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Notre - Dame - des - Landes

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matali
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MessageSujet: Notre - Dame - des - Landes Sam 27 Oct 2012 - 13:09

Rappel du premier message :

http://www.reporterre.net/spip.php?article3331
Citation :
L'appel de deux jeunes paysans à tout ce qui a un nom dans le 'mouvement social'

Si on réfléchit à ce qui se passe à Notre Dame des Landes depuis une semaine, il y a un fait vraiment inquiétant : le silence du « mouvement social français ».

Depuis mardi matin, plus de 500 gardes mobiles ont envahi la campagne tranquille du Nord de Nantes, ils ont chassé les gens de leur habitat, détruit des maisons et enlevées les pierres une par une pour s'assurer qu'elles ne seraient pas rebâties. Depuis six jours, environ 200 personnes dorment chaque nuit sur des barricades, respirent des gazs lacrymo, organisent le ravitaillement des copains en première ligne, tout cela dans une non-violence exemplaire (sinon, il n'y aurait pas cet assourdissant silence médiatique!). Depuis quelques jours, des gros ballots de vêtements, de bottes, de chaussettes, de piles, de pommes, de pâtes, de légumes, de café, de jus de fruits, de barres de céréales, affluent dans le hangar qui sert de QG à la résistance, témoignant que si peu de gens osent s'aventurer dans le « territoire en guerre » qu'est devenu ce beau bocage, il existe une véritable indignation dans la population.

Et enfin bon, des raisons de s'indigner il y en a tout de même : il n'a rien d'autres à faire ce gouvernement que de mobiliser des centaines de flics pendant des semaines pour chasser des gens de leur maison alors qu'il semble qu'il y ait une crise du logement dans ce pays, rien de plus urgent comme dépense que de construire un aéroport pour en remplacer un autre loin d'être saturé alors qu'on nous dit que la priorité c'est de réduire les déficits, rien de plus important que de développer le trafic aérien alors qu'il paraît qu'il y a un truc qui s'appelle le changement climatique ???

Alors pourquoi ce silence ?
- Soit, ce qui est une possibilité réelle, le mouvement social est bien mal en point, tué par la « crise », asphixié par l'arrivée de la "gauche" au gouvernement,
- Soit ce combat n'est pas celui du mouvement social, car ceux qui luttent pied à pied à Notre Dame des Landes ne sont pas très présentables, un peu trop boueux, avec en prime des têtes un peu trop jeunes et que donc certainement ils sont violents, donc peu fréquentables,
- Soit encore vous ne savez pas quoi faire.

Si c'est cette dernière option qui prime, quelques idées :

La résistance à Notre Dame des Landes est incroyable. Il est incroyable que quelques centaines de personnes sans moyen financier, sans soutien logistique aucun à part celui de quelques habitants et paysans des alentours, logeant dans des abris de fortune, sans eau, sans électricité, aux vêtements détrempés, aient résisté une semaine derrière des barricades de bric et de broc face à une véritable armée. Ils sont encore là et ne vont pas lâcher, même si il leur faudra probablement se replier à un moment ou à un autre.

Il ne manque pas de courage ni de détermination à Notre Dame des Landes.
Il manque de la légitimité.
Et cela, vous, vous qui savez écrire, qui avez les arguments en tête, qui êtes reconnus socialement comme des gens « sérieux », qui avez de l'audience auprès des militants de vos organisations, qui connaissez des journalistes, qui êtes en contact avec des politiques, vous qui êtes respectés, vous pouvez le donner à la lutte de Notre Dame des Landes : de la légitimité.


Ce sont des choses que vous savez faire : écrire aux pages débat des journaux, organiser des conférences de presse, passer des coups de fil à droite à gauche, signer des tribunes collectives, intervenir lors de conférences, convaincre des gens connus d'aller à Notre Dame des Landes, ne serait-ce qu'une demi-heure, pour qu'ils puissent dire leur indignation devant les médias, puisque ces médias n'ont rien à faire de l'indignation des gens ordinaires.

Vous savez faire cela et c'est vraiment le moment de le faire maintenant.

Cette lutte est exemplaire et c'est aujourd'hui à chacun-e d'entre vous de permettre au mouvement social dans son ensemble de faire preuve d'une solidarité exemplaire.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

et signez la pétition (si ce n'est déjà fait)
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dame-landes-oui-debat-expulsions-522.html

concernant la lutte des résistant.es de Notre Dame des Landes:

message de soutien de l'union régionale des syndicats CNT Bretagne et Pays de Loire http://www.cnt-f.org/spip.php?article2033
message de soutien des désobéissants http://caamlg.free.fr/?p=1496
communiqué de la fédération anarchiste http://caamlg.free.fr/?p=1494
communiqué de la coordination européenne via campensina http://viacampesina.org/fr/index.php/les-grands-ths-mainmenu-27/rrme-agraire-mainmenu-36/716-droit-a-la-terre-en-europe-non-aux-expulsions-a-notre-dame-des-landes-la-terre-a-ceux-et-celles-qui-la-travaillent

et toujours: le site de la Zone A Défendre https://zad.nadir.org/spip.php?article385
http://www.reporterre.net/spip.php?article3331 a écrit:
(...)Texte de la pétition
L’opposition populaire est de plus en plus large, et les prises de position de plus en plus nombreuses contre ce projet dont il a été prouvé qu’il était nuisible, inutile et gaspilleur de fonds publics, en pleine période de restriction budgétaire.
Nous vous demandons de faire arrêter toutes les opérations policières et les expulsions qui jetteraient environ 150 jeunes dans la rue, à quelques jours de la trêve hivernale !
Il est encore temps d’ouvrir un véritable débat avec une nouvelle étude complète du dossier, menée par des acteurs indépendants et fiables, avant que la situation ne devienne irréparable.(...)

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Dernière édition par matali le Dim 18 Nov 2012 - 12:22, édité 1 fois
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Magakitu
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MessageSujet: protection animale _ construcion d'un aéroport près de Nantes Sam 8 Déc 2012 - 0:01

Edit modération : sujet fusionné

bonjour,

la pétition est répertoriée à ce lien :
http://www.rescue-forum.com/general-and-actualites-sur-animaux-protection-156/aeroport-n-d-landes-quid-oiseaux-73447/

on trouve également sur rescue de nombreux conseils pour prendre soins de ses animaux de compagnie, en adopter etc...
autre site d'intérêt (et pour cause, ma petite soeur en est l'un des membres les plus actifs !) : blackwolf, à ce lien : http://blackwolfpublique.jtkc.org/t318-la-peche-en-eau-profonde-un-desastre-ecologique#1717

merci à tous !
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patatchoupy
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 15 Déc 2012 - 14:11


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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 15 Déc 2012 - 15:34

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matali
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Mer 19 Déc 2012 - 12:50

http://blogs.rue89.com/corinne-lepage/2012/12/18/notre-dame-des-landes-letat-coince-par-ses-concessions-vinci-229218 a écrit:
Notre-Dame-des-Landes : l’Etat coincé par ses concessions à Vinci

Corinne Lepage
Présidente de Cap21
Publié le 18/12/2012 à 18h24

Le fond du problème, en dehors des questions d’autorité et d’amour-propre, n’est-il pas dans l’équation économico-financière à laquelle est confronté l’Etat, pour avoir signé en 2010 une concession [PDF] doublée d’un partenariat public-privé (PPP) particulièrement favorable au concessionnaire Vinci ?
Voir le document

Pour un très grand nombre de nos concitoyens, dont je suis, le projet de Notre-Dame-des-Landes était, dès 2002, un projet qui ne se justifiait pas au regard des besoins. La concertation qui s’est déroulée en 2003 a été incapable de préciser s’il s’agissait de réaliser un nouvel aéroport pour Nantes, de créer un grand aéroport de l’Ouest, ou encore s’il s’agissait d’un troisième aéroport pour la région parisienne.

A l’époque, pas plus qu’aujourd’hui, les questions du bien-fondé d’une nouvelle desserte aéroportuaire au regard des avantages d’un prolongement de la ligne grande vitesse (LGV) jusqu’à Nantes – avec un Nantes-Orly à moins de 1h30 et un Nantes-Roissy à moins de 2h – n’ont pas été posées.

Quand le Conseil d’Etat a validé la déclaration d’utilité publique de 2008, il a également validé la concession pourtant bien défavorable aux collectivités publiques, en admettant, en particulier contre toutes les règles habituelles de la concession, que les collectivités publiques mettent la main au porte-monnaie. En effet, dans une concession, le concessionnaire se rémunère sur l’usager et la collectivité publique n’a en principe pas à payer quoi que ce soit.

Mais la déclaration d’utilité publique a été montée sur un dossier achevé en 2006 avec en particulier une étude [PDF] de coûts-avantages, dont l’institut C.E. Delft a montré que le scénario le plus probable était largement en-deçà des critères de rentabilité d’un tel ouvrage et que les scénarios extrêmement optimistes atteignaient à peine le critère de rentabilité nécessaire, et surtout reposaient sur une erreur d’appréciation portant sur 600 millions d’euros.

Un projet caduc avant même d’avoir commencé

Nous sommes bientôt en 2013 et il suffit d’ouvrir le dossier pour voir que deux éléments remettent en cause le projet (à supposer qu’il fût fondé lorsque la décision a été prise) :

Le scénario le plus pessimiste repose sur un taux de croissance de 1,9% et un prix du baril en 2025 de 60 euros. Le scénario le plus optimiste pour l’aéroport est encore plus irréaliste, puisqu’il envisage un taux de croissance de 2,4%. Ces données sont évidemment fausses, comme le sont du reste les autres données considérant que les enjeux environnementaux sont constants, alors même qu’aujourd’hui la compensation en terme de biodiversité est une obligation et que le système de quotas et d’échanges d’émissions carbone (ETS), même s’il a été reporté, sera mis en place.

