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[Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque

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matali
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MessageSujet: [Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque Mer 1 Jan 2014 - 19:32

Le seul article intéressant que j'ai trouvé (et qui avait été donné il y a quelques temps par Bubble) sur le perçage des oreilles. Depuis quand, comment, pourquoi ?

Pour le lire en entier, cliquer sur le pdf

http://terrain.revues.org/3389#bodyftn12 a écrit:
La boucle et la marque
Patrizia Ciambelli
p. 115-130

(...)

Perceuses d'oreilles

(...)

De nos jours, en Italie comme en France, la majorité des filles a les oreilles percées dans la période comprise entre la naissance et l'adolescence. A Rome, dans les quartiers périphériques, cette pratique reste tout à fait courante ; les couples entre vingt et vingt-cinq ans font régulièrement poser des boucles d'oreilles à leurs enfants, filles et garçons, avant deux ans.  (...)

(...) Les enquêtes sur le perçage des oreilles que nous avons menées dans les écoles primaires en France et en Italie, uniquement afin de récupérer des données quantitatives, ont montré que les filles ayant entre huit et onze ans ont presque toutes les oreilles percées.

(...)

La coutume de se faire percer les oreilles a connu une longue éclipse car elle était considérée comme une véritable marque sociale, une « chose vulgaire » que faisaient les pauvres gens, les ignorants et les paysans. Mais, après un saut d'une ou deux générations, les femmes qui ont actuellement entre trente-cinq et cinquante ans ont recommencé à se faire percer les oreilles. (...)

Il y a à peu près vingt ans, donc, parfumeries et bijouteries ont exposé des pancartes indiquant : « Ici on troue les oreilles », et se sont pourvues d'instruments dont les réponses aux questionnaires nous restituent l'inquiétant lexique : pistolet, agrafeuse, dénoyauteur, pince, épingle, perce-oreille, poinçon, métal rougi au feu. Généralement, c'est le bijoutier qui intervient (72 % des réponses positives) avec un pistolet qui introduit la boucle directement dans le lobe, après avoir bien mesuré et marqué au crayon le point précis sur les deux oreilles. (...)

Ces figures sont des femmes à qui on reconnaît un savoir, des « femmes adéquates » ou, comme le dit une autre femme, des « perceuses d'oreilles ». Elles savent comment manipuler le corps et opèrent souvent dans un cadre domestique, parfois dans l'institution hospitalière, comme nous l'avons vu en ouverture.

(...)

Si la coutume de percer les oreilles a été complètement réintégrée dans certains milieux, jusqu'à redevenir une pratique coutumière, dans d'autres cas, il y a manifestement une difficulté, une gêne à l'admettre, surtout quand il s'agit de ses propres filles. Plusieurs mères ont refusé de faire percer les oreilles à leurs filles parce qu'elles ne voulaient pas « leur faire mal », elles avaient « peur de les faire souffrir ». Ces mêmes femmes, pourtant, n'ont pas fait opposition quand leurs filles – même âgées de quatre ou cinq ans – leur ont demandé la permission de se faire percer les oreilles, souvent par l'intermédiaire d'une tante, de leur marraine ou d'un autre membre de la famille. Il faut remarquer que cela s'est généralement passé dans un autre lieu et dans un autre temps, souvent pendant les vacances. Ces femmes, à qui leurs propres mères n'avaient pas percé les oreilles et qui ont choisi de le faire plus tard par libre choix, ne voulaient pas « faire ça » à leurs filles (...)

Leurs craintes sont révélatrices des connotations attachées à l'opération : un acte douloureux, qui marque le corps à l'intérieur et qui implique une violence physique. Il faut « avoir l'âge » pour qu'on vous fasse ainsi « quelque chose dans votre corps ». Cette violence est perçue comme une violence sexuelle et l'une des femmes avec qui nous nous sommes entretenues a même associé le perçage des oreilles à l'excision (...)

Ces filles ont pourtant voulu à tout prix se faire percer les oreilles pour porter des boucles, pour être plus belles, pour se sentir déjà femmes. Il est frappant de constater que la plupart de ces filles transgressives souffrent d'allergies aux boucles d'oreilles.

Miroirs

(...)

Apparemment, les bijoutiers n'acceptent pas de vendre séparément une paire de boucles, même s'il y a deux clients qui veulent partager le prix et la prestation pour le trou supplémentaire. En revanche, ils ont dû se plier à une règle sociale et à une mode de plus en plus répandue qui veut qu'on rajoute autant de trous, jusqu'à composer une demi-lune de petites pierres, d'anneaux, d'étoiles tout le long de l'oreille. Après « la première fois », où l'on perce en général les deux oreilles, d'autres moments significatifs de la vie (par exemple un éloignement forcé qui comporte une séparation plus ou moins longue, une réussite scolaire ou professionnelle) sont marqués par des perçages asymétriques, auxquels fait suite l'acquisition d'autres boucles d'oreilles destinées à rester uniques.

