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Notre - Dame - des - Landes

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matali
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MessageSujet: Notre - Dame - des - Landes Sam 27 Oct 2012 - 13:09

http://www.reporterre.net/spip.php?article3331
Citation :
L'appel de deux jeunes paysans à tout ce qui a un nom dans le 'mouvement social'

Si on réfléchit à ce qui se passe à Notre Dame des Landes depuis une semaine, il y a un fait vraiment inquiétant : le silence du « mouvement social français ».

Depuis mardi matin, plus de 500 gardes mobiles ont envahi la campagne tranquille du Nord de Nantes, ils ont chassé les gens de leur habitat, détruit des maisons et enlevées les pierres une par une pour s'assurer qu'elles ne seraient pas rebâties. Depuis six jours, environ 200 personnes dorment chaque nuit sur des barricades, respirent des gazs lacrymo, organisent le ravitaillement des copains en première ligne, tout cela dans une non-violence exemplaire (sinon, il n'y aurait pas cet assourdissant silence médiatique!). Depuis quelques jours, des gros ballots de vêtements, de bottes, de chaussettes, de piles, de pommes, de pâtes, de légumes, de café, de jus de fruits, de barres de céréales, affluent dans le hangar qui sert de QG à la résistance, témoignant que si peu de gens osent s'aventurer dans le « territoire en guerre » qu'est devenu ce beau bocage, il existe une véritable indignation dans la population.

Et enfin bon, des raisons de s'indigner il y en a tout de même : il n'a rien d'autres à faire ce gouvernement que de mobiliser des centaines de flics pendant des semaines pour chasser des gens de leur maison alors qu'il semble qu'il y ait une crise du logement dans ce pays, rien de plus urgent comme dépense que de construire un aéroport pour en remplacer un autre loin d'être saturé alors qu'on nous dit que la priorité c'est de réduire les déficits, rien de plus important que de développer le trafic aérien alors qu'il paraît qu'il y a un truc qui s'appelle le changement climatique ???

Alors pourquoi ce silence ?
- Soit, ce qui est une possibilité réelle, le mouvement social est bien mal en point, tué par la « crise », asphixié par l'arrivée de la "gauche" au gouvernement,
- Soit ce combat n'est pas celui du mouvement social, car ceux qui luttent pied à pied à Notre Dame des Landes ne sont pas très présentables, un peu trop boueux, avec en prime des têtes un peu trop jeunes et que donc certainement ils sont violents, donc peu fréquentables,
- Soit encore vous ne savez pas quoi faire.

Si c'est cette dernière option qui prime, quelques idées :

La résistance à Notre Dame des Landes est incroyable. Il est incroyable que quelques centaines de personnes sans moyen financier, sans soutien logistique aucun à part celui de quelques habitants et paysans des alentours, logeant dans des abris de fortune, sans eau, sans électricité, aux vêtements détrempés, aient résisté une semaine derrière des barricades de bric et de broc face à une véritable armée. Ils sont encore là et ne vont pas lâcher, même si il leur faudra probablement se replier à un moment ou à un autre.

Il ne manque pas de courage ni de détermination à Notre Dame des Landes.
Il manque de la légitimité.
Et cela, vous, vous qui savez écrire, qui avez les arguments en tête, qui êtes reconnus socialement comme des gens « sérieux », qui avez de l'audience auprès des militants de vos organisations, qui connaissez des journalistes, qui êtes en contact avec des politiques, vous qui êtes respectés, vous pouvez le donner à la lutte de Notre Dame des Landes : de la légitimité.


Ce sont des choses que vous savez faire : écrire aux pages débat des journaux, organiser des conférences de presse, passer des coups de fil à droite à gauche, signer des tribunes collectives, intervenir lors de conférences, convaincre des gens connus d'aller à Notre Dame des Landes, ne serait-ce qu'une demi-heure, pour qu'ils puissent dire leur indignation devant les médias, puisque ces médias n'ont rien à faire de l'indignation des gens ordinaires.

Vous savez faire cela et c'est vraiment le moment de le faire maintenant.

Cette lutte est exemplaire et c'est aujourd'hui à chacun-e d'entre vous de permettre au mouvement social dans son ensemble de faire preuve d'une solidarité exemplaire.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

et signez la pétition (si ce n'est déjà fait)
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dame-landes-oui-debat-expulsions-522.html

concernant la lutte des résistant.es de Notre Dame des Landes:

message de soutien de l'union régionale des syndicats CNT Bretagne et Pays de Loire http://www.cnt-f.org/spip.php?article2033
message de soutien des désobéissants http://caamlg.free.fr/?p=1496
communiqué de la fédération anarchiste http://caamlg.free.fr/?p=1494
communiqué de la coordination européenne via campensina http://viacampesina.org/fr/index.php/les-grands-ths-mainmenu-27/rrme-agraire-mainmenu-36/716-droit-a-la-terre-en-europe-non-aux-expulsions-a-notre-dame-des-landes-la-terre-a-ceux-et-celles-qui-la-travaillent

et toujours: le site de la Zone A Défendre https://zad.nadir.org/spip.php?article385
http://www.reporterre.net/spip.php?article3331 a écrit:
(...)Texte de la pétition
L’opposition populaire est de plus en plus large, et les prises de position de plus en plus nombreuses contre ce projet dont il a été prouvé qu’il était nuisible, inutile et gaspilleur de fonds publics, en pleine période de restriction budgétaire.
Nous vous demandons de faire arrêter toutes les opérations policières et les expulsions qui jetteraient environ 150 jeunes dans la rue, à quelques jours de la trêve hivernale !
Il est encore temps d’ouvrir un véritable débat avec une nouvelle étude complète du dossier, menée par des acteurs indépendants et fiables, avant que la situation ne devienne irréparable.(...)

_________________
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Dernière édition par matali le Dim 18 Nov 2012 - 12:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Mar 30 Oct 2012 - 16:03

http://www.france.attac.org/articles/notre-dame-des-landes-declaration-solennelle a écrit:
Aujourd’hui, jeudi 25 octobre, des représentants de Greenpeace France, Attac France, Agir pour l’Environnement, Réseau Action Climat France, Les Amis de la Terre, Confédération paysanne, Générations Futures, Solidaires, Paysages de France, Droit au Logement, Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports se sont réunis pour s’exprimer, ensemble, sur la situation actuelle à Notre Dame des Landes.

***

La brutalité employée par la force publique en vue d'expulser, à la veille de la trêve hivernale, les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes nous amène à protester officiellement, collectivement et vigoureusement.

Alors que nous estimons que le dialogue et la concertation sont une nécessité pour dépasser les crises écologiques, sociales et économiques, le déploiement de force auquel nous assistons actuellement à Notre-Dame des Landes ne fait que renforcer notre détermination à contester ce projet d'infrastructure inutile, coûteux et clairement contradictoire avec nos objectifs en matière de lutte contre le dérèglement climatique.

Sur la forme comme sur le fond, ce projet d'aéroport est contestable. Au scandale écologique de ce projet, le premier ministre semble vouloir ajouter un scandale démocratique et social. Il va de soi que cette façon de faire ne peut que créer de la défiance. Cinq ans durant, nous avons subi une politique reposant sur une duplicité quasi institutionnalisée. Nous ne saurions accepter plus longtemps une écologie des mots qui, à l'aide de discours enjoués, permet de justifier des actes profondément scandaleux.

Nous appelons solennellement et avec la plus grande fermeté le gouvernement à cesser les expulsions des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes.

Nous appelons le premier ministre à remettre en cause ce projet d'aéroport qui aura une incidence significative sur le budget de l'Etat, un impact irréversible sur plus de 2000 hectares de zone humide et terre agricole et sur nos émissions de gaz à effet de serre.

A l'heure des crises alimentaire, climatique et énergétique, à l'heure de l'effondrement des écosystèmes, nous ne cautionnerons pas un double-discours qui tend à devenir une seconde nature des responsables politiques.

Par cette déclaration solennelle, nous tenons à exprimer notre solidarité et à apporter tout notre soutien à celles et ceux qui luttent pour un monde vivable. Nous appelons l'ensemble des citoyennes et citoyens à participer à des mobilisations locales et ainsi répondre démocratiquement à une violence qui, pour être institutionnelle, n'en est pas moins illégitime.