La gravité de la crise économique et financière, et en particulier la remise en cause des infrastructures complémentaires qui avaient été prévues –surtout au regard de la LGV vers Orly et Roissy – impose une remise à plat de l’économie générale du projet. Des lors, tous les éléments sont en place pour considérer qu’il y a bien un changement de circonstances de fait permettant l’abrogation du décret, indépendamment du fait qu’il ait été validé par le Conseil d’Etat sur la base des faits antérieurs.

La modification déjà intervenue entre le projet initial, déclaré d’utilité publique, et le projet actuel, qui fait l’objet de la concession, remet en cause la base juridique initiale. En effet, ne peut être réalisé que le projet déclaré d’utilité publique. Le fait que la superficie foncière ait été réduite de moitié, même s’il s’agit d’une bonne nouvelle pour la protection des terres, remet en cause la validité de la Déclaration d’utilité publique (DUP).

On pourrait rappeler le précédent de Creys-Malville en 1997, où le Conseil d’Etat avait annulé la déclaration d’utilité publique au motif que le projet soumis à enquête publique n’était pas le même que celui qui avait été déclaré d’utilité publique, les mesures de sécurité imposées changeant le projet lui-même.
Et si le projet ne se faisait pas du tout ?

Dès lors, une sortie par le haut du fait du changement des circonstances serait parfaitement envisageable. Or, le coût d’un abandon du projet dans l’état actuel de la concession signée en décembre 2010 entre l’Etat et la société concessionnaire aéroport du Grand Ouest serait astronomique.

En effet, l’article 81 de la concession prévoit les conditions de rachat ou de résiliation : en sus des indemnités liées au remboursement de l’encours des financements privés externes, il y a les coûts des instruments de couverture, de l’encours des fonds propres injectés préalablement à la date de résiliation, des frais de résiliation des contrats relatifs au financement privé externe et/ou des contrats passés avec les prestataires, et une clause de remboursement du manque à gagner.

Détails du contrat
L’indemnité est calculée sur la base de « l’intégralité de la valeur actualisée nette des flux futurs (apports, rémunération et remboursement) des fonds propres et quasi fonds propres tels qu’ils apparaissent dans le plan de financement ou évalués à dire d’expert (le choix se faisant en fonction de la solution la meilleure pour le concessionnaire) jusqu’à la fin normale théorique du contrat de concession, actualisée autour de X% plus 4%, X% étant égal au taux de l’obligation assimilée du trésor, avec une durée légale à la moitié de la vie résiduelle théorique de la concession ».

Ce manque à gagner est calculé selon une formule compliquée déterminée si la résiliation intervient avant le deuxième anniversaire de la date de mise en service de Notre-Dame-des-Landes.

Dans la mesure où rien dans le contrat n’est prévu dans l’hypothèse où les travaux ne seraient pas engagés du tout, il est probable que ce soit cette disposition qui soit applicable.

Autrement dit, le coût pour l’Etat serait la totalité de la rémunération prévue jusqu’à la fin de la concession avec une actualisation.

Il semblerait d’après le plan de financement que la rémunération des actionnaires soit de l’ordre d’onze millions d’euros par an, selon les calculs de Mediapart.

Le devenir des terrains actuels pas valorisé

Sans qu’il soit ici possible, compte tenu de la complexité de cette clause, d’en donner une évaluation exacte, il convient de rappeler que la concession est prévue pour 55 ans. Par voie de conséquence, le dédit pour l’Etat serait astronomique...

A moins que le bien-fondé et la légalité de cette clause de dédit ne soient contestés devant un juge, dans la mesure où le préjudice serait réduit d’autant si les grands travaux d’infrastructure de Notre-Dame-des-Landes n’avaient pas démarré et que l’exploitation des deux autres aéroports permettait d’exclure une résiliation de la concession.

On pourrait alors se limiter à une simple application des règles contractuelles habituelles, en particulier celle de la prévision à l’article 74, et même si la position de l’Etat serait affaiblie, compte tenu de la rédaction de cet article.

Le flou – on ne peut plus artistique – qui entoure le sort après 2018 des terrains de Nantes-Atlantique, l’actuel aéroport de Nantes, laisse pantois. En effet, alors que le plan financier laisse apparaître des recettes pour zéro à partir de 2018 pour Nantes-Atlantique et Saint-Nazaire (ce qui laisse dubitatif sur l’idée qu’Airbus resterait puisque sa présence générerait nécessairement des redevances), rien n’est dit sur le sort des terrains après cette date, alors même que la concession serait encore prévue pour près de 50 ans.

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matali
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Mer 26 Déc 2012 - 11:46

http://breizhjournal.wordpress.com/2012/12/20/nddl-laeroport-risque-dinonder-blain/ a écrit:
NDDL : l’aéroport risque d’inonder Blain
20 déc

Entre Blain et les Domaines, au cœur du futur projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, il y a 15 km à vol d’oiseau. A priori, ce n’est pas une commune directement impactée par le projet, qui touche surtout Notre-Dame des Landes et Vigneux. Alors pourquoi l’aéroport présente un risque potentiel pour Blain ? La faute à l’eau – encore elle. Suivez le guide, bienvenue en Bretagne Zone Humide.

L’emprise du projet d’aéroport est formée de 1600 hectares de landes, de vallons et de prairies. Ceux-ci forment un château d’eau qui porte sur deux bassins versants, la Loire et la Vilaine. D’ouest en est, aux abords de la ZAD, on trouve des ruisseaux qui se jettent dans l’étier de Cordemais et de là dans la Loire aval (communes du Temple, Cordemais), deux ruisseaux qui se jettent dans le Canal de Nantes à Brest en amont de Blain, celui de la Goujonnière et celui du Plongeon (communes de Fay, Notre-Dame des Landes, Blain), et deux qui se jettent dans l’Erdre, l’Hocmard, assez loin à l’est de la ZAD (communes de Grandchamp, Sucé, la Chapelle sur Erdre) et le Gesvres qui borde la ZAD au sud (Vigneux, Treillères, la Chapelle sur Erdre) avant de se jeter dans l’Erdre à la Jonelière, au nord de la commune de Nantes. L’Erdre se jette dans la Loire à Nantes et le Canal coule vers la Vilaine à partir du bief de partage du Bout de Bois (commune d’Héric), à 15 km à l’est de Blain.

La ZAD : une éponge vitale

Or, il se trouve que si les 1600 hectares de la ZAD doivent être prélevés pour faire l’aéroport, et donc bitumés ou bétonnés, ils doivent être remplacés à l’identique, par voie de compensation. Ce qui consiste à créer ailleurs des zones humides semblables. Impossible puisque 98% de l’emprise du projet est constituée de zones humides. D’où l’illégalité du projet faute de compensation quantitative de zones humides. Un recours a été introduit par deux associations qui contestent l’utilité de l’aéroport, l’ACIPA et la CédPA, pour non-respect par le projet des directives européennes sur l’eau, devant la chambre des pétitions du Parlement Européen. La pétition sera examinée fin mai et pourrait déboucher sur une condamnation de la France par la Cour de Justice de l’UE.

Or la compensation est surtout impossible du fait de l’emplacement géographique du projet. Dans le plat pays qu’est la Loire-Atlantique (points culminants : 115 mètres près de Fercé et le terril à 220 mètres au-dessus du niveau de la mer à Abbaretz), l’emprise de la ZAD constitue une sorte de haut plateau dont l’altitude varie de 58 à 80 mètres. Une lande gorgée d’eau, couverte de prairies, de bois et de vallons, dans lesquels coulent des ruisseaux intermittents ou permanents. Leur débit varie de jour en jour et selon les saisons. Ils se regroupent à quelques centaines de mètres de la ZAD et descendent à faible pente, ponctuée de prairies humides, vers le Canal au nord et l’Erdre à l’est. Il faut se représenter la ZAD comme une éponge qui capte le gros des précipitations hivernales et les restitue toute l’année par ses ruisseaux. Qu’arrivera-t-il si l’éponge – les zones humides qui captent et retiennent l’eau – est remplacée par du bitume ? L’eau, qui ne sera plus retenue, dévalera rapidement dans les ruisseaux, érodera les pentes et les terres, formera des torrents qui déferleront partout l’hiver.

(...) Non, les zones humides situées plus bas sur le cours du Plongeon ne pourront pas retenir toute l’eau qui dévalera depuis le futur aéroport.

Une commission scientifique formée d’experts en zones humides et hydrologie a été constituée. Elle serait bien inspirée de se pencher sur l’impact causé sur les ruisseaux qui prennent leur source sur la ZAD, sinon, c’est le projet d’aéroport qui risque de faire le grand Plongeon. Rappelons au passage que ce ruisseau qui inquiète tant Blain – et à raison – est systématiquement oublié par les pouvoirs publics. Une déchetterie intercommunale a été ouverte à Notre-Dame des Landes, à la Primais, près du croisement, à l’Arche du Fouan, des axes Blain – NDDL et Fay-Héric. La commune de Blain, consultée et qui donne, lors du conseil municipal du 26 janvier 2012, un avis favorable, constate qu’aucune évaluation de la pollution accidentelle par des métaux lourds n’a été faite sur le ruisseau du Plongeon, qui passe à cent mètres de la déchetterie, n’a été faite. Juste un oubli. Comme l’étude de l’impact de l’aéroport sur le débit du même ruisseau. Un oubli sans conséquence. Jusqu’au jour où Blain sera inondée. Parce que l’Ayraultport le vaut bien ?