Or, cette asymétrie instaure tout de suite une autre symétrie, cette fois entre deux personnes, en général deux amies très proches. Par le biais de cet acte qui soude une amitié et fait un couple, on se met en position de double, on renforce un processus d'identification à l'autre. L'enjeu psychologique se traduit sur le plan de l'apparence, la ressemblance et le rapprochement doivent se lire sur le corps ; l'une veut être le reflet de l'autre, mais un reflet de miroir aveugle qui ne renvoie que sa propre image à la place de l'image de l'autre. Ces jeux du paraître ont des règles strictes qui mettent à égalité les deux partenaires par le marquage du corps (« Je l'ai fait à droite car mon amie l'avait à droite »), le partage du même bijou et la répartition de la dépense (« Nous avons acheté deux petits brillants, un pour chacune de nous deux et nous avons payé moitié-moitié »), le sentiment d'une épreuve plus douloureuse (« La première fois, je n'ai presque rien senti, mais le deuxième trou j'ai eu mal »). Au fur et à mesure qu'on rajoute des trous le long du pavillon de l'oreille, la douleur s'accroît.

Cette initiation à la douleur, plusieurs fois réitérée, s'accompagne donc de l'institution d'une relation qui n'est pas sans évoquer les anciens rituels d'« affrèrement par le sang », même si, dans le cadre qui nous intéresse, sa seule légitimation est celle d'une « pure » amitié entre deux jeunes gens – filles ou garçons – qui se veulent semblables.

« Croix et délice du cœur »

(...)

Presque toutes les femmes questionnées en ont été d'accord : malgré la souffrance physique liée au perçage, elles n'auraient jamais renoncé au plaisir de porter des boucles d'oreilles. Cette épreuve prépare d'une certaine façon les femmes à conjuguer plaisir et douleur, comme en témoignent les questionnaires et les entretiens. A la question : « Avez-vous eu mal quand vous vous êtes fait percer les oreilles ? », la majorité des femmes répond affirmativement et plus de la moitié dit avoir eu peur de subir l'intervention. Cette composante est si forte que même celles qui déclarent avoir eu les oreilles percées dans les premiers mois de leur vie affirment se souvenir d'avoir souffert et d'avoir eu peur.

Cependant, pour la majorité, le désir d'être plus belles, de porter des boucles d'oreilles comme la sœur aînée ou l'amie préférée, le désir, enfin, d'accéder au monde de la féminité et de la séduction passe par cette épreuve – réelle ou imaginaire – de la douleur.

Certaines ont raconté qu'elles avaient dû se soumettre deux fois à l'opération car leurs trous s'étaient refermés(...) Citons encore une fillette française de huit ans à qui il a fallu percer à nouveau l'oreille. Sa mère, qui avait mal accepté le désir de sa fille d'avoir les oreilles perforées, face aux réactions allergiques de la petite, lui a rappelé : « Tu l'as voulu, tu dois souffrir. » Depuis, les boucles d'oreilles sont restées un terrain conflictuel entre mère et fille, celle-ci voulant en porter même si son oreille « rougit et s'infecte ». « Elle ne veut même pas que j'y touche. Je crois qu'elle veut pouvoir contrôler le degré de sa douleur. » Cette fille, qui a aujourd'hui presque quatorze ans, n'a pas encore eu ses premières règles. Inversement, pour une autre femme, la répétition de l'opération a mis fin aux allergies qui l'ont empêchée pendant plus de trente ans de porter des boucles d'oreilles.

(...)

La douleur, de fait, semble liée aux allergies plus encore qu'au perçage. Environ un tiers de nos informatrices en ont souffert et les attribuent en premier lieu au métal, certaines même à l'or ; les hommes, au contraire, n'en ont jamais eu. Les allergies sont donc « une histoire de femmes » et le vocabulaire qu'elles utilisent pour décrire leurs réactions est, à cet égard, très suggestif : rougeurs, enflures, démangeaisons, irritations, congestions, brûlures, infections, sécrétions, saignements atteignent ces femmes répulsives. Une de nos interlocutrices nous raconte avoir fait percer ses oreilles à l'âge de trente ans car elle avait envie de mettre « quelque chose qui pénétrait dans les oreilles ». Mais elle a porté des boucles si lourdes que le trou s'est beaucoup agrandi et, aujourd'hui, elle a l'impression que le lobe pourrait céder si elle en mettait encore. Aussi ne porte-t-elle plus que des boucles d'oreilles à clips mais avec des petits morceaux de coton (...)
Cette obstination à vouloir à tout prix porter des boucles d'oreilles tient aussi à une croyance très enracinée selon laquelle il faut garder toujours ces bijoux, sinon le trou se referme. En même temps, on dit aussi qu'il ne faut pas trop tarder : il y a des âges limites, entre treize et dix-huit ans, après « c'est dangereux ».