A lire : NDDL : Lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault

Plus d’information sur le site d’Attac : http://www.france.attac.org/dossiers/notre-dame-des-landes-vinci-degage

Attac France,
26 octobre 2012

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Ven 2 Nov 2012 - 18:55

http://blogs.mediapart.fr/blog/juliette-keating/311012/je-sais-ce-qui-se-passe-notre-dame-des-landes a écrit:
Je sais ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes
31 octobre 2012 Par Juliette Keating

Je sais ce qui se passe à Notre-Dame des Landes. Et je ne l'oublierai pas, quelle que soit l'issue de cette lutte qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Malgré l'omertà des grands médias, qui réduisent le juste combat non violent des habitants des terres et des bocages contre les forces policières armées, à une brève ou à quelques images d'illisibles échauffourées quand ils ne le passe pas sous un silence complice, je sais heure par heure les destructions, ordonnées par l'État, de fermes, de cultures, de cabanes établies dans les arbres. Je sais l'usage des grenades lacrymogènes, des grenades explosives. Je sais les tirs de flashballs. Je n'oublierai pas. Je n'oublierai pas que le Président de la République et le Premier Ministre socialistes ne veulent pas entendre les habitants quand ces derniers sollicitent une simple écoute. Surdité absolue des sommets de l'Etat : on interpelle pas le Président puisque, dans notre pays, seule la police interpelle le citoyen, pour l'arrêter quand il proteste. Je sais maintenant que ceux qui gouvernent notre pays ne sont pas les hommes et les quelques femmes que les Français respectueux du suffrage universel ont élus, mais les capitaux investis au mépris du bien-être des individus, les multinationales insensibles à l'intérêt général et pour lesquelles le profit, sans cœur, ni âme, ni raison, est le seul moteur de l'action. L'État montre aujourd'hui que la police française est au service des bétonneurs, que la police française est l'agent fonctionnarisé des destructeurs de l'environnement pour leur unique profit. Elle n'a donc plus rien à voir avec la protection du citoyen. Doit-on dorénavant considérer la police française comme le bras armé d'une puissance d'occupation? Dans ce cas, seule la révolte est légitime. Je n'oublierai pas l'opiniâtre résistance des gens simples qui défendent l'intégrité de ce territoire magnifique contre la voracité des profiteurs appuyée par l'État. Je sais ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes, et je n'oublierai pas.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Ven 2 Nov 2012 - 21:47

forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/

Citation :
Nous, participants au 2ème Forum contre les Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII) à Notre-Dame-des-Landes(France) du 7 au 11 juillet 2012 :

soutenons et exprimons notre entière solidarité à la lutte des habitants de Notre Dame des Landes et de la région, et de tous ceux qui la soutiennent, en France et bien au-delà, contre le projet de nouvel aéroport pour la ville de Nantes ;
dénonçons la répression exercée sur les habitants et militants,
réaffirmons notre soutien mutuel à toutes les luttes contre les GPII en Europe et dans le monde.


Nous nous sommes rassemblés pour identifier, recenser, combattre les grands projets que nous reconnaissons inutiles, ruineux en fonds publics et socialement injustes, écologiquement destructeurs ou dangereux, et qui excluent les populations de la prise de décision. La plupart de ces projets, dévoreurs de terres agricoles et d'espaces naturels, ne permettent pas la souveraineté alimentaire. Ils mettent en péril la diversité culturelle.

Ce deuxième forum a permis de rassembler une quarantaine de collectifs et organisations dont une quinzaine de l'Europe et au delà. Plus de 8 000 personnes ont participé aux divers ateliers. Il a été très riche d'échanges et de perspectives d'actions, de partages d'expériences et de construction d'alternatives aux grands projets et pour d'autres choix de société.

Nous avons décidé :

la coordination de nos luttes à l'échelle européenne et au delà par :
la création d'un groupe de travail permanent ayant une fonction d'alerte et de mobilisation,
la mutualisation de nos expériences,
la mise en commun de moyens (site internet européen, …),
la création d'un groupe européen de compétences scientifiques, techniques et juridiques ;

l'étude de l'opportunité et de la faisabilité d'une Initiative Citoyenne Européenne

notre participation :
au Forum Social Européen de Florence du 8 au 11 novembre 2012
au Forum Social Mondial de Tunis en mars 2013
l'organisation :
d'une journée d'actions décentralisées et coordonnées le 8 décembre 2012 (3ème journée européenne contre les Grands Projets Inutiles et Imposés)
du 3ème Forum contre les GPII à Stuttgart en 2013


Nos luttes concrètes, leur convergence font émerger aujourd'hui le concept de Grands Projets Inutiles et Imposés. Nous voulons expliquer et populariser largement ce concept. Nous sortons du forum plus que jamais motivés et déterminés à poursuivre nos objectifs et continuer et à relier nos combats.

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« Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça. »

« C’est pas vraiment de ma faute si y’en a qui ont faim, Mais ça le deviendrait si on y changeait rien. »

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 3 Nov 2012 - 3:12

http://www.dailymotion.com/video/xpl3jb_notre-dame-des-landes-au-coeur-de-la-lutte-le-film_news?start=304

Aucun dialogue, Vinci décide grâce aux accords politiques, pression, menace, méthode de mafieux ... On va manger du béton!!

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 3 Nov 2012 - 12:57

matali a écrit:
http://blogs.mediapart.fr/blog/juliette-keating/311012/je-sais-ce-qui-se-passe-notre-dame-des-landes a écrit:
Je sais ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes
31 octobre 2012 Par Juliette Keating

Je sais ce qui se passe à Notre-Dame des Landes. Et je ne l'oublierai pas, quelle que soit l'issue de cette lutte qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Malgré l'omertà des grands médias, qui réduisent le juste combat non violent des habitants des terres et des bocages contre les forces policières armées, à une brève ou à quelques images d'illisibles échauffourées quand ils ne le passe pas sous un silence complice

Il y a 2 jours au j.t de France 2 : Une fugitive vision de 20 secondes, bousculades, brouhaha, sans réelle explication ... Révoltant.
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 3 Nov 2012 - 14:56

Notre-Dame des oiseaux de fer

Parlons en nous sommes nos propres journaux, l'information passe par le citoyen! Nous sommes des témoins non coupés au montage
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 4 Nov 2012 - 12:58

http://www.bastamag.net/article2751.html a écrit:
Lettre ouverte
Notre-Dame-des-Landes : un énarque proche de François Hollande s’insurge

Par Rédaction (30 octobre 2012)

Alors que les affrontements s’intensifient entre forces de l’ordre et résistants au projet d’aéroport, Patrick Warin, énarque et ancien directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations, s’indigne. Dans une lettre ouverte à François Hollande, il démontre l’absurdité du projet, que seule une « mégalomanie ridicule » semble justifier. « Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français, nous serons des millions à les soutenir pour qu’on les écoute », lance-t-il à son ancien collègue de promo à l’ENA.

Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République,

De la part de Patrick Warin, ancien élève de l’ENA, Promotion Voltaire, ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations, Professeur associé aux Universités, membre de Démocratie 2012.

Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François,

J’ai décidé de vous adresser cette lettre, écrite ce matin du 30 octobre, alors qu’une nouvelle opération de police de grande envergure se déroule à quelques dizaines de kilomètres d’Angers, mon lieu de résidence, ville et région qui vous sont également familières.

Sur le territoire prévu pour accueillir le futur aéroport de Nantes/Grand Ouest des hommes et des femmes qui, pour l’écrasante majorité d’entre eux ont voté pour vous, doivent se confronter une nouvelle fois à un déploiement de forces de police dépêchées par un gouvernement de gauche, dirigé par l’ancien maire de Nantes. Alors que depuis des années ces femmes et ces hommes, tous non violents, tous soutenus par une solidarité locale, régionale et nationale demandent simplement à être entendus au-delà des procédures légales et formelles dont ils estiment à juste titre qu’elles ont été menées de manière tronquées, et trompeuses, la seule réponse que votre gouvernement leur apporte est celle de l’emploi de la force. Cette attitude, Monsieur le Président, cher camarade est inacceptable.

Le PS est en train de s’isoler

Parmi bien d’autres, je me suis engagé pour assurer votre élection, puis vous garantir une majorité solide. Dans notre circonscription du Maine et Loire tenue par la droite depuis plusieurs dizaines d’années nous avons failli à 86 voix près envoyer l’ancien ministre Marc Laffineur à une retraite bienvenue. Nous sommes fiers d’avoir mené ce combat et de nous retrouver dans cet Ouest déjà largement conquis par la gauche en terre de futures conquêtes en compagnie de nos alliés écologistes.

Cher François, la manière dont le pouvoir que vous incarnez gère le projet Notre Dame des Landes va totalement bouleverser ces positions politiques chèrement acquises car vous n’imaginez pas l’immense potentiel de sympathie, de soutien militant, de soutiens politiques à la base dont bénéficient ces personnes en lutte, alors que la technostructure du Parti socialiste et des grands élus régionaux est en train de s’isoler.

Vous êtes face à un nouveau Larzac !