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Jeu 27 Déc 2012 - 11:18

http://www.rue89.com/rue89-planete/zapnet/2012/12/25/notre-dame-des-luttes-un-documentaire-intimiste-sur-la-resistance a écrit:
« Notre-Dame-des-Luttes », un documentaire intimiste sur la résistance à l’aéroport

Publié le :
25/12/2012 à 18h25



Le documentariste Jean-François Castell a passé trois semaines au cœur de la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes et nous livre, pour Noël, son regard « à hauteur d’homme » sur cette lutte qui a pris une ampleur exceptionnelle depuis le début de la répression policière le 16 octobre et surtout avec la manifestation de réoccupation du 17 novembre.

A visage découvert, les activistes venus de partout décrivent cette « fraternité » qu’ils ont trouvé dans l’organisation autonome de cette lutte. On les voit au quotidien, se servir dans le « free shop », participer à la cuisine, construire des cabanes habitables, et aussi, résister aux forces de l’ordre qui les poursuivent jusque dans les arbres.

« On ne défend pas ses idées dans son salon », dit une dame venue rejoindre à ce « nouveau Larzac ». C’est appelés par cette nécessité de donner de soi que des centaines de personnes, aux profils très variés, convergent vers ce qui est en train de devenir « un lieu mythique ».

Jean-François Castell, après avoir autofinancé de documentaire, espère en tourner un autre sur cette lutte dont on n’a pas fini d’entendre parler. Pour mieux le connaitre et le soutenir, sa page Espèce de bouc et son site.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 30 Déc 2012 - 14:11

http://parolesdecampagne.blogspot.be/
Paroles de campagne, petites graines semées au vent pour que se lève une plus grande indignation citoyenne.
Citation :
Paysans, nous sommes réputés pour notre bon sens.

Face au projet d’aéroport de NOTRE DAME DES LANDES, notre bon sens est conforté par l’avis d’experts :

les experts du transport aérien parlent d’une « galéjade », une immense bêtise qui ne tient même pas la route techniquement (2 pistes convergentes et moins longues que celles de l’actuel aéroport de Nantes…) ;
les experts économiques (cabinet CE Delft) trouvent d’énormes erreurs dans l’étude économique des porteurs du projet qui avait conduit à la déclaration d’Utilité Publique.

Paysans, nous savons cultiver … cultiver la terre bien sûr, celle de Notre Dame, et cultiver l’humour également.

Nous entrons donc nous aussi en campagne avec ces « paroles de campagne », paroles de paysans opposés au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et commentant l’actualité politique au ras de nos pâquerettes, pour que nos idées essaiment et rassemblent d’autres oppositions à de grands projets inutiles qui ne font qu’alimenter la dette publique.

Paroles de campagne, petites graines semées au vent pour que se lève une plus grande indignation citoyenne.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 13 Jan 2013 - 14:04

Bonjour,
j'ai regardé la première vidéo. J'ai été très étonné. J'habite à 5 kms environ et je n'ai pas eu l'impression que tous ces évènements se déroulaient.
On parle beaucoup de brutalités policières qui sont le fait des manifestants. Mais bon les médias nous façonnent notre opinion comme bon leur semble en racontant ce qu'ils veulent.

Bonne journée.
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matali
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 13 Jan 2013 - 14:19

Louloutte a écrit:
(...) On parle beaucoup de brutalités policières qui sont le fait des manifestants. (...)
Qu'entends-tu par là ? "Les brutalités policières sont faites par les manifestants" ?

En effet les médias nous manipulent.
Les témoignages des personnes qui sont dans la zone concernée ont une valeur différente.
Les vidéos et articles relayés ici viennent en partie des médias et en partie des habitants de la zone. N'habitant pas la zone ni même à côté, nous recherchons tous les moyens d'informations possibles.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 13 Jan 2013 - 21:18

matali a écrit:
Louloutte a écrit:
(...) On parle beaucoup de brutalités policières qui sont le fait des manifestants. (...)
Qu'entends-tu par là ? "Les brutalités policières sont faites par les manifestants" ?


Bonsoir,
j'entend par là que ce sont les manifestants qui font le bazard, et les forces de l'ordre sont obligées d'intervenir.
L'identité des habitants est contrôlée dès qu'ils veulent rentrer chez eux.
Maintenant la dernière manifestation dont nous avons pu avoir écho s'est déroulé le week end dernier, ils ont organisés un festizad sur tout le week end.
Je ne sais pas s'ils arriveront à avoir gain de cause mais malheureusement je pense que les dés sont déjà jetés, il y a trop d'argent qui a été engagé.

Bonne soirée.
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Lun 14 Jan 2013 - 20:59

"Les manifestants font le bazar"... (non ils tricotent).

Rien ne justifie la brutalité. RIEN. Et surtout pas celle de l'Etat. Pas même la brutalité que l'on peut recevoir d'en face (et jdis pas là de tendre la joue pour recevoir la gifle, simplement on est dans un Etat de droit et la loi du Talion merci mais non merci. L'Etat nie ses propres lois. Tout va bien Madame la Marquise).

"J'habite à 5 kms environ et je n'ai pas eu l'impression que tous ces évènements se déroulaient" => Je ne crois pas qu'habiter à 5km donne mieux une vue de ce qu'il se passe "sur le VRAI terrain" (et non aux alentours) que lorsqu'on est à 100km. La preuve, Louloutte "d'impressions" et non de "vu" ou de "vécu"... Au final, être "proche" du terrain, ça n'est toujours pas y être...
Les contrôles d'identité, c'est très encadré NORMALEMENT, par la loi, mais je suppose qu'ils s'en donnent à coeur joie, et que ça donne aux personnes habitant aux alentours une impression de nécessité de ces contrôles; du genre, dans la tête des gens peut être que : "s'il y a des contrôles, c'est que c'est nécessaire et que les manifestants ont fait le 'bazar' "...alors que ça n'est peut être pas le cas du tout... non ?
_________________
"Moi je vais venir te voir à ta nouvelle maison avec ma moto (comprendre : mon tricycle jaune) et je prendrais le gros chemin (comprendre : l'autoroute) pour venir à ta maison" Je t'attends ptit frère... mais à 3 ans je doute que tu réussisses à attraper le ticket d'autoroute sans escabeau !
Who says witches aren't pretty ?
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Lun 14 Jan 2013 - 21:33

Bonsoir,
je suis tout à fait d'accord avec toi Ëarwen.

A chaque fois que des personnes extérieures nous disent qu'il y a eu du gabruge nous sommes étonnés car nous ne voyions rien.
Il y a des manifestants qui viennent comme chacun faire leurs courses et nous n'avons aucun problème avec eux.
Le fait d'avoir pu voir l'épisode filmé de l'intérieur je trouve ça bien car au moins nous pouvons nous faire une idée de ce qui se passe vraiment et non pas seulement de ce qu'on veut bien nous montrer ou nous faire croire.
En ce qui concerne les contrôles d'identité je ne suis pas vraiment sûre que les personnes qui doivent se justifier d'habiter sont vraiment heureux de subir tout ça. Mais bon les autorités doivent comme tu le dis certainement s'en donner à coeur joie.

Bonne soirée.
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Lun 25 Mar 2013 - 21:25

http://www.journaldelenvironnement.net/article/notre-dame-des-landes-l-opposition-est-desormais-europeenne,33736?xtor=RSS-31 a écrit:
L’opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) a franchi officiellement, ce 20 mars, les frontières de l’Hexagone. La commission des pétitions du Parlement européen a en effet examiné, à Bruxelles, les pétitions déposées au nom de plusieurs associations dont Acipa (1), Cedpa, et France Nature Environnement, opposées au projet.

Selon le pétitionnaire et juriste spécialisé en droit de l’environnement Raphaël Romi, ce projet enfreint la législation européenne et en particulier la directive sur l’évaluation des incidences sur l’environnement, puisque le choix de cette implantation n’a pas fait l’objet d’une consultation publique et qu’aucune compensation pérenne n’a été prévue, alors qu’une zone de marais protégée est touchée.

Il ajoute que la directive-cadre sur l’eau n’est pas non plus respectée (article 9) -puisque 98% de cette zone de marais sera effectivement détruite-, tout comme la directive Habitats et la directive Oiseaux, en raison des menaces pesant désormais sur plusieurs espèces protégées.

Au cours de l’audition, l’eurodéputé Yannick Jadot (Europe Ecologie-les Verts) a rappelé qu’aucune zone alternative n’avait été étudiée depuis le choix arrêté par la France en 1974. Sa collègue Sandrine Bélier a insisté sur «l’urgence d’envoyer une mission d’enquête parlementaire sur le terrain, pendant qu’il est encore temps».

Au final, le Parlement et la Commission ayant accepté de se saisir du dossier, celui-ci n’est plus franco-français, mais désormais européen.

La commission des pétitions a annoncé avoir demandé des informations complémentaires au gouvernement français, qui doit les lui fournir au plus tard mi-avril.

«On va attendre les arguments présentés par le gouvernement et on le rappellera à l’ordre s’il prend du retard dans sa réponse, tout en regrettant qu’il n’ait pas daigné être présent à l’audition», a indiqué au JDLE Sandrine Bélier. Dans l’hypothèse où aucune réponse n’est donnée au mois d’avril, l’eurodéputée EELV précise que la commission des pétitions sera saisie de nouveau.

A 700 kilomètres de Bruxelles, sur le terrain de Notre-Dame-des-Landes, la mobilisation ne faiblit pas pour autant puisqu’une chaîne humaine est organisée le 11 mai prochain, pour enterrer définitivement le projet.

