liberté d’expression, car ce ne sont pas seulement les personnes autorisées qui sont amenées à s’exprimer : les gens peuvent apprendre à se protéger et peuvent dénoncer cette société de surveillance. Les gens sur Internet sont de plus en plus conscients.

L’Internet est un très bon contre-pouvoir face à cette société de surveillance. Maintenant, concernant la société de surveillance hors Internet, on est dans une mécanique infernale où plus ça va, plus il y a de technologies, plus il y a de lois qui placent les gens sous surveillance et qui en font des suspects potentiels. Je ne sais pas du tout quand la machine va s’enrayer, quand l’on va remettre l’accent sur la liberté et non sur le sécuritaire. Si mon hypothèse, à savoir le parallèle entre la libération de l’expression et la libération sexuelle, entre cette révolution de l’information et les bouleversements entraînés notamment par les féministes et homosexuels dans les années 70 est vraie, j’ai tendance à penser qu’à terme, les internautes vont gagner. Voire qu'on a déjà gagné...

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