Monsieur le Président je vous l’affirme avec la conviction d’un sympathisant socialiste de longue date, de tradition enracinée auprès de mes proches, mon père Jacques Warin, qui collabora avec Pierre Mauroy au moment de l’alternance en 1981, vous êtes face à un nouveau Larzac !

Déjà au moment de votre élection je vous avais alerté discrètement, par l’intermédiaire de nos amis communs de Démocratie 2012, dont Pierre René Lemas, pour éviter qu’en pleine campagne la situation ne provoque des conséquences électorales néfastes. Il me semblait avoir, avec bien d’autres qui avaient intercédé, été entendu.

Aujourd’hui il est temps que vous ne vous contentiez plus de répondre aux lettres qui vous sont adressées à ce sujet par des formules standards qui renvoient à votre ministre Monsieur Cuvillier le soin de traiter le dossier. Outre que cette attitude peu respectueuse de l’écoute citoyenne ne vous ressemble pas, vous êtes face à une situation qui exige une attitude d’homme d’État.

Provocations dont vous porterez seul la responsabilité

La révision du Schéma national des infrastructures de transport, l’emploi parcimonieux de la dépense publique, le souci de la transition écologique, l’application loyale de la Loi sur l’Eau, dans sa dimension universelle et a fortiori européenne, sont autant de motifs pour rouvrir le dialogue et éviter que votre quinquennat ne soit entaché par un abcès de fixation politiquement désastreux. Cela vous fait courir, compte tenu de la manière utilisée aujourd’hui, des risques sérieux de dérapages, de provocations dont vous porterez seul la responsabilité face à des personnes dont la conviction s’exprime de manière pacifique, non violente, respectueuse de la loi républicaine dès lors que celle-ci s’exerce elle aussi dans le respect du dialogue citoyen.

Monsieur le Président, cher camarade, j’ai eu le privilège de vivre un parcours professionnel dont tous ceux qui furent mes supérieurs, collaborateurs, collègues, partenaires s’accordent à dire qu’il fut toujours ouvert à l’innovation, à l’adaptation au monde changeant, à la recherche de nouveaux paradigmes et à la réalité de la concurrence globalisée. Je continue en tant qu’enseignant universitaire à stimuler la créativité de mes étudiants, dans le monde entier, tout en leur transmettant mon expérience de dirigeant du service public puis d’homme d’entreprise. Je ne suis pas un nostalgique, ni un tenant de la décroissance, ni un « illuminé anti progrès ». Ces traits de caractère sont partagés par les personnes que je côtoie lors des réunions d’information sur le projet Notre Dame des Landes. En vérité, c’est nous qui incarnons la modernité et l’ouverture au 21éme siècle.

Mégalomanie ridicule

En effet, qui peut croire que les opérateurs aériens vont implanter dans le Grand Ouest des infrastructures aéroportuaires renforcées et surdimensionnées, au moment où nous atteignons le pic de l’énergie fossile, et alors que leur modèle économique est de ramener les passagers vers quelques hubs majeurs soit par des avions qui rallient Nantes à Orly, ou Charles De Gaulle, ou Francfort ou Londres, ou Amsterdam ou Madrid ? A partir de ces plateformes le modèle est alors de procéder au remplissage maximum de très gros porteurs économes en carburant. Sauf à souffrir d’une mégalomanie ridicule, qui peut croire qu’un Grand Ouest aujourd’hui déjà bien relié par TGV aux plates formes parisiennes en cours de modernisation a besoin d’un équipement nouveau, coûteux, détruisant plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles, déracinant au propre et au figuré paysages et hommes attachés à leur territoire ?

Nantes a déjà 2 aéroports qui figurent dans les codes internationaux de l’IATA, Nantes Atlantique qui croît sans que cela permette de justifier le transfert coûteux et… la gare SNCF de Nantes qui est utilisée dans la tarification aérienne pour acheminer les passagers vers les plateformes parisiennes et retour. Nantes Atlantique va devoir de toutes façons être conservé pour les besoins logistiques de la fabrication d’Airbus sur l’usine nantaise, et la gare de Nantes me parait être une bonne solution pour les voyageurs de notre région pour leur transfert vers les hubs parisiens. Posons donc la question à Air France sur sa vision du transport aérien au 21ème siècle et remettons-nous autour d’une table pour réexaminer les prévisions de trafic utilisées pour justifier le transfert !

Je vous conjure d’écouter ce qui se vit

Monsieur le Président, cher camarade, vous qui êtes aujourd’hui soucieux que vos hautes fonctions et votre agenda ne vous coupent pas de la réalité que vivent nos concitoyens, vous qui vous entourez des avis et opinions issus de la société civile, comme en témoigne la mission confiée à votre proche Bernard Poignant (qu’en dit-on à Quimper ?), je vous conjure d’écouter ce qui se vit dans notre région auprès de personnes qui vous soutiennent, qui partagent vos valeurs, qui se mobiliseront autant qu’il le faudra et aussi longtemps qu’il le faudra pour que leurs argument soient écoutés une fois que les gaz lacrymogènes de ce matin se seront dissipés.

Cher François, le Larzac a rencontré son homme d’État, le magnifique film qui a retracé cette lutte rend hommage à des Français ordinaires, femmes et hommes de conviction mais aussi à l’homme d’État qui les a entendus.

Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français, nous serons des millions à les soutenir pour qu’on les écoute.

Monsieur le Président, cher François Hollande, nous attendons de vous que vous soyez à notre rendez-vous citoyen comme l’a été François Mitterrand.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux et de mon cordial souvenir,

Patrick Warin, ENA Promotion Voltaire

Copie : Monsieur Jean Marc Ayrault, Monsieur Pierre René Lemas, Monsieur Michel Sapin, Monsieur Jean Pierre Jouyet, Monsieur Bernard Poignant, Monsieur le Préfet de la Région Pays de la Loire.

Copies adressées par courrier électronique : élus de la région Pays de la Loire, divers collectifs au sein d’ACIPA

(...)

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Mer 7 Nov 2012 - 22:16

Je ne pensais pas pouvoir dégager 30 min dans la soirée pour regarder cette vidéo :

Mais j'ai été tellement scotchée... tellement...
Bref.
Je n'ai pas de mots.


Ce soir, j'ai mal mes fées...


Je sais que beaucoup d'entre vous penserons comme moi quand elle entendront cette femme pas très jeune mais pas très vieille non plus parler... la justesse des mots de cette femme... ce qui sort de sa bouche... c'est beau, c'est vrai, mais, en même temps, c'est tellement dommage quelle ait eu à les prononcer !!!
Puisse cette vidéo tourner, se propager, faire changer les choses...
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"Moi je vais venir te voir à ta nouvelle maison avec ma moto (comprendre : mon tricycle jaune) et je prendrais le gros chemin (comprendre : l'autoroute) pour venir à ta maison" Je t'attends ptit frère... mais à 3 ans je doute que tu réussisses à attraper le ticket d'autoroute sans escabeau !
Who says witches aren't pretty ?
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Jeu 8 Nov 2012 - 11:03

Oui.
"Y aura toujours de l'argent pour ces conneries" dans notre beau pays : CRS (quelle drôle d'idée de faire ce métier) des hélicos, des décisions de justice, des lacrymos, des armes et des boucliers, des camions... (pourquoi les expulsions se font-elles la nuit ?)
des projets à la con qui coûtent plus que cher (une estimation du prix dans 50 ans si ça se construit ?) et une culpabilisation des citoyens... un gouvernement qui devait faire "changer" les choses (mais finalement, ces choses n'ont pas été clairement définies)
Et on paye des impôts pour payer ça ? C'est clair que je suis une crétine...
"Qu'ils crèvent (...) Ils boufferont leurs billets de banque"
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Ven 9 Nov 2012 - 15:47

Quel coup de poing au coeur ces images ...

La colère de cette femme, ses mots si justes ...

Merci d'avoir partagé cette vidéo Earwen.
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 17 Nov 2012 - 19:39

J'ai du mal à trouver l'info sur la manifestation à Notre Dame Des Landes aujourd'hui...

Mais j'ai trouvé ça :
Citation :
A la veille d’une grande manifestation d’opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, plusieurs élus d’Europe Ecologie Les Verts se sont déplacés sur le site du futur aéroport pour une opération surprise. A l’instar des militants qui font ce genre d’action plusieurs fois par mois, les eurodéputés ont investi une maison vouée à la destruction.