(1)Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

(2)Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 14 Avr 2013 - 10:48

http://www.francetvinfo.fr/a-notre-dame-des-landes-plus-d-un-millier-d-opposants-manifestent-contre-le-futur-aeroport_303007.html a écrit:
A Notre-Dame-des-Landes, plus d'un millier d'opposants manifestent contre le futur aéroport
Mis à jour le 13/04/2013 | 19:08 , publié le 13/04/2013 | 19:05

Les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont manifesté sur le site retenu pour le projet, samedi 13 avril.
(JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Ils ne veulent pas laisser le champ libre à Vinci. Plus d'un millier d'opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont organisé une manifestation, samedi 13 avril, sur le site dédié au projet. Au programme de la journée, nommée "Sème ta Zad! [zone d'aménagement différé]", des plantations de pommes de terre ou un curage des fossés.

L'un des groupes a emprunté la "RD281", une route barrée de chicanes depuis le début des tentatives d'expulsion en octobre 2012. "Avec les différents chantiers agricoles, nous renforcerons l'implantation dans la durée des occupations sur la Zad", a expliqué à la mi-journée un porte-parole des opposants, monté sur une remorque.

Dans un champ, une vingtaine de militants ont enrichi à l'aide de fumier un grand jardin maraîcher collectif. Dans un autre, des rangs de pommes de terre ont été plantés. Au nord, où la ferme de Bellevue est occupée depuis janvier par des agriculteurs pour éviter sa destruction, plusieurs centaines d'opposants se sont également rassemblés.

La commission du dialogue a rendu un avis favorable au projet, mardi 9 avril, mais en réclamant de nombreux aménagements qui devraient repousser le chantier de plusieurs mois. Deux autres rapports ont été remis au gouvernement le même jour, l'un sur l'avenir des terres agricoles et l'autre sur l'environnement.

Francetv info avec AFP

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 12 Mai 2013 - 11:00

hhttp://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130511.OBS8713/notre-dame-des-landes-milliers-de-personnes-pour-la-chaine-humaine.html a écrit:
Chaîne humaine géante à Notre-Dame-des-Landes
Créé le 11-05-2013 à 14h16 - Mis à jour à 20h54

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Ils sont entre 12.000 et 40.000 opposants à l'aéroport, et sont venus en voiture, en covoiturage, en vélo ou même à pied pour encercler la zone du projet.

De 12.000 (selon la préfecture) à 40.000 (selon les organisateurs) opposants à l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, venus de toute la France, ont formé samedi 11 mai une chaîne humaine géante de 25 km, qui selon les organisateurs, a encerclé toute la zone du projet.


"Nous avons bouclé la chaîne, plus de 25.000 personnes [le chiffre nécessaire pour le périmètre de 25 km selon les organisateurs, NDLR] sont sur place et ça continue à arriver", ont annoncé les organisateurs peu après 14h30.

Une demi-heure plus tard, ils ont estimé que 40.000 personnes avaient répondu à leur appel "comme le 17 novembre", lors d'une première grande manifestation contre ce projet, alors que des opérations d'expulsion des opposants par les gendarmes avaient débuté un mois plus tôt.

La préfecture de Loire-Atlantique a elle estimé la mobilisation à 12.000 personnes à 15h45, en précisant que la chaîne n'était pas complète sur certaines portions.

Un photographe et une vidéaste de l'AFP, qui ont survolé la zone en hélicoptère, ont constaté de visu que la chaîne, bien qu'incomplète sur certains brefs tronçons, comptait deux à trois rangs à d'autres endroits.

"Ce que nous voulons c'est l'arrêt de ce projet"

"C'est une victoire de la mobilisation citoyenne", a souligné sur place Jean-Philippe Magnen, porte-parole d'Europe-Écologie-Les Verts (EELV), venu participer à la chaîne avec les principaux dirigeants d'EELV comme le secrétaire national, Pascal Durand, ou l'ancienne candidate à la présidentielle, Eva Joly.

"Le projet n'est pas abandonné : ce que nous voulons c'est l'arrêt de ce projet", a souligné Eva Joly.

"Nous avons bien conscience que les porteurs du projet n'ont pas intention d'abandonner et que leur stratégie est l'enlisement", a pour sa part lancé une des opposantes historiques, Françoise Verchère, conseillère générale (Parti de gauche) et présidente du Cedpa (élus doutant de la pertinence de l'aéroport).

Des opposants se réclamant pour la plupart des plus de 200 comités anti Notre-Dame-des-Landes de toute la France, de Savoie, de Lille, de Béziers mais aussi de nombreux venus de Bretagne, avaient fait le déplacement en famille, en voiture, en covoiturage, en autocar, en vélo pour certains nantais, bretons ou vendéens, ou même à pied.

(...)



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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 12 Mai 2013 - 15:40

c'est toujours pas gagné si je comprend bien................
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 12 Mai 2013 - 16:12

Nan.
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Dim 12 Mai 2013 - 17:45

http://www.bastamag.net/article3042.html a écrit:
Agriculture de demain
Notre-Dame-des-Landes : paysans et occupants mènent leur propre opération d’utilité publique

Par Nolwenn Weiler, Sophie Chapelle (15 avril 2013)

C’est une foule armée d’outils agricoles qui a envahi la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes ce 13 avril. Objectif : cultiver et expérimenter là où l’État, une majorité d’élus locaux et le groupe Vinci veulent bétonner. Symbole de l’alliance entre les paysans et les occupants, l’opération « sème ta ZAD » marque une nouvelle étape dans les projets d’autonomie alimentaire et de pratiques écologiques portés par les opposants à l’aéroport. Des expérimentations agricoles qui visent à répondre aux défis climatiques et énergétiques. Tout le contraire du futur aéroport.

La ferme de Bellevue est encore debout. Située au cœur de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, elle aurait dû être rasée à la fin du mois de janvier. « Nous avons guetté le départ du paysan, pour que les bulldozers n’aient pas le temps d’arriver, témoigne Juliette, une retraitée qui vit temporairement sur place. Quand il a fermé la porte, nous avons investi les lieux. » Pour décourager les forces de police, une chaîne de tracteurs a été formée autour de ce lieu de résistance au projet d’aéroport.

Selon le calendrier de ses promoteurs, le nouvel aéroport doit entrer en service en 2017. Dans quatre ans, à la place de la somptueuse allée d’arbres centenaires qui mène à Bellevue, des plaques de bitume et le bruit assourdissant des gros porteurs. Car la ferme est située au bord de la future piste Nord. Les voyageurs pourront cependant continuer d’admirer un aperçu du peu qui restera de ces 2 000 hectares de bocages riches en biodiversité : grâce à un « musée du bocage » intégré au projet, ou aux haies artificielles qui tenteront de reproduire sa géographie oubliée entre les places des parkings géants gérés par Vinci.

Légumes ou bitume ?

Pour le moment, haies naturelles, bosquets non virtuels et chemins avec de la vraie boue sont encore là, autour de la ferme. Grâce à la garde constante des occupants de la ZAD. « Il y a des tours de garde, jour et nuit, pour que le lieu ne soit jamais vide », détaille Juliette. Ce midi, une dizaine de personnes revenues des travaux de maraîchage, des fours à pain, ou d’un chantier de construction d’une maison en bois s’attableront dans la cuisine, comme tous les jours, ou presque, dégustant des plats en partie issus de la production locale. « C’est important et agréable de bien manger quand on travaille dehors toute la journée », sourit Juliette. Dans quatre ans, les voyageurs qui avaleront un plat cuisiné industriel ou une viennoiserie décongelée dans les espaces restauration de la zone d’embarquement auront peut-être une pensée émue teintée de mélancolie pour la manière alternative dont on voulait vivre, ici.

La ZAD aujourd’hui :

La ZAD vue par Vinci et l’État :

Car ce 13 avril, les opposants à l’aéroport mènent une journée « Sème ta ZAD » : une opération collective de mise en culture des terres que Vinci et l’État prévoient de bétonner. Après la grande manifestation de reconstruction de cabanes du 17 novembre 2012, qui a rassemblé près de 40 000 personnes, place donc au travail de la terre. Une mise en culture brandie comme un acte de résistance au projet de bétonnage. Et comme une alternative de société. « Cultiver la terre, collectivement, c’est proposer un autre monde que celui du développement infini, de la croissance, de la sur-consommation que symbolise l’aéroport », témoigne une Camille (nom collectif des occupants à Notre-Dame-des-Landes). Les averses intermittentes et insistantes ont rendu les semailles prévues impossibles. Mais les chantiers de préparation ont animé les champs et chemins de la ZAD tout au long de la journée et occupé entre 2 000 et 3 000 personnes. Certains érigent des petites buttes de terre, avant de planter, une pratique issue des expériences d’agroécologie. D’autres montent des serres.

Ce n’est pas la première fois que les riverains de la ZAD voient défiler une foule armée d’outils agricoles. En mai 2011 déjà, un solide cortège s’était ébranlé en direction du lieu-dit Le Sabot. Pour défricher, labourer, et planter de quoi subsister. « C’était un moment très fort, se souvient Marie, une voisine de la ZAD. Être simplement là, tous ensemble, à construire, cela noue des liens. Et puis on travaille à se nourrir. Cela a beaucoup de sens. » C’est autour du Sabot que se sont tissés les premiers liens entre paysans et occupants. C’est aussi là que les forces de l’ordre se sont acharnées, en octobre dernier, en saccageant les potagers. Mal leur en a pris. Elles ont rendu les amitiés plus solides, entre paysans et occupants, entre générations, cultures d’engagement et histoires de vies différentes.

La ZAD, un champ d’expérimentation

« Sème ta ZAD, c’est un processus, qui prolonge ces rencontres et les assemblées paysannes qui ont eu lieu tout l’hiver », explique Raoul, qui vit sur place depuis plusieurs mois. « C’est vraiment le symbole de l’alliance entre les occupants et les paysans », poursuit Juliette. « Il y a une convergence de luttes : pour d’autres modes de vie et de travail, et contre la spoliation des terres agricoles. Il y a des échanges très forts entre nous. Et entre gens de diverses générations. Ce n’est pas possible de réduire ce qui se passe ici à un conflit entre tenants de barricades et forces de l’ordre. »

« Ils nous ont apporté des fèves, en nous expliquant comment les cuisiner. Nous avons travaillé le sol, pour pouvoir les semer », illustre Cyril, un agriculteur installé non loin de Notre-Dame-des-Landes. « Les collectifs de la ZAD préfèrent les productions bio, avec une vision de la consommation très intéressante. Dans laquelle on réfléchit à ne pas gaspiller. Et où l’on diminue les protéines animales, pour aller vers des protéines végétales. Avec la crise énergétique actuelle, nous n’aurons pas le choix que de modifier nos comportements. La ZAD est pour cela un champ d’expérimentation très intéressant. »

Pour 2017, Vinci envisage la création d’une Amap (Association de maintien de l’agriculture paysanne) pour que les personnels travaillant à l’aéroport puissent s’approvisionner en produits locaux et bio. « Dégagé du souci de rendement et de vente, le producteur recherche la satisfaction des consommateurs en privilégiant les variétés végétales – ou races animales – du terroir ou anciennes reconnues pour leur qualité gustative », expliquait le géant du BTP dans une annexe de son projet de contrat de concession. Exactement ce que souhaitent faire paysans et occupants des 2 000 hectares de la ZAD, que la multinationale attend de voir vidée de ses occupants pour entamer les travaux. Mais les produits ne proviendront plus du bocage recouvert de béton. Bagagistes, hôtesses et agents de l’aéroport pourront toujours se souvenir de la manière dont on produit légumes et fruits grâce à l’« espace de déambulation et propice à l’attente bénéficiant d’un point de vue sur les jardins botaniques », que prévoit Vinci dans la zone d’embarquement.

Une occupation d’utilité publique ?

Celles et ceux qui s’investissent dans la ZAD pensent déjà à l’avenir, sans aéroport. « Nous continuons à occuper mais nous souhaitons anticiper les questions qui se poseront après l’abandon du projet d’aéroport. Pour que cet endroit ne se retrouve pas sans rien du jour au lendemain. Avec l’invasion de projets agricoles intensifs contre lesquels on se bat aussi. Parce qu’ils vont à l’encontre de l’autonomie des paysans, et du respect de la terre. » Les projets agricoles à petite échelle, qui puissent donner du travail à tous, sont donc privilégiés. Ce qui correspond à ce que défendent les organisations professionnelles réunies au sein du « Copain » (Collectif d’organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport).

Les rêves semés sur la ZAD sont incompatibles avec les récentes conclusions du volet agricole de la commission du dialogue. Nommée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour rediscuter de l’utilité du projet, et proposer des modifications à la marge, cette commission reconnait le manque de sérieux des prévisions de compensation pour les agriculteurs. Elle suggère que 8 à 17 hectares supplémentaires ne soient pas enfouies sous le béton. Problème pour le concessionnaire : cela signifierait rogner sur les parkings, l’un des pilier de la rentabilité financière du projet.

L’assiette de 2050 testée à Notre-Dame-des-Landes

Les réflexions menées dans la ZAD font écho à une autre vision du développement. Celle d’un scénario agricole, moins consommateur d’énergie et moins émetteur de gaz à effet de serre, « basé sur une transition alimentaire visant à inverser le rapport entre protéines animales et végétales dans notre alimentation, ainsi qu’à limiter les gaspillages. » Ce scénario, élaboré par l’association Solagro et baptisé Afterres 2050, propose une autre utilisation des terres d’ici 2050, un usage qui puisse répondre aux défis de demain : nourrir la France malgré les contraintes énergétiques sans aggraver la menace climatique. « Notre assiette en 2050 sera plus riche en céréales, fruits, légumes, coques (noix, amandes). Elle contiendra deux fois moins de lait et de viande », détaille l’association Virage Énergie-Climat qui décline localement ce scénario.

Et c’est bien dans cette perspective que s’inscrivent les expérimentations menées à Notre-Dame-des-Landes. L’assiette que l’on sert déjà dans les cabanes et fermes occupées de la ZAD ressemble à s’y méprendre à celle prônée par les promoteurs d’une autre agriculture, et illustre très concrètement le changement. Bref, une toute autre ambition que celle de répondre à une hypothétique hausse du trafic passagers de l’aéroport de Nantes. Lequel de ces deux projets peut-il se réclamer de la plus grande utilité publique ?

Texte : Nolwenn Weiler, avec Ivan du Roy

Vidéo : Sophie Chapelle

- Photos : Basta !
- Vue parking : Vinci

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Sam 15 Juin 2013 - 12:42

http://www.bastamag.net/article3091.html a écrit:
Greenwashing
Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : modèle environnemental ou farce écologique ?

Par Nolwenn Weiler (13 juin 2013)

Autoroutes zen, aérogares basse consommation, pistes cyclables, musée du bocage, déménagement des écosystèmes menacés… Vinci et ses prestataires n’ont pas lésiné sur les arguments « verts » pour vendre leur nouvel aéroport. Ses « espaces de respiration » en feraient presque une réserve naturelle ! Malgré tous leurs efforts, le projet de compensation de la biodiversité conçu par la multinationale a été invalidé. Décryptages.



L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera exemplaire au niveau environnemental. Le bocage en sera même l’emblème. Parole de Vinci. D’ailleurs, « contrairement à ce que l’on entend, le nouvel aéroport ne va pas consommer beaucoup d’espace » assurait Nicolas Notabaert, président de Vinci Airports. 1200 hectares, seulement... La multinationale concède que la future infrastructure aura des effets « importants et inéluctables » sur la campagne. Mais ces dommages seront quasi-annulés, promet-on, par le projet paysager. Et ses concepteurs ne manquent pas d’imagination.

Bernard Lassus, architecte paysagiste du projet explique ainsi vouloir « pousser le bocage jusqu’au bord des pistes du futur aéroport » [1]. A croire que l’aéroport étendra le bocage ! « Sur les photo-montages de Vinci, c’est tellement vert que l’on se demande même où les avions vont atterrir » ironise Jacques Testard, militant d’Europe Écologie-les Verts et membre de l’Acipa, association historique des opposants à l’aéroport. La multinationale s’engage à planter des centaines de mètres de haies autour du tarmac. Les échangeurs et les abords de routes menant à l’aéroport ressembleront eux aussi à des parcs. Le tout formant « un espace de respiration » entre cet aéroport haute qualité environnementale (HQE) et l’agglomération nantaise.

Haies synthétiques et autoroutes zen

Cet « espace de respiration » sera truffé de « routes apaisées ». Ce concept « permet d’obtenir des vitesses de circulation limitées qui assurent de traverser le paysage en l’appréciant et en s’en imprégnant ». A cette ambiance zen, il manque encore des séances de lévitation sur les bandes d’arrêt d’urgence... Il y aura en plus des « liaisons douces » poursuit l’étude d’impact [2]. « Le barreau routier qui permettra la desserte de l’aérogare accueillera une piste cyclable sur toute sa longueur. Des accès cyclistes proviendront également de toutes les communes alentours », ajoute Vincent Bettinger, directeur projets et développement chez Vinci construction France.

Mieux : « Il y aura très peu de circulations d’avions. Ce qui permettra à nos clients compagnies aériennes de se rendre directement au décollage et de consommer très peu de kérosène ». Doit-on en déduire que l’aéroport n’est pas vraiment nécessaire ? Pour les riverains inquiets de respirer quotidiennement des métaux lourds, du dioxyde de souffre et du CO2 en masse, un dispositif de surveillance de la qualité de l’air sera mis en place. Rassuré ? Il y aura enfin, pour ceux et celles qui regretteraient la majesté des arbres centenaires qui ornent actuellement les sentiers qui parcourent la zone, un musée dédié au bocage et à son histoire.

Des aérogares basse consommation

Cette addiction de Vinci pour la verdure n’est pas sans poser quelques problèmes techniques. « Les oiseaux apprécient de nicher dans les haies mais sont nuisibles au trafic aérien. (…) », rappelle le paysagiste Bernard Lassus. La solution ? « Recourir partiellement à des haies artificielles pour faire aboutir le projet là où la sécurité aérienne est en jeu... » Autre technique pour éloigner les dangereux volatiles : l’introduction d’une réglementation locale pour éliminer les plantations – comme le blé – susceptibles de trop attirer les oiseaux. Le cabinet d’étude Biotope, qui a réalisé l’étude d’impact, propose de son côté de déplacer les troncs de vieux chênes abattus « sur un autre secteur favorable » où ils feraient l’objet d’une « gestion adéquate » pour protéger d’éventuels insectes rares nichant dans les dits troncs. Gardien de grume, un futur métier pour les zadistes ?

Après les bretelles d’autoroutes zen et le bocage de synthèse, voici les aérogares économes en énergie. La toiture sera végétale, et plissée, de façon à profiter au maximum des rayons du soleil pour limiter les dépenses en chauffage et en éclairage. « Nous irons probablement au-delà des demandes exprimées à travers la norme BBC [3] pour tout ce qui touchera la consommation énergétique et l’isolation des bâtiments », s’enthousiasme même Tanguy Bertolus, directeur technique de Vinci Airports. Les constructions auront recours à « une grande part de bois pour assurer l’intégration du bâtiment dans son environnement naturel » . Vinci prélèvera-t-il ce bois sur la ZAD dans un souci d’attention aux circuits courts ? L’origine du bois n’est pas mentionnée. On ne sait pas non plus quelles épaisseurs de matériaux d’isolation, ni quel mode de chauffage permettront d’atteindre des consommations écologiquement ultra compétitives. Mais les objectifs sont là : « Diviser par trois le bilan carbone par passager du futur aéroport du grand ouest par rapport à Nantes Atlantique aujourd’hui. » [4]

Détruire et compenser la biodiversité

Autre pilier du « verdissement », la compensation. Ce principe, confirmé par les lois du Grenelle de l’environnement, consiste à compenser plus loin la biodiversité que l’on détruit ici. A Notre-Dame-des-Landes, Vinci promet de refaire des mares, de prendre soin de zones humides situées hors des terres promises au béton, ou encore de passer des contrats avec des agriculteurs qui auraient des pratiques respectueuses de l’environnement.