Des ténors d'EELV débarquent à... par BFMTV

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 17 Nov 2012 - 19:51

Ah si des photos sur lemonde.fr...
http://www.lemonde.fr/economie/portfolio/2012/11/17/plus-de-15-000-personnes-se-reunissent-contre-notre-dame-des-landes_1792277_3234.html
et un article la veille... (mais pas en une...)
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/16/la-bataille-de-notre-dame-des-coleres_1791767_3244.html a écrit:
Le rendez-vous est crucial. Le point d'orgue de mois de mobilisation contre le projet du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, qui va détruire une importante zone naturelle. Samedi 15 novembre, des milliers de personnes viendront manifester sur le site de "Notre-Dame-des-Colères". Ce rassemblement dépasse largement les enjeux locaux. Des cars convergeront de la France entière vers le doux bocage nantais, de la Bretagne voisine, de Provence, de l'Aveyron et du Larzac, fief de José Bové, très engagé dans la mobilisation.

Les Bretons viennent pester contre le dossier des algues vertes et de l'élevage intensif. Mais il y aura aussi nombre d'ONG, comme la Ligue de protection des oiseaux, Greenpeace, les anti-nucléaires, Droit au logement, Attac et les altermondialistes, sans oublier le "Partit occitan" : "Gardaretz NDDL !", proclame-t-il l en écho au "Gardarem lou Larzac" des années 1970.

En clair, Notre-Dame-des-Landes est devenu un symbole, le réceptacle de toutes les colères contre le gouvernement de François Hollande, dont les six premiers mois n'ont pas satisfait. Les politiques seront donc aussi de la partie, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche, Jean-Luc Bennahmias (Modem), le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé, Pascal Durand, secrétaire national d'Europe-Ecologie-Les-Verts et beaucoup d'autres élus.

Quelques-uns d'entre eux devaient d'ailleurs être sur place dès vendredi. Mais ils ne seront pas forcément les bienvenus. En juillet 2011, Cécile Duflot, aujourd'hui ministre du logement du gouvernement Hollande, avait expliqué sur place qu'il n'y aurait pas d'accord avec le Parti socialiste si le projet n'était pas abandonné ! Sa promesse, qui a fait long feu, est restée dans toutes les mémoires.

BÂTIMENTS EN KIT

Les organisateurs le savent : ils doivent réussir une démonstration de force pacifique. Tous en ont parlé longuement. L'agression violente, mardi, d'un vigil employé par Vinci, gestionnaire du futur aéroport, pour surveiller l'une des maisons vouées à la destruction, a divisé. L'Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes) a condamné cet acte. Sans exclure toutefois, comme les "zadistes" – les occupants de la ZAD (Zone d'aménagement différé, qui représente le périmètre du futur aéroport mais appelée depuis "zone à défendre" – qu'il puisse s'agir d'une provocation de Vinci ou de la police. Une enquête est en cours.

Après avoir protégé leurs cabanes, leurs maisons ou leurs caravanes disséminées dans le bocage nantais, détruites récemment par les forces de l'ordre, les opposants veulent, samedi, reconquérir le terrain. Et reconstruire.

Tout a été minutieusement préparé. Les bâtiments en kit sont prêts et n'attendent que d'être assemblés : un grand hangar pour accueillir les réunions, une cuisine, des toilettes, une salle d'informatique, etc. Un collectif de vie en somme.

Les "écoguerriers" sont prêts. On les surnomme les "Camille", car, qu'ils vivent dans une cabane perchée dans les arbres ou dans une maison abandonnée, qu'ils aient 20 ans à peine ou plus, garçon ou fille, tous se font appeler "Camille". Ils dissimulent souvent leur visage derrière une cagoule ou un foulard par méfiance vis-à-vis des médias, de la police. Mais derrière ces masques se cache aussi la volonté de se fondre dans un collectif soudé contre le "système".

Samedi, les tracteurs chargés du matériel ouvriront le cortège. Un choix destiné à montrer l'union entre les agriculteurs hostiles depuis de longues années au futur aéroport et des "anti", souvent militants bons enfants installés depuis deux ou trois ans dans le bocage. Sont venus récemment se joindre à eux des habitués des manifestations, moins hostiles à l'usage de la violence. Et qui viennent "faire bénéficier" de leur savoir-faire acquis lors des sommets des G20 ou des actions contre les convois de déchets nucléaires.

"ÉCOGUERRIERS ET ANARCHO-LIBERTAIRES"

Les affrontements des dernières semaines entre gendarmes mobiles, dont plusieurs centaines sont présents sur place, et opposants, ont inquiété les élus locaux. Beaucoup, adhérents du CeDpa – le Collectif d'élus doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui réunit un millier de personnes –, ne seront pas présents samedi par crainte d'actions illégales.

Cette peur que la manifestation ne dégénère est partagée par les autorités. Qu'un incident grave survienne, que le scénario du pire arrive avec, comme lors de la manifestation de Creys-Malville contre la construction d'une centrale nucléaire en 1978, un mort chez les militants, et le gouvernement serait confronté à une crise.

La préfecture, qui a diligenté, depuis le 15 octobre, l'opération César visant à expulser les occupants illégaux des terrains où doivent commencer prochainement les premiers travaux de construction de l'aéroport, le sait. "Nous ne prévoyons pas de dispositif important aux abords mêmes de la manifestation", avance Patrick Lapouze, le directeur du cabinet du préfet. Et si des maisons devaient être reconstruites samedi, il est probable que la préfecture attendra quelques jours, que le gros des troupes soit reparti, pour les démonter.

La stratégie est claire : éviter les incidents graves et continuer de tenter de diviser le front des opposants entre ce que le préfet, Christian de Lavernée, appelle "les activistes écoguerriers et anarcho-libertaires" et "l'opposition institutionnelle".

Rémi Barroux

Et en parallèle un autre article de bastamag :
http://www.bastamag.net/article2770.html a écrit:
Le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, est-il vraiment utile, à l’heure où le trafic aérien est en berne ? Basta ! s’est penché sur le cas de ces aéroports français qui sont aujourd’hui largement sous-utilisés, grèvent les finances publiques et ne vivent que grâce aux compagnies low-cost, elles-mêmes sponsorisées par le contribuable. L’aéroport voulu par Jean-Marc Ayrault ressemblera-t-il demain à ces zones d’embarquement quasi désertes ?(...)

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 18 Nov 2012 - 12:15

à lire : Notre-Dame-des-Landes n’est pas le Larzac (même si ça y ressemble)

Citation :
« Ayraulport » 17/11/2012 à 11h20
Notre-Dame-des-Landes n’est pas le Larzac (même si ça y ressemble)
Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Mis à jour le samedi 17 novembre 2012 à 19h30

Alors qu’une manifestation est organisée ce samedi sur le site, beaucoup comparent le combat contre le nouvel aéroport avec le symbole des luttes des années 70

Ce week-end, sous le crachin nantais, la lande se donne des airs de « Larzac ». La référence tourne en boucle dans la bouche des opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes – Patrick Warin, issu de la même promotion de l’ENA que François Hollande, l’utilise dans la lettre ouverte qu’il lui a adressée.

Le Larzac, c’est le symbole d’une lutte paysanne longue (1971-1981) et pacifiste, finalement victorieuse face à un Etat autoritaire décidé à imposer des projets inutiles et anachroniques, coûte que coûte.

Ce samedi, un grand rassemblement a eu lieu sur le site prévu pour la construction de l’aéroport, avec notamment la présence Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot et de plusieurs leaders écologistes dont Jean-Vincent Placé et Noël Mamère. Entre 13 000 et 40 000 personnes selon les sources ont manifesté, dans le calme, contre le projet d’aéroport.

Mais quarante ans et des cultures politiques séparent le plateau aveyronnais, aride et isolé, où était prévue l’extension d’un camp militaire, du bocage breton qui doit accueillir l’« Ayraultport » de Vinci.

« L’histoire ne repasse pas les plats », prévient Christian Rouaud, réalisateur de l’excellent documentaire « Tous au Larzac » :

« Et puis, il fait un froid de canard, attention à ne pas comparer avec les grands rassemblements du mois d’août, sinon c’est mort. »

Plusieurs éléments laissent penser que les méthodes utilisées dans les années 70 ont beaucoup inspiré les opposants :

la multiplication de comités Notre-Dame-des-Landes partout en France,
le débarquement de tracteurs et de cars sur la zone,
l’alliance entre une volonté de fer des paysans menacés d’expropriation et des citadins en colère,
la présence de José Bové venu avec son pied-de-biche rouvrir des maisons.

Quand il écoute « le discours de l’ennemi », Christian Rouaud reconnaît les « mensonges » d’autrefois (Manuel Valls parle d’« individus venus de l’étranger », la préfecture d’« anarcho-autonomes ») :

« Il faut se méfier de la propagande officielle. A l’époque, on disait : “Va élever des chèvres avec les hippies du Larzac !” Mais il n’y a jamais eu de chèvres sur le Larzac, seulement des moutons. Et ces agriculteurs n’étaient pas des hippies, mais des propriétaires terriens !