Problème : pour compenser, encore faut-il dresser l’inventaire exact de ce qui va être détruit. La direction de Vinci évoque sa « démarche exemplaire pour dresser un inventaire complet du site sur la faune et la flore. » Une auto-congratulation que ne partage pas un collectif de naturalistes créé pour l’occasion, les « naturalistes en lutte ».« De nombreuses insuffisances ont abouti à un état des lieux tronqué de l’intérêt écologique de la zone d’aménagement différée (ZAD) » dénoncent-ils. « Les fonctionnalités des zones humides ont été systématiquement sous-évaluées, et leur nombre sous-estimé ». Exit par exemple leur rôle dans le cycle du CO2, qu’elles peuvent stocker en grande quantité. L’inventaire, réalisé par les experts du cabinet Biotope, aurait oublié des espèces, notamment la loutre d’Europe, une espèce protégée.

Déménager des écosystèmes

La perte des écosystèmes ne sera pas non plus intégralement compensée. Vinci applique un coefficient qui peut aller de 1 à 8. Huit hectares considérées comme de « faible valeur » pourront ainsi être compensés par la bonne gestion environnementale d’un seul hectare « à forte valeur ». Les naturalistes protestent contre ces calculs, dénués selon eux de « base scientifique sérieuse ». Vinci devra cependant dégoter 640 hectares pour installer mares, flore, tritons ou loutres, à la place des 1140 hectares dégradés.

Enfin, ces nouveaux écosystèmes, si tant est qu’ils survivent au déménagement, ne seront pas forcément protégés sur le long terme. Rien n’empêche d’y réaliser de nouveaux aménagements. D’autant que l’avenir foncier de la zone, une fois dotée d’un aéroport, est très incertain. Et aucune sanction n’est prévue au cas où le promoteur du projet ne tiendraient pas ses promesses de compensation.

Greenwashing invalidé

La méthode de compensation proposée par Vinci a de toute façon été invalidée, le 9 avril par le comité d’experts scientifiques que Jean-Marc Ayrault avait nommé en novembre 2012. En cause : la complexité des calculs, l’insuffisance de l’état des lieux initial de la biodiversité, l’incertitude sur la mise en œuvre des mesures de compensation promises et l’absence d’obligation de résultat.

Dès le lendemain, le conseil national de protection de la nature (CNPN) faisait « siennes les réserves présentées dans le rapport », demandant que celles-ci « soient effectivement prises en compte par le maître d’ouvrage ». La poursuite du projet est désormais conditionnée à la levée de ces réserves.

« Le projet d’aéroport du Grand-Ouest (...) fera toute sa part au défi écologique, sans l’opposer au développement économique, seul à même d’assurer la cohésion sociale et la qualité de la vie », ont réagi quatre jeunes élus socialistes « pour l’aéroport » dans une tribune publiée par le quotidien Ouest-France le 9 mai dernier [5]. Si le défi écologique se résume à déménager mares et tritons et à instaurer des « espaces de respiration » le long des bretelles d’autoroutes... C’est pas gagné !

Nolwenn Weiler
Notes

[1] Toutes les citations de Nicolas Notabaert, président de Vinci Airports, de Bernard Lassus, architecte paysagiste, de Vincent Bettinger, directeur projets et développement chez Vinci construction France et de Tanguy Bertolus, directeur technique de Vinci Airports, sont tirées du dossier consacré au futur aéroport par Le Nouvel Ouest, mensuel nantais, en novembre 2011.

[2]  Étude d’impact précédant la déclaration d’utilité publique de l’aéroport, en février 2008.

[3] BBC= bâtiment basse consommation. Pour les constructions résidentielles neuves, l’objectif de consommation maximale en énergie primaire fixé à 50 kWh/m².an, soit trois fois moins que ce que consomme les logements en France, en moyenne.

[4] Eric Delobel, directeur de projet de la société AGO (aéroport du grand ouest). Voir la vidéo sur le site d’AGO.

[5] Nathalie Appéré, première adjointe au maire de Rennes ; Frédéric Béatse, maire d’Angers ; Christophe Clergeau, premier vice-président des Pays de la Loire ; Johanna Rolland, première ajointe au maire de Nantes.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Jeu 1 Aoû 2013 - 13:19

http://www.notredamedeslandes2013.org/ a écrit:
Enterrons définitivement le projet de Notre Dame des Landes !

Nous constatons qu’un coup d’arrêt à l’avancée d’AGO/Vinci et de l’Etat est bien réel sur le terrain depuis quelques semaines déjà.

Fortes des avancées acquises ces derniers mois (...), l’ACIPA et la Coordination des opposants entendent augmenter la pression sur les décideurs en organisant le grand rassemblement estival devenu traditionnel mais qui, cette année, va prendre une ampleur inégalée. Elles invitent l'ensemble des comités de soutien à organiser largement l'information et la mobilisation pour le rassemblement NDL 2013 comme ils ont su le faire au lendemain de l'invasion policière du 16 octobre sur la ZAD. La formidable et inventive force collective qu'ils représentent construira avec nous la réussite.



Pour autant, le projet d’aéroport est loin d’être définitivement stoppé !

La victoire, c'est maintenant... qu'il faut l'arracher ! C'est possible, les porteurs du projet s'étant obstinément fourvoyés dans une impasse politique majeure, tant par leurs exactions sur la ZAD (expulsions, destructions de maisons, agressions policières...) que par leurs mensonges répétés et leur mépris affiché des conclusions des trois commissions, en particulier celles du Comité scientifique !

Le week-end des 3 et 4 août sera festif et militant.

Militant : Dans la continuité de nos rassemblements des précédents étés, nous poursuivrons la réflexion sur des thèmes qui nous sont chers car liés à ce projet d'aéroport de Notre Dame des Landes. De nombreux forums de discussion nous rassembleront :

autour des Grands Projets Inutiles Imposés partout en France et hors de France,
autour des terres nourricières,
autour de la Transition écologique et énergétique,
autour de l’Urbanisation, de l’Aménagement du territoire, des Transports,
autour de l’Eau et de la biodiversité, ..


Réflexions actives, pour inventer, construire des alternatives...

Festif : après les collectifs d’élu-e-s, de pilotes, de géographes, de juristes et de naturalistes, ce sont les artistes musiciens qui ont souhaité prendre leur part dans la lutte de Notre Dame des Landes. Près de 30 groupes de tous genres musicaux participeront ainsi à l’évènement de l’été 2013. Les enfants ne seront pas oubliés : des lieux de jeux et de détente seront aménagés pour eux et des spectacles leur seront aussi proposés.

Une semaine après le 3ème Forum européen contre les Grands Projets Inutiles et Imposés qui se tiendra à Stuttgart,

Le Rassemblement 2013 de Notre Dame des Landes sera
LE rassemblement incontournable de l'été
pour la défense des terres et des emplois agricoles menacés,
pour une meilleure utilisation de l’argent public
et pour l’arrêt des projets aussi inutiles que destructeurs, ici comme ailleurs !

Mais incontournable aussi pour inventer et mettre en œuvre de manière solidaire
les alternatives indispensables :
Pour la transition énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique
et le retour à une solide représentation citoyenne, confisquée par les classes politiques dirigeantes.
L'HEURE DE LA VICTOIRE PEUT SONNER BIENTÔT !
ON NE LÂCHE RIEN ! NI ICI, NI AILLEURS !

L’ACIPA et la Coordination des opposants juin 2013
(...)

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Ven 2 Aoû 2013 - 13:04

http://www.bastamag.net/article3208.html a écrit:
Agriculture autogérée
Le plateau du Larzac à l’abri des convoitises jusqu’en 2083

Par Sophie Chapelle (19 juillet 2013)

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, vient de signer la prorogation du bail entre l’Etat et la Société civile des terres du Larzac (SCTL) jusqu’en... 2083. La SCTL, qui compte environ 55 membres, assure la gestion de 6 300 hectares sur le plateau depuis 1985. Le 18 juillet, le bail emphytéotique a été porté de 60 à 99 ans, sa durée maximale. Une chance pour les futurs agriculteurs du plateau : « Cela va permettre aux nouveaux venus d’obtenir des baux sur toute leur carrière », estime l’eurodéputé José Bové, passé du collège des exploitants à celui des habitants de la SCTL.

Ces terres, prévues pour l’extension du camp militaire du Larzac en 1971, furent l’enjeu d’un combat qui dura dix ans, mené d’abord par une centaine d’agriculteurs, rejoints par des dizaines de milliers de militants (voir le film Tous au Larzac de Christian Rouaud). Suite à l’abandon du projet militaire en 1981, les terres retrouvèrent leur vocation agricole. En 1985, l’Etat accorda un bail emphytéotique [1] de 60 ans à la SCTL qui favorisa l’installation de jeunes. Ce « laboratoire foncier », comme le présente José Bové, aurait permis d’augmenter de 20 % le nombre de paysans sur ce territoire.

Après le Larzac, au tour de Notre-Dame-des-Landes ?

« Comment ne pas faire le parallèle avec l’aéroport inutile de Notre-Dame-des-Landes ? », interroge la Confédération paysanne. « Tous les ingrédients sont en effet réunis : inutilité du projet, initiatives paysannes, mobilisation citoyenne, foncier détenu par les pouvoirs publics. » Des comités de soutiens aux opposants à l’aéroport, venus notamment de Millau et de Rodez, ont d’ailleurs cherché à interpeller le ministre avant la signature du bail.

« À quelques centaines de kilomètres de là, à Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement, en plein déni, persiste à croire qu’il pourra noyer 2 000 hectares de bonnes terres agricoles sous des milliers de tonnes de béton. Comment expliquer ces deux poids deux mesures ? », interrogent les comités. Pour ces derniers, la solution passe par le rejet du projet d’aéroport nantais et la collectivisation des terres sur la « zone à défendre ». Pour accentuer la pression sur les pouvoirs publics, un grand rassemblement festif et militant est prévu les 3 et 4 août prochains à Notre-Dame-des-Landes.
Notes

[1] Ce type de bail accorde tous les droits et devoirs d’un propriétaire au détenteur sauf celui de vendre le sol, avec l’obligation d’améliorer le bien en question.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Mer 18 Sep 2013 - 11:51

Bruxelles ne voit pas de motif d'infraction dans le dossier de Notre-Dame-des-Landes
LE MONDE | 17.09.2013 à 19h17 |Par Rémi Barroux


Le gouvernement français peut pousser un "ouf" de soulagement. La Commission européenne a annoncé, mardi 17 septembre, qu'"il ne lui semblait pas indiqué, à ce stade, d'ouvrir une procédure d'infraction formelle" contre l'Etat français, dans le dossier de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui devrait être construit au nord de Nantes (Loire-Atlantique).
Le directeur général de l'environnement, Karl Falkenberg, qui a souligné, devant les eurodéputés, membres de la commission des pétitions, le "fort caractère émotionnel" du dossier de cette future plate-forme aéroportuaire défendue par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et lui-même ardent partisan du projet, a néanmoins précisé que le dossier était "complexe de par sa nature et de par son histoire".

"UN VRAI NUMÉRO D'ÉQUILIBRISTE"

Espérant que Bruxelles relèverait quelques motifs d'infractions au regard des réglementations européennes, les opposants, présents, mardi 17 septembre, au sein des locaux du Parlement européen, dans la capitale belge, se montraient plutôt déçus.

"Le directeur général a fait un vrai numéro d'équilibriste, adoptant une position plus politique que juridique, a ainsi confié au Monde Sandrine Bélier, députée écologiste et membre de la commission des pétitions qui recevait les conclusions de la Commission européenne. En clair, la Commission dit qu'elle croit l'Etat français quand il lui dit qu'il est en train de résoudre les problèmes, répondant ainsi aux objections et questions qui lui étaient posées", explique Mme Bélier. Mais rien, espère-t-elle, n'empêchera Bruxelles de siffler l'arrêt de jeu si les réglementations européennes n'étaient pas respectées.

COMPATIBILITÉ AVEC LA LÉGISLATION EUROPÉENNE ?

Soucieuse de ne pas interférer dans un dossier éminemment politique, puisqu'il oppose socialistes et écologistes français, tous membres de la même majorité gouvernementale, les commissaires européens ont précisé qu'ils n'étaient pas là pour juger sur le fond de l'opportunité et de la nécessité de ce nouvel aéroport, mais de sa seule "totale compatibilité avec la législation européenne".

L'éventuel non respect de plusieurs directives a été étudié, dont celles sur la loi cadre sur l'eau, sur la compensation des zones humides, sur les espèces protégées ou encore les mesures d'impact cumulé des différentes annexes, comme les infrastructures de transport ou de zones d'activités proches de l'aéroport. "La Commission se réserve la possibilité de suivre de très près les dernières décisions, notamment les impacts cumulatifs", a précisé M. Falkenberg. Ces impacts sont encore inconnus puisque l'Etat français ne les a pas encore évalués.

"Au terme de six mois d'enquête, les services de la Commission ont donc confirmé leur ferme intention de poursuivre leur investigation, notamment quant aux nouvelles évaluations et mesures qui seront prises, dit Sandrine Bélier. Cependant, je regrette la timidité de leurs déclarations car attendre une infraction immédiate, c'est risquer que soit imposée une situation de fait où une fois la nature et le site détruits et bétonnés, nous n'aurons plus d'intérêt à statuer." Les opposants craignent que le gouvernement et la préfecture de la région des Pays-de-la-Loire ne profitent de cette situation de statu quo pour avancer dans le chantier et ne mette Bruxelles devant le fait accompli.

LE DOSSIER RESTE OUVERT À BRUXELLES

Dans un communiqué, mardi, les partisans de l'aéroport, en l'occurrence le Syndicat mixte aéroportuaire, se sont félicités qu'il n'y ait "pas de procédure contentieuse et pas de visite sur site". "Après un large débat contradictoire, les députés titulaires de la commission des pétitions ont décidé que les réponses apportées par l'Etat et l'analyse de la direction générale de l'environnement de la Commission européenne répondaient point par point aux questions soulevées", estime le syndicat.

Le dossier européen de Notre-Dame-des-Landes reste donc ouvert et malgré la demande du responsable des socialistes européens de "fermer la pétition", soit d'arrêter toute procédure des députés, celle-ci restera ouverte. En attendant que de nouvelles précisions du gouvernement français ne soient données à Bruxelles. En attendant aussi que sur le terrain, les derniers arrêts préfectoraux ne soient publiés, annonçant ainsi le démarrage effectif du nouvel aéroport.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/17/bruxelles-ne-voit-pas-de-motif-d-infraction-dans-le-dossier-de-notre-dame-des-landes_3479434_3244.html
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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Ven 4 Oct 2013 - 16:15

http://www.rfi.fr/emission/20131001-notre-dame-landes-lutte-s-europeanise a écrit:
Publié sur RFI (http://www.rfi.fr)
Notre-Dame-des-Landes : la lutte s’européanise !
Par Catherine Rolland
Créé le 2013-10-01 18:40
Ma, 2013-10-01 16:40

Des Européens qui, pour certains, font cause commune ou lutte commune, c’est le cas à Notre-Dame-des-Landes dans l’ouest de la France, où la future construction d’un aéroport a provoqué un vrai mouvement de résistance depuis 3 ans !

On en a beaucoup entendu parler à la fin de l'année dernière, quand les forces de l'ordre ont donné l'assaut pour déloger les militants installés dans un campement près du petit village nantais. Dernièrement, le Parlement européen, saisi par une initiative a conclu que rien ne permet de dire que le projet viole le droit communautaire. Depuis sur la ZAD, zone d’aménagement différée, où sera construit le futur aéroport, vivent encore 300 personnes. Elles ont construit des cabanes et se nourrissent de la production de leur potager. Et parmi elles, de jeunes Européens qu’a rencontrés sur place Edouard Marguier.

(...)


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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Lun 24 Fév 2014 - 19:16

On tient. Enfin, elles et eux...

http://www.bastamag.net/Si-le-pouvoir-veut-passer-en-force a écrit:
Grand projet inutile
« Si le pouvoir veut passer en force, ce sera la révolution à Notre Dame des Landes »

par Barnabé Binctin, Hervé Kempf - 24 février 2014

Entre 20 000 et 50 000 manifestants, 520 tracteurs, des clowns, un bosquet vivant et quelques heurts. La manifestation organisée à Nantes le 22 février montre que la mobilisation contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est toujours aussi importante. Et avant tout pacifique, malgré des affrontements avec les force de l’ordre. Les journalistes Hervé Kempf et Barnabé Binctin ont suivi cette journée. Un reportage en partenariat avec le site Reporterre.

Les opposants au projet d’aéroport sont venus en nombre, ce samedi, à 13 h, devant la préfecture de Loire-Atlantique. L’objet de la manifestation est de marquer fortement que la détermination ne faiblit pas, même si Notre Dame des Landes semble avoir disparu de l’actualité. La manifestation est préparée de longue date. Mais la veille, la préfecture a changé l’itinéraire prévu : « Considérant que plusieurs milliers de personnes sont attendues dans le cadre de cette manifestation, indiquait vendredi l’arrêté préfectoral, considérant que la présence de groupes violents a été observée dans des manifestations de ce type par le passé, à Nantes, et qu’ils ont causé dans des circonstances comparables de sérieux troubles à l’ordre public », l’autorité a interdit le centre ville – qui concentre les rues commerçantes.

Sous la pluie, on attend le début de la marche, qui va bientôt commencer.

Tout avance dans la bonne humeur. Couleurs, masques d’animaux, percussionnistes, clowns, et puis des milliers de personnes portant pancartes et le parapluie, qui n’est bientôt plus nécessaire.

Les politiques sont aussi venus, du moins ceux d’Europe Écologie les Verts et du Parti de gauche. Les comités locaux – de Bretagne, Basse-Normandie ou des Pays de la Loire – qui rappellent leur engagement de toujours contre l’aéroport, mais aussi les « nationaux », José Bové, Eva Joly, Pascal Durand, Yannick Jadot pour EELV, Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard pour le Parti de gauche. Les deux ministres Duflot et Canfin sont absents ; la secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse explique : « Ils ont aussi le droit à des vacances. Mais ils auraient pu être là, ils ont manifesté leur soutien à cette manifestation ». Tout de même, n’y a-t-il pas un nouveau grand écart avec la participation au gouvernement ? « Non, c’est une position très assurée depuis le début, Notre-Dame-des-Landes fait partie de nos combats, tout comme Fessenheim. Et dans le cas de cet aéroport, c’est plus en local qu’en national que le projet est porté. Notre présence au gouvernement est importante, d’autant plus qu’il y a de plus en plus de socialistes qui ont marre de ce projet, même s’ils ne le disent pas ».