Aujourd’hui, les occupants de la Zone à défendre sont parfois présentés comme des punks à chiens ou des lanceurs de pierres cagoulés. Mais ces discours ne visent qu’à discréditer le mouvement. »

Des « activistes de la simplicité volontaire »

Difficile pour les médias de qualifier ce que sont les opposants à Notre-Dame-des-Landes. Les « tribus » sont en effet nombreuses et ne sont réellement unies que depuis peu :

il y a bien sûr les paysans concernés par les expropriations et leurs soutiens. Ils sont encore moins nombreux que la centaine de paysans du Larzac, puisque les constructions sont gelées depuis quarante ans en vue de préserver la zone pour le nouvel aéroport, dont le site a été arrêté dès 1967.

il y a, depuis le Camp Action Climat de 2009, les jeunes venus occuper les maisons vides de la « Zone d’aménagement différé » rebaptisée « Zone à défendre » et qui ont planté des potagers, construit des cabanes.

C’est le début d’opération de reprise en main de ce territoire, qui, par l’expulsion musclée des squatteurs, a marqué une nouvelle phase du mouvement.

Cette alliance d’altermondialistes venus de la ville et d’agriculteurs ancrés sur leur terre fait penser au Larzac. Mais deux catégories nouvelles viennent s’ajouter :

Il y a tous les mouvement politiques et associatifs écologistes et assimilés, du Front de gauche à Europe Ecologie-Les Verts. Ce dernier envoie ce week-end tous ses militants, responsables et élus, à l’exception de ses deux ministres.

Le dossier de l’aéroport, un projet personnel de l’ancien maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, ne fait pas partie de l’accord avec le PS. Pour entrer au gouvernement, les dirigeants écolos ont dû s’asseoir sur un sujet sensible et ont renié une promesse chère à leurs électeurs.

*Il y a toute une foule de passage, des « activistes de la simplicité volontaire », comme les décrit le sociologue Erwan Lecœur, qui, « à un moment de leur vie, pour quelques mois ou quelques années vont là où se construit un autre monde ».

L’absence de chef, un point faible

Ce dernier mouvement, poursuit l’auteur du livre Des écologistes en politique, est « à la frontière de l’écologie radicale, des mouvements libertaires, et d’une tradition de retour à la terre ».

Ailleurs en Europe de l’Est, à Berlin par exemple, le squat de maisons abandonnées a pu donner lieu, dans les années 80-90, à des mouvements de « garden guerilla », et le potager est redevenu tendance.

On retrouve aussi bien des gens de 45-60 ans, membres du mouvement des Colibris de Pierre Rabhi, qui selon Erwan Lecœur, « sont une vraie force sociale potentielle », que des étudiants de bonne famille qui pourraient être qualifiés d’anarchistes.

Le principal point faible du mouvement est de ne pas avoir de leader, ni de noyau dur solide qui permettrait de montrer aux médias, comme José Bové et ses amis à l’époque, quelle société ils sont en train d’inventer. Là aussi, c’est une différence avec le Larzac.

Tous les porte-paroles rencontrés à la ZAD s’appellent « Camille », avais-je expliqué lors de mon reportage derrière les barricades. Cette quête de l’anonymat s’explique autant par peur de la répression policière, par goût de la clandestinité que par méfiance vis-à-vis des médias soupçonnés de faire partie du « système ».

La violence et l’illégalité, toujours un risque

Et José Bové a beau être venu donner un coup de biche, celui qui est aujourd’hui député européen ne reprendra pas du service sur ces terres bretonnes. Joint par téléphone ce vendredi alors qu’il était en train d’installer des toilettes sèches sur une maison sur le point d’être réoccupée, l’ancien leader du Larzac se rappelle l’épisode de la bergerie de La Blaquière, « notre cathédrale » :

« On l’a construite sans permis et financée avec l’argent du refus de l’impôt. On était clairement dans l’illégalité mais pacifistes. Ici, c’est pareil, tout le monde est le bienvenu. »

L’élu de la nation justifie son « passage à l’acte » au micro de Reporterre :

« Nous avons bien pesé les conséquences de notre action. Elle est illégale, contraire à la loi, mais elle est légitime. »

Pourtant, à tout moment, « la violence risque de tuer le mouvement en le discréditant », souligne Erwann Lecœur. On l’a vu cette semaine avec l’affaire du vigile de Vinci, violemment agressé et dont la voiture a été incendiée.

L’agression a été immédiatement attribuée aux opposants, qui l’auraient revendiquée sur Indymedia, selon la préfecture – mais les manifestants soupçonnent des infiltrés et de la manipulation.

« Il faut être ultra non-violent pour être populaire dans l’opinion », résume Erwan Lecœur, rejoint par Christian Rouaud : « C’est par la force tranquille qu’ils doivent montrer qu’ils ont raison. » L’expérience de José Bové devrait leur être utile.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 18 Nov 2012 - 14:03

Jme demande comment tout ça va se finir...
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"Moi je vais venir te voir à ta nouvelle maison avec ma moto (comprendre : mon tricycle jaune) et je prendrais le gros chemin (comprendre : l'autoroute) pour venir à ta maison" Je t'attends ptit frère... mais à 3 ans je doute que tu réussisses à attraper le ticket d'autoroute sans escabeau !
Who says witches aren't pretty ?
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 18 Nov 2012 - 14:50

Comme ça :
- l'aéroport ne sera pas construit ;
- les personnes (non propriétaires) qui habitaient là devront pour rester acheter le terrain ;

fabe
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 18 Nov 2012 - 19:21

Et encore des photos légendées : Notre Dame des Landes transformée en forêt de Sherwood le temps d'une journée
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Mer 21 Nov 2012 - 19:33

http://www.bastamag.net/article2781.html?id_mot=59&utm a écrit:
Plus qu’une résistance
Notre-Dame-des-Landes : bienvenue en zone libre

Par Agnès Rousseaux, Ivan du Roy, Laurent Guizard (21 novembre 2012)

Ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes va bien au-delà qu’une simple résistance locale à un projet d’aéroport contesté. L’ampleur de la mobilisation du 17 novembre montre que ce petit coin de bocage breton devient le symbole de la lutte pour une véritable transformation écologique et sociale. Une aspiration que le gouvernement ne semble pas avoir du tout compris. Reportages à lire et à regarder.

L’alternance est passée, l’autisme est resté.

« Cet équipement est en projet depuis très longtemps, le débat public a eu lieu depuis 2003, donc tout le monde a été entendu. Il a été déclaré d’utilité publique. Donc force à la loi », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, au lendemain de l’importante manifestation de Notre-Dame-des-Landes. « L’Etat sera ferme (…). Il y aura en temps utile des évacuations, parce que nous devons être déterminés », a martelé à son tour le ministre de l’Intérieur Manuel Valls.

Telle est la réponse du gouvernement à l’importante mobilisation du 17 novembre, dans un petit bourg breton perdu au milieu du bocage, entre Nantes et Rennes. Le temps où François Hollande et le PS incitaient le gouvernement précédent à « entendre la colère, trouver les formes du dialogue » et « modifier son projet en conséquence » semble bien lointain. Mais « opposer systématiquement un mur à la mobilisation sociale » risquera de coûter cher [1]. « Il faudra qu’ils militarisent la zone jusqu’en 2017 », prévient Michel Tarin, un agriculteur à la retraite qui a refusé l’expropriation. Un mois après l’opération « César », menée par au moins 500 CRS et gendarmes mobiles, appuyés par des hélicoptères, qui visait à expulser des maisons abandonnées les personnes qui s’y étaient installées, tout est à refaire.

Les « casseurs » sont devenus bâtisseurs

Le cortège s’étire sur 5 kilomètres sur l’asphalte qui traverse le bocage et la « zone à défendre » (ZAD). Un joyeux mélange de générations, de régions et de pratiques militantes. Les « occupants » – les « squatteurs » selon la préfecture – ouvrent la marche. Beaucoup ont choisi de dissimuler leur visage, par crainte du harcèlement policier. « C’est leur réussite », confie Marie, habitante d’un village voisin. Pendant un mois, ils ont tenu tête à la présence policière et à la multinationale Vinci, concessionnaire du futur aéroport. « 150 jeunes qui étaient, soit tournés en ridicule, soit traités de terroristes. S’ils n’avaient pas été là, les travaux de Vinci seraient bien plus avancés. » Suit un long convoi de dizaines de tracteurs, halant des remorques chargées de planches, de poutres, de bottes de paille pour l’isolation, de matériaux divers et variés : l’opération « Astérix », pour reconstruire ce que les forces de l’ordre ont détruit.

Le paradoxe est amusant, et révélateur. Ce ne sont plus les « minorités violentes », les « anarcho-autonomes » ou « l’ultra-gauche », qui brisent, cassent et brûlent, mais bien gendarmes et policiers sur ordre du représentant de l’Etat. Les « casseurs » tant décriés sont devenus bâtisseurs. « Force est de constater que s’il n’y a pas de présence policière à Notre-Dame-des-Landes, il n’y a pas non plus de violences ! », souligne l’Acipa [2], l’association qui regroupe habitants, agriculteurs et élus concernés par le projet.

L’alliance des « squatteurs », des associations et des élus

Puis vient le cortège, animé par des clowns, des batucadas et des chorales. Citoyens, paysans, syndicalistes et élus sont venus manifester leur solidarité aux occupants et leur opposition au projet de futur aéroport nantais. Environ 30 000 personnes, pour un défilé en rase campagne, alors que la pluie menace. Dans le ciel, les ULM des opposants ont remplacé les hélicoptères de la gendarmerie. Jean-Luc Bennahmias pour le Modem, Olivier Besancenot pour le Nouveau parti anticapitaliste, Jean-Luc Mélenchon pour le Parti de gauche et de nombreux élus écologistes sont venus exprimer leur soutien. La veille, une trentaine de parlementaires et de députés européens d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), dont José Bové, Noël Mamère et Jean-Vincent Placé, participaient, à l’aide de pieds de biche, à l’ouverture d’une maison murée par la préfecture. Un coup médiatique diversement apprécié. « Un hommage à nos pratiques », préfère ironiser un occupant. Mais lorsque le cortège s’ébranle, il est vivement demandé aux militants politiques de ranger leurs drapeaux, que ceux-ci soient rouges ou verts.

Une défiance à l’égard des partis institutionnels que comprend parfaitement Jacques Testard, militant d’EELV et membre de l’Acipa. « C’était leur journée. Ce sont eux qui morflent. Passer l’hiver dehors, je ne suis pas preneur. » La préfecture, relayée par certains élus nationaux a déployé bien des efforts pour diviser les acteurs de la lutte : « ultras » d’un côté, habitants et paysans expropriés ou élus mécontents de l’autre. En vain. « Sans les occupants, il ne se serait rien passé. Sans les associations, la solidarité aurait été difficile à organiser. Sans les élus et les partis, pas de recours juridiques faute de moyens pour les payer », rappelle Jacques Testard. Belle complémentarité.

« Démesure dépensière »

Menuisiers rennais, syndicalistes nantais, salariés de la filière bio en Avignon, néo-rural périgourdin, cyclistes belges, auto-stoppeurs suisses : Notre-Dame-des-Landes est en train de devenir un symbole. Le point focal pour tous ceux qui espèrent un changement de paradigme, tant social qu’écologique. Les uns dénoncent une nouvelle stérilisation de terres agricoles, alors que la France a perdu en quatre ans l’équivalent d’un département au profit du béton et du goudron [3]. D’autres, comme Pascal Dallé, agriculteur en bio et militant de Bretagne Ecologie, soulignent la singularité de ce bocage : une zone humide qui, outre le fait d’abriter une certaine biodiversité, joue le rôle d’éponge et de filtre pour l’eau. La zone est à la frontière entre deux bassins versants. Celui de l’Erdre qui coule vers Nantes et celui de la Vilaine qui traverse Rennes. Quelles conséquences en matière d’inondations entraînera la construction d’une chape de béton ?

Tous critiquent l’absurdité du projet, à l’heure du pic pétrolier et d’une croissance en berne. L’économiste Jean Gadrey fustige cette « démesure dépensière pour des grands projets inutiles ou nuisibles au moment du tournant de la rigueur inégalitaire ». L’aéroport coûtera au bas mot 600 millions d’euros aux contribuables. Aux dépens d’autres priorités, sociales ou éducatives. D’autant qu’une alternative existe : « L’optimisation de Nantes Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes », rappelait un cabinet d’études indépendant, il y a un an (lire notre article). Enfin, pour les militants les plus radicaux, plus qu’une lutte de résistance, les landes et les bocages convoités par Vinci sont l’occasion d’expérimenter un choix de vie en dehors du système capitaliste, de mettre en pratique à l’échelle d’un petit territoire d’autres formes d’organisation collective, d’échanges et d’autosubsistances.

Élan de solidarité

La journée du 17 novembre est donc bien plus qu’une manifestation. Le cortège s’égaille dans les champs où s’improvise un pique-nique géant. Pas le temps d’entamer une petite sieste mouillée, l’heure est à la reconstruction. Des chaînes humaines déchargent matériaux et cloisons de maisons préfabriquées. Planches, palettes et fenêtres s’enfoncent dans les sous-bois. Ici, ce sera une grande salle de réunion, là une cuisine collective, plus loin des petits dortoirs pour accueillir les familles expropriées ou les visiteurs de passage. Un peu partout des toilettes sèches aux pieds des marronniers et des plateformes de guet sur leurs cimes. Les clairières où s’érigent les maisons en bois ont été soigneusement sélectionnées : elles font encore l’objet de contestations juridiques et ne peuvent, en principe, être expropriées tant que les recours sont étudiés.

Les occupants, dont certains habitent la ZAD depuis deux ans, ne cachent pas leur émotion devant cet élan de solidarité. Au milieu du parcours, dans le hangar de « la Vache rit », l’impressionnante solidarité se vérifie. Des stocks de vêtements, d’aliments, de médicaments, d’ustensiles sont mis à disposition des « zadistes », qui y viennent se préparer pour l’hiver. « Ils tiennent parce qu’ils ont de vrais idéaux, un vrai courage », admire Marie, leur voisine. En 2017, habitera-t-elle à proximité d’un aéroport, avec ses pistes, ses parkings et ses bretelles autoroutières, ou à côté d’un coin de campagne où de nouvelles formes d’organisations sociales et de productions écologiques s’expérimenteront ?

Texte : Ivan du Roy

Photos : Laurent Guizard

Vidéo : Agnès Rousseaux
Notes

[1] « Le gouvernement a décidé d’opposer systématiquement un mur à la mobilisation sociale, ce qui n’est pas une bonne manière de faire vivre la démocratie en France (…). Si nous avons une situation de conflit, d’intensification, de radicalisation, c’est directement la conséquence non pas des mesures de fermeté du gouvernement mais probablement d’orgueil du président de la République, qui refuse les négociations », Benoît Hamon porte-parole du Parti socialiste, à propos de la réforme des retraites, en octobre 2010 .

[2] Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, voir leur communiqué.

[3] Source.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Mer 21 Nov 2012 - 19:37

http://www.rennestv.fr/catalogue/magazine/notre-dame-des-landes-l-inaceptable-interdiction-de-la-presse.html
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 24 Nov 2012 - 12:08

http://www.courrierinternational.com/article/2012/11/23/l-aeroport-notre-dame-des-landes-un-anachronisme a écrit:
FRANCE • “L’aéroport Notre-Dame-des-Landes, un anachronisme”
Rudolf Balmer, correspondant de la Tageszeitung (Allemagne) et de la Basler Zeitung (Suisse), à propos de l’aéroport du Grand Ouest.

Le gouvernement – et en particulier son chef – a-t-il raison de s’obstiner sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ?
Ce projet est un anachronisme. Il me semble qu’il date d’une époque où l’on croyait à une montée exponentielle du trafic aérien. Pas besoin d’être économiste pour comprendre que, dans ce domaine, l’offre ne suffit pas pour créer une telle demande. Le double rôle de Vinci en tant que constructeur et futur concessionnaire de l’aéroport est aussi troublant. Mais c’est surtout sur la concertation – principe pourtant si cher à François Hollande – que le bât blesse : on ne peut pas impunément passer outre au refus de ce projet par une partie importante de la population.

La position des écologistes – dans le gouvernement, mais contre ce projet – est-elle tenable ?

Les socialistes étaient parfaitement au courant du problème. Ce désaccord, connu par tous, ne peut donc a priori constituer une raison de démission des deux ministres verts. Mais, concrètement, il suffirait d’une bavure sur place ou d’une radicalisation du mouvement dans un contexte déjà bien tendu, et les verts ne pourraient plus justifier leur participation à un gouvernement dirigé par M. Ayrault. Pour le moment, les socialistes et les verts veulent jouer la montre, peut-être en espérant que l’hiver calmera l’ardeur des occupants sur place. Mais, théoriquement, il n’existe aucun compromis possible : soit on construit l’aéroport, soit on y renonce. Certains vont forcément perdre la face ! Sauf qu’en politique rien n’est aussi clair. Imaginons que la décision sur NDDL serve de monnaie d’échange : je renonce à l’aéroport (ou je le retarde), tu fais des concessions sur le nucléaire ou la fiscalité écologique…

La mobilisation très hétéroclite des “anti” fait-elle écho à des événements semblables en Allemagne ?