Pendant ce temps-là, alors que le long cortège entame sa déambulation au départ de la rue de Strasbourg, un des manifestants profite d’un arbre dans la ville pour y monter une cabane, symbole de la résistance sur la ZAD.

Les zadistes participent pleinement à l’animation de la manifestation, par des clowns qui égaient le cortège ou par d’autres qui mènent quelques tracteurs.

L’importance de la mobilisation tient à son caractère hétéroclite. On tombe sur quelques bonnets rouges, qui viennent eux aussi revendiquer leur opposition à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Officiellement, l’organisation n’a pas pris de position ; mais une cinquantaine a fait le déplacement pour exprimer leur doute quant à la pertinence économique du projet : « Je suis convaincu qu’on peut développer l’actuel aéroport, et qu’il créera tout autant d’emplois », explique Dider, bretonnisation officielle du prénom Didier, « reconnue par l’office de langue bretonne ! ». Il est là pour défendre le pays breton, dont Nantes fait partie, selon sa philosophie du « vivre, décider et travailler au pays ».

L’ambiance est détendue, rythmée par les batucadas – percussions – ou quelques simagrées de clowns activistes. Les gens viennent en famille, comme Émilie avec son bébé de 15 mois, Mano. « Il n’y a pas de problèmes d’insécurité, c’est convivial. Et puis Mano était prédestiné : il est né deux jours après la grande manifestation de réoccupation, en novembre 2012… » sourit-elle.

A l’avant de la manifestation, la bonne humeur règne. Le porte-parole de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes), Julien Durand, est tout sourire : « Ce jour est dans la continuité des manifestations de réoccupation, fin 2012, ou de la chaîne humaine, au printemps 2013 : autour de 40 000 personnes sont venues dire non à l’aéroport. Et ça se passe dans la bonne humeur, avec des familles. Il n’est pas question, après une telle détermination, que le pouvoir revienne occuper le terrain. Si le pouvoir veut passer en force, ce sera la révolution à Notre Dame des Landes. »

Le cortège a passé le pont Haudaudine, arrive sur l’ile de Nantes, prend à droite. Tracteurs, passants en K-way et portant pancartes, musiciens et clowns avancent gaiement sous le ciel bleu dans les quartiers modernes et froids de l’ïle. Des jeunes crient « Non non non au mariage PS-Vinci, Avortement pour l’aéroport ! ».

Au volant de son tracteur, Sylvain Fresneau, le paysan dont l’exploitation est située au centre de la Zad, est ravi : « Nous sommes 520 tracteurs ! Plus qu’il n’y en a jamais eu ».

Mais la fin de la troupe arrive déjà. Un grand vide apparait derrière les derniers manifestants. Les derniers ? C’est déjà fini ? Non. Mais à l’arrière, le gros des manifestants s’est arrêté au niveau de l’hôpital de l’Hôtel Dieu.

Car au croisement du Commerce, la situation a dégénéré, dès quinze heures. Face aux murs de grillages soutenus par plusieurs blindés de police, des petits groupes envoient des projectiles en verre, parfois quelques pavés. Les forces de l’ordre répondent par des gaz lacrymogènes et des canons à eau, projetés abondamment. L’air est saturé, et la manifestation se fige face au spectacle de ces heurts.

Un peu plus loin sur le Cours Roosevelt, c’est un abri-bus et des toilettes publiques qui prennent feu, pendant que les affrontements redoublent d’intensité, au choc des déflagrations de grenades assourdissantes. Les pavés du tramway sont enlevés pour servir de projectiles. Les gendarmes, retranchés derrière leurs grilles, ne bronchent pas, répliquant par des tirs de grenades – en l’air et non en tir tendu – et par le canon à eau. Il s’agit de ne pas blesser les milliers de manifestants pacifiques qui sont encore sur le cours Franklin Roosevelt.

Pendant plus de trois heures, cette bataille rangée, en plein centre-ville, va concentrer l’attention des manifestants, éteignant quelque peu l’élan collectif.

Marco, 55 ans, vit à Nantes depuis plus de trente ans ; il souligne l’importance du dispositif policier pour l’occasion : « J’ai fait beaucoup de manifestations dans ma vie ici, mais c’est la première fois que je vois le centre-ville bloqué pour l’occasion. Un tel déploiement policier ressemble un peu à de la provocation ».

Gérard (prénom changé) est venu de la Zad, où il vit depuis plus d’un an. Il observe les affrontements de près, comme des centaines de manifestants qui restent là en discutant. « Cela dessert la lutte, pas tant pour l’image que cela donne que par ce que cela va empêcher de faire. que cela va donner une mauvaise image. En fait, près de 250 "antifas" sont descendus de partout pour affronter la police. Mais il y a tellement de haine en France, du fait des politiques menées, que l’on comprend qu’elle s’exprime ».

A deux pas des détonations et des nuages de gaz lacrymogènes, certains manifestants tentent d’attirer l’attention sur le message premier de la manifestation : ainsi Mireille a-t-elle paré son manteau de feuilles et fleurs diverses : « Je suis un bosquet vivant pour rendre hommage au bocage ». A quelques mètres des violences urbaines, la danse collective de ces hommes et femmes déguisés en arbustes a forcément quelque chose de surréaliste…

Ambiance étrange : pendant que l’affrontement se fixe au coin du cours Franklin Roosevelt et de l’avenue Olivier de Clisson, à l’arrière, tout le monde discute tranquillement, au son des tirs de grenades lacrymogènes. Autour d’une fanfare, des jeunes dansent joyeusement.

Le maire de Notre Dame des Landes, Jean-Paul Naud, est venu, ceint de son écharpe tricolore, avec plusieurs conseillers municipaux. « C’est une belle manifestation, dit-il. Dommage qu’il y ait tous ces cagoulés. Mais cela n’empêche pas que je maintienne mon opposition à l’aéroport. J’ai bon espoir qu’on trouve une porte de sortie juridique par les recours sur la loi sur l’eau. » Il explique qu’il ne s’agit pas d’être "contre le progrès", mais d’arrêter de consommer des terres agricoles. « On vient d’adopter notre plan local d’urbanisme. On va construire sur douze hectares, mais on ne touche pas aux zones agricoles : ce sera sur des friches ou au sein des lotissements ».

Sur la place de Petite Hollande, longée par de longues files de tracteurs, les gens discutent autour de la petite scène. Elle aurait dû être au centre de l’attention pour les prises de parole, mais celles-ci se perdent dans l’indifférence. Le gros de l’attention et des discussions portent sur l’affrontement qui se poursuit, presque comme un jeu, à quelques centaines de mètres.

La station de tramway est incendiée et brûle.

L’après-midi s’achève et le froid revient. La foule commence à se disperser, les tracteurs s’en vont, la musique se tait. Les terrasses de café sont remplies, et les gens discutent au son des grenades lacrymogènes. Qui se rapprochent, car les gendarmes ont commencé à avancer et font reculer les fauteurs de trouble. Les incidents s’achèvent vers vingt heures. Laissant dans leur sillage une agence immobilière de Vinci dévastée, un poste de police peinturluré, plusieurs vitrines de magasins brisés, deux engins de chantier et une voiture incendiés.

Des événements qui laissent un goût amer au très grand nombre des manifestants – plus de trente mille – qui venaient signifier leur détermination dans la gaieté et la non-violence. L’autre visage de la journée aura imprimé une image plus forte : celle d’une violence qui ne demande qu’à surgir. En réaction à la violence de l’État, sans doute, mais qui dessert à court terme le mouvement de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes.

Hervé Kempf et Barnabé Binctin

Reportage publié en partenariat avec Reporterre

Photos : Laurent Guizard/Basta ! (une), Barnabé Binctin/Reporterre, Hervé Kempf/Reporterre, et dépavage, Twitter.

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Ven 7 Mar 2014 - 19:37

Encore un article intéressant : Il y a trop d'aéroports en France, jugent les professionnels de l'aérien

Hein ! Puisqu'on vous le dit que cet aéroport est celui de trop (sans compter les 150 premiers en trop)

pfff

Citation :
(...) 40 aéroports représentent moins de 0,3% du trafic

(...)la Normandie, pour moins de deux millions d’habitants, compte cinq aéroports, dont trois dans un rayon de cinquante kilomètres. L’Oise (800 000 habitants) abrite, comme la Corse (300 000 habitants), quatre aéroports. D’autres structures sont situées à moins d’une heure de route l’une de l’autre comme Annecy et Chambery, Nîmes et Montpellier ou Nancy et Metz.

(...)Au-dessous d’un million de passagers (soit pour 138 des 155 aéroports français), il est en effet presque impossible pour un aéroport d’être rentable.

Ainsi, "dans plusieurs cas, les subventions d’exploitation ont représenté chaque année des montants supérieurs à 100 € par passager en moyenne entre 2000 et 2006", précise la Cour.

(...) "Il y a 40 ans, tous les députés voulaient leur aéroport" (...)

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MessageSujet: Re: Notre - Dame - des - Landes Ven 18 Avr 2014 - 23:00

Intéressantes ces précisions que tu indiques sur les aéroports, Matali.

Selon un article du Monde publié hier, la Commission européenne a émis une mise en demeure à l'intention de la France en raison de « l'absence de certaines évaluations d'impact environnemental, qui doivent notamment faire figurer les effets notables probables sur l'environnement, y compris les effets secondaires et cumulatifs ».
L'UE ne peut cependant pas empêcher le gouvernement français d'autoriser la construction de l'aéroport. C'est simplement une menace de procédure judiciaire qui pourrait à terme aboutir à une condamnation avec astreinte (d'ici que l'aéroport soit construit quoi...).
Mais tout est bon à prendre pour inciter le gouvernement à reculer .
Voici l'article : http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/17/notre-dame-des-landes-la-france-mise-en-demeure-par-l-europe_4403480_3244.html
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