Bien sûr, elle fait penser à la résistance contre les transports Castor [les trains chargés de déchets radioactifs] ou à Stuttgart 21, c’est-à-dire la longue lutte contre le projet d’une gare dans la ville de Stuttgart.
Dans la lutte récente contre les déchets nucléaires de Gorleben, dans le Wendland, on n’observe pas seulement des formes de résistance semblables (routes barrées, cabanes dans les arbres), mais également une solidarité très forte de la population rurale avec les militants antinucléaires des villes, qui sont très politisés et qui intègrent leur combat dans une stratégie altermondialiste.

Manifestation contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes




NOTRE-DAME-DES-LANDES ... Au coeur de la lutte... par lagoradeBretagne

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 24 Nov 2012 - 12:43

Faut regarder les vidéos !
Rien que la première :
On y explique la "zone humide" avec la loi sur l'eau... La collectivité n'a le droit de construire en zone humide, mais Vinci oui
On y explique pourquoi ce sera intéressant pour Vinci et pas pour les collectivités ni même les usagers d'ailleurs.
Vous saviez qu'il y avait 145 aéroport en France déjà ?
(pour comparer : 45 en Allemagne et 30 en Angleterre !!!)
(y prennent pas l'avion les anglais vous croyez depuis leur île ?)
Bref... des détails qui parlent...
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 25 Nov 2012 - 18:59

à lire : Notre-Dame-des-Landes : les recours et leurs chances d’aboutir (un jour)
Citation :
Le gouvernement reporte le début des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes de six mois, mais cela ne sera probablement pas suffisant pour permettre aux nombreux recours d’être jugés.(...)

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 1 Déc 2012 - 18:23



http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2012/12/01/sur-la-piste-de-notre-dame-des-landes/ a écrit:
Sur la piste de Notre-Dame-des-Landes

Régulièrement, le Petit Prince, personnage plein de charmes d’Antoine de Saint-Exupéry, visite de nouvelles contrées pour découvrir la beauté de leurs paysages et surtout les habitudes de leurs habitants qui lui réservent toujours d’immenses surprises. Nous publions ici sa dernière aventure[1] qui l’a conduit au pied d’un bocage ensoleillé et humide à la fois, propice à une bonne cohabitation des humains, de la faune et de la flore, jusqu’à ce que…

En bout de piste…


« Bonjour, dit le Petit Prince.

– Bonjour, dit le ministre le plus important.

– Que fais-tu ? demanda le Petit Prince.

– Je rase une forêt.

– Ah, vous avez trop d’arbres dans votre pays ?

– Nous n’avons pas trop d’arbres, mais ceux-là nous gênent. Nous avons un grand projet d’aéroport dont la réalisation est vitale pour l’aménagement du territoire.

– Le ménagement du territoire ? Qu’est-ce que c’est ? Tu ménages la terre ?

– Non. Aménager le territoire, c’est transformer la terre où il n’y a que des arbres ou des cultures trop diverses, pour construire des routes et des pistes d’atterrissage, avec des hôtels et des commerces tout autour. Ça crée de l’activité et des emplois. Nous en avons besoin, car, tu ne le sais peut-être pas, la crise est là.

– Et vous allez expulser cette crise en la ramenant aux frontières avec les nouveaux avions qui s’envoleront ? Plus il y aura d’avions, plus la crise s’éloignera ?

– Oui, bien sûr, répondit le ministre le plus important. Avec une zone humide protégée, on élève bien quelques tritons et quelques grenouilles, mais ça ne pèse rien dans le PIB. En attirant ici les avions, on incitera les gens à se déplacer, les entreprises à s’installer ou à délocaliser, c’est selon, mais dans tous les cas, l’économie redémarrera. C’est indispensable car, en ce moment, l’économie a un encéphalogramme plat. Il faut lui redonner la fièvre. Faire chauffer les réacteurs sera un bon moyen.



Le Petit Prince se tut un instant, puis, l’air soucieux, reprit :

– Que deviennent les paysans dont vous aménagez les terres ? Sont-ils d’accord pour les abandonner au promoteur ? Et celui-ci offre-t-il des garanties ?

– Nous sommes avec le droit dans nos bottes. Toutes les procédures ont été respectées. Les agriculteurs seront indemnisés. Et nous avons choisi de confier la réalisation de cet aéroport au « premier groupe mondial de concession et de construction » dont « le métier est de financer, concevoir, construire et gérer des équipements qui améliorent la vie de chacun », qui « met sa performance de groupe privé au service de l’aménagement de la ville et du développement des territoires » et qui « crée de la valeur par la performance globale »[2]. Mon gouvernement cherchait un partenaire capable de faire du développement durable et il a trouvé le meilleur. Ainsi, le chantier durera plusieurs années et ensuite l’aéroport servira jusqu’en 2050.

– En réalité, tu as conçu il y a plus de quarante-cinq ans, pendant lesquels l’absence de cet aéroport ne t’a pas gêné, tu vas mettre cinq ou six ans à le construire et dans quarante ans tu devras le démolir. Est-ce bien utile ? D’ailleurs, il me semble avoir observé depuis mon étoile que tu avais déjà un aéroport. Est-ce pour aller de l’un à l’autre sans passer par le centre ville ? Si tu prends 2000 hectares de terres et de zones humides, comment se régulera le débit d’eau sur les bassins versants environnants ?



Le ministre le plus important montra quelques signes d’agacement, mais répondit tout de même :

– Nous avons procédé à toutes les études d’impact nécessaires et comparé les coûts et bénéfices de notre projet, notamment nous doublerons la surface des zones humides pour compenser celles qui seront supprimées. Nous n’avons pas pu nous tromper car nous avons mis en œuvre une Social Cost Benefit Analysis qui est une méthode infaillible. Le résultat est sans équivoque : les bénéfices seront supérieurs aux coûts. L’Aéroport du Grand Ouest sera donc ma pyramide du Louvre. Je pense même qu’il portera mon nom. Il existe déjà un « Roissy-Charles de Gaulle », il y aura bientôt un « Nantes-Ayraulport ».



Le Petit Prince, qui ne renonçait jamais à une question, insista :

– Es-tu certain que l’aéroport actuel soit saturé ? Est-il réaliste de prévoir une augmentation perpétuelle du trafic si le carburant vient à manquer et si son prix décolle encore plus vite que les avions ? Lors de mon précédent voyage, ton prédécesseur m’avait expliqué que c’était ça la loi de l’offre et de la demande : tu ne pourras faire voler tes avions qu’à des prix de plus en plus élevés et tu auras moins de passagers. Et as-tu pensé que, si tes avions réussissent quand même à voler, vous les humains, vous aurez de plus en plus chaud sur votre planète. C’est ça que tu appelles la fièvre pour relancer l’économie ? Cela ne semble pas très raisonnable. Si tu planes un peu, ne devrais-tu pas atterrir ?



Le ministre le plus important faillit perdre patience, mais, se rappelant la devise du président selon laquelle il valait mieux lâcher un peu de mou, entretenir le flou, au risque de « créer un loup »[3], il se maîtrisa et, pour signifier la fin de l’entrevue, prit un ton professoral :

– Gouverner, c’est sérier les problèmes. Ici, les landes de Notre-Dame ne doivent pas devenir des kystes. Je procède donc à la destruction des cabanes, je fais venir des bulldozers plus gros que les tracteurs et mes gendarmes ratissent les bois pour chasser les enkystés. Mon ministre de l’intérieur va envoyer valser tout ça. En même temps, j’ai dépêché ma ministre de l’écologie à Doha pour la réunion de l’ONU sur le réchauffement climatique, car la France a des propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre : nous activons la préparation du réacteur nucléaire Evolutionary Power Reactor. C’est le deuxième pas du changement promis. Et puis, mon gouvernement pense à l’avenir : dans le cadre de la Conférence environnementale, nous lançons un débat sur la transition énergétique que nous plaçons sous l’autorité d’un comité de pilotage, dans lequel il y aura deux anciens responsables de la filière nucléaire, la responsable d’un groupe de réflexion lié aux entreprises du nucléaire et du pétrole, un climatologue de grand renom connaissant bien le nucléaire, plus un expert de l’engagement politique sur les questions environnementales.[4] Fermement, mon gouvernement montre ainsi la direction à suivre : trois pas bien rythmés, un tempo allegro, et je tiens la baguette pour ouvrir le « Bal de la Fauconnerie ». En effet, tous les ans, les rapaces organisent un bal masqué et, cette année, ils ont choisi comme thème celui de la pigeonnerie. En leur honneur, je promeus la croissance de leurs affaires par la baisse du coût du travail sur tous les chantiers et par un crédit d’impôt sans exiger de contreparties car je fais confiance aux chefs d’entreprises. Je n’ai reçu que des félicitations de leur part. Comme tu le vois, je suis le premier ministre le plus important qui réussisse à bâtir l’économie sur un trépied : le travail, le capital et la confiance.[5] C’est la nouvelle équation du changement.

– Ah, je crois comprendre, répondit le Petit Prince. Tu réconcilies le travail et le capital, et tu aménages le territoire en remplaçant dans ton équation la terre par la confiance qui favorise l’éclosion de fleurs en bordure des pistes d’atterrissage. C’est quand même bizarre, car, sur mon étoile, plus on laisse les fleurs libres de pousser là où elles veulent, plus elles sont belles. Tu n’as pas peur que, en bout de piste, elles sentent le kérosène ?



Le ministre le plus important ne l’écoutait déjà plus, il regagnait son studio à Matignon pour travailler sa partition. Il avait à faire. Le compositeur, qui avait été élu président, avait d’abord couché sur les portées des notes en harmonie, donnant un accord majeur parfait : la fondamentale : « l’ennemi, c’est la finance ; la tierce : « le pacte budgétaire sera renégocié » ; la dominante : « la transition énergétique est l’avenir ». Ensuite, des notes produisant des dissonances étranges avaient été entendues : « réduire les déficits pour rassurer les marchés financiers », « le nucléaire, filière d’avenir », « le gaz de schiste, il vaut mieux l’exploiter que l’importer ».



Le Petit Prince, ne sachant plus que penser, poursuivit sa route et il ne tarda pas à rencontrer son vieil ami le renard qui n’avait pas encore été refoulé de sa lande de Notre-Dame.

– Je suis heureux de te retrouver, lui dit le Petit Prince. Les hommes m’étonneront toujours. Il savent que ce qu’ils font peut leur nuire, mais ils le font quand même. Ils disent œuvrer pour le bien commun, mais en confient la réalisation à des profiteurs. Et ils réélisent précisément ceux qui n’ont pas tenu leurs promesses antérieures. Comprends-tu cela ?

– Tu as raison, dit le renard. C’est une énigme. Mais on peut suggérer que tous ces gens-là sont conscients et que, pour masquer leur allégeance à une logique mercantile, ils donnent une apparence d’irrationalité à leurs décisions. Les catastrophes qui s’ensuivent sont alors plus facilement imputables à la fatalité, à un certain ordre des choses. Simultanément, les jeux de pouvoir sont dissimulés : le ministre le plus important que tu as rencontré s’abrite derrière une décision démocratique qu’il a lui-même inspirée ou qu’il a concoctée avec ses semblables. Il voulait depuis son plus jeune âge un nouvel aéroport, comme d’autres jouent au train Lyon-Turin. Il s’arrange pour que la déclaration d’utilité publique soit prononcée sur la base d’une seule étude, ignorant les autres expertises qui invalident la première, notamment celle réalisée[6] à la demande du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport[7]. Il peut ensuite en appeler à la justice pour mettre le projet à exécution.

– Ce que tu me dis là me surprend encore davantage, dit le Petit Prince. Ont-ils tous les droits ? Peuvent-ils exproprier et tout s’approprier comme il leur semble ?

– Ils ont décrété que les landes de Notre-Dame étaient une zone d’aménagement différé qu’ils ont baptisée ZAD. Ils ont ainsi un droit de préemption sur les terres pour en user à leur guise.

– Zad, c’est un joli prénom, mais est-ce que cela compense les inconvénients causés aux paysans et les dégâts créés dans la nature ? Et toi, mon ami renard, que vas-tu devenir, où te retrouverai-je désormais ?

– Tu te souviens, lors de notre première rencontre, le capitalisme voulait dessiner un nouveau modèle et nous disions que son but était de tout marchandiser au nom de la mise en valeur. Eh bien, nous y sommes : la compensation est un truc inventé pour faire avaler une potion amère. En détruisant les landes de Notre-Dame, la biodiversité va disparaître ainsi que la capacité d’absorption du carbone, et les experts ont imaginé une méthode pour calculer la valeur de ce qui disparaît. Par exemple, on multiplie la quantité de carbone qu’une forêt peut capter en une année par le prix de la tonne de carbone sur le marché qui varie en fonction de la spéculation. Puis on demande aux gens combien ils accepteraient de payer pour protéger les grenouilles. On fait la somme et on dit que la nature vaut 15 millions d’euros dans les landes de Notre-Dame. Les experts concluent que c’est dérisoire par rapport aux bénéfices tirés de l’aéroport qui s’élèveraient à 607 millions.

– Cela ne heurte-t-il personne, demanda le Petit Prince ? Si la compensation est un leurre, si la mesure est démesure, que se passe-t-il en faveur de cette zone à défendre ?

– Son avenir est entre les mains des citoyens, répondit le renard. De plus en plus nombreux sont ceux qui viennent, aident les paysans à résister, nouent avec eux des liens en prenant le temps de se connaître, de s’apprivoiser.

– Oui, je reconnais ce mot que tu m’avais appris : s’apprivoiser pour tisser des liens, ces choses qui ne s’achètent pas, un peu comme la fleur de mon étoile. Mais, mon ami renard, que puis-je faire moi aussi pour aider ?

– Tu aides déjà, car tu viens, tu repars vers d’autres contrées et tu reviens encore. Tu es notre colporteur d’images, notre passeur de mots. Les hommes ont inventé l’internet mais ils ne transmettent que du bruit. Il leur manque du sens. Poursuis ton voyage, Petit Prince, pour dire à tous la maxime qu’avait adoptée ton père : « Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »

– Je reviendrai, promit le Petit Prince. J’emporte les senteurs de ta lande de Notre-Dame et les parfums de terre mouillée, cette terre si peu ménagée par les aménageurs. La rosée de vos prés ressemble aux perles d’eau sur les pétales de ma fleur. En chemin vers mon étoile, je dessinerai la vraie piste dont les hommes ont besoin, celle du sens. Le sens des limites à ne pas franchir. Le sens du réel, celui qui fait la vie et efface les mirages.

[1] Les aventures précédentes ont été rapportées dans le livre de Jean-Marie Harribey, Raconte-moi la crise, Lormont, Le Bord de l’eau, 2009.

[2] Vinci, http://www.vinci.com.

[3] Dixit Martine Aubry.

[4] Respectivement, Anne Lauvergnon, ancienne PDG d’Areva, Pascal Colombani, ancien administrateur du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Laurence Tubiana, directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI, où siègent EDF, GDF-Suez, Lafarge, Saint-Gobain, Veolia-environnement, Les Entreprises pour l’environnement (EPE) regroupant notamment Vinci, Total, Bayer, BASF, EADS), Jean Jouzel, climatologue, ancien du CEA et administrateur de l’IDDRI, et Bruno Rebelle, passé par Greenpeace, les communistes, les verts et, pour finir, les socialistes.

[5] Sur France Inter, 28 novembre 2012, Dominique Seux : « Au fond, qu’est-ce que l’économie ? Eh bien, c’est tout simple : du travail, du capital et de la confiance. »

[6] Linda Brinke, Jasper Faber, « Examen de l’analyse globale coûts-bénéfices de l’aéroport du Grand Ouest, Comparaison avec des améliorations sur Nantes Atlantique », Commited to the Environment Delft, octobre 2011, http://aeroportnddl.fr/file/Etude_pertinence_economique_NDL_CEDPA_oct11.pdf.

[7] CéDpa, http://aeroportnddl.fr.

Cet article a été posté le Samedi 1 décembre 2012 dans la catégorie Non classé. Vous pouvez envoyer un commentaire en utilisant le formulaire ci-dessous.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 1 Déc 2012 - 19:12

http://www.bastamag.net/article2797.html
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MessageSujet: protection animale _ construcion d'un aéroport près de Nantes Sam 8 Déc 2012 - 0:01

Edit modération : sujet fusionné

bonjour,

la pétition est répertoriée à ce lien :
http://www.rescue-forum.com/general-and-actualites-sur-animaux-protection-156/aeroport-n-d-landes-quid-oiseaux-73447/

on trouve également sur rescue de nombreux conseils pour prendre soins de ses animaux de compagnie, en adopter etc...
autre site d'intérêt (et pour cause, ma petite soeur en est l'un des membres les plus actifs !) : blackwolf, à ce lien : http://blackwolfpublique.jtkc.org/t318-la-peche-en-eau-profonde-un-desastre-ecologique#1717

merci à tous !
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes

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Notre - Dame - des - Landes

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