Mais de quel danger s'agit-il ?

Eclaircir la vue

Pour essayer de répondre à cette question, il faut considérer l'efficacité reconnue à la boucle d'oreille – et plus précisément au perçage – que les données ethnographiques en Europe mettent en relation avec leur usage masculin. Parmi les différentes attestations, celle de Giuseppe Pitré, dans son travail sur la médecine populaire en Sicile, fournit les éléments essentiels : « Trouer le lobe de l'oreille est une pratique qui prévient et guérit les ophtalmies. Pour le maintenir toujours ouvert, selon certains, il faut y mettre une boucle. Le trou dans l'oreille éclaircit la vue, soulage les conjonctivites et les autres affections des yeux. » Le bijou tient donc ses vertus thérapeutiques – prévenir et soigner les « maux des yeux » – du perçage de l'oreille, et l'efficacité de cet acte curatif est liée à l'insertion d'une boucle, en général métallique, qui assure le maintien du trou.

Traditionnellement, la boucle d'oreille était le premier bijou transmis, en général par la mère. Chaque famille, même très modeste, conservait au moins une paire de perce-oreilles pour pouvoir assurer l'opération. Même les filles issues de familles qui ne pouvaient les doter de boucles d'oreilles étaient soumises à l'opération : dans ce cas, les boucles étaient remplacées par un fil. La coutume pouvait, dans certains villages italiens, imposer aussi aux plus riches de les prêter à ceux qui, trop pauvres, n'avaient pu en doter leurs filles. Cette circulation d'un objet si actif sur le plan symbolique instituait donc une chaîne de relations fondée sur un lien corporel.

Nos enquêtes ont montré que les boucles d'oreilles restent encore un cadeau – un bijou neuf plutôt qu'un bijou ancien de famille – qui marque surtout le passage à la puberté. Cadeau de la première communion ou cadeau d'anniversaire, ces bijoux, offerts en général par la marraine, apparaissent dans le trousseau de la jeune fille à une époque de la vie qui se définit comme moment d'acquisition de l'identité sexuelle. Une de nos informatrices a reçu ses premières boucles d'oreilles pour ses premières règles. Dans cette optique, la pratique de trouer les oreilles n'est-elle pas la préfiguration d'un commencement, d'un chemin ouvert qu'il faut boucler ?

(...)

Certains ethnographes ont essayé de donner une explication d'ordre physiologique à l'efficacité du percement des oreilles, en le mettant en relation avec la médecine des humeurs : en provoquant des blessures artificielles, on peut faire couler un excès de fluide que la maladie produit à l'intérieur du corps. D'autres ont remarqué que l'oreille est en liaison directe avec l'œil à travers des connexions internes. D'autres encore ont rappelé que le lobe est un point d'acupuncture et que les sangsues étaient appliquées derrière les oreilles pour tirer le sang.

Plutôt que de continuer à donner des attestations du lien effectué entre le perçage des oreilles et les maux de la vue, limitons-nous à quelques constats. En premier lieu, le perçage est un acte volontaire qui produit effectivement deux blessures artificielles. Parmi les femmes qui, dans notre échantillon, disent avoir refusé de se soumettre à l'opération, certaines considèrent cela comme « un procédé barbare », « une pratique pour les bêtes », « une affaire de sauvages ». Elles n'ont pas tout à fait tort. En effet, la boucle d'oreille est la seule parure, avec le tatouage, qui nous rapproche aujourd'hui des sociétés exotiques. Le seul bijou qui, pour être porté, demande le passage par une épreuve physique, plus ou moins douloureuse et violente, qui produit deux marques permanentes. Une fois qu'elles ont commencé à mettre des boucles d'oreilles, la majorité des femmes les considèrent comme un bijou littéralement incorporé, au point qu'elles ne peuvent plus s'en séparer, même la nuit : « Je ne les enlève jamais. Je ne suis pas à l'aise sans boucles d'oreilles, j'y suis tellement habituée que je les garde même quand je dors. A condition, du moins, que ce soient des anneaux ; les autres boucles me gênent, alors, je les enlève et je mets des anneaux avant d'aller au lit. Quelquefois, je n'en ai pas mis, mais c'était comme si l'oreille était incomplète. Maintenant, tout se passe comme si la boucle faisait partie de mon oreille. Je ne me sens pas à l'aise quand je n'en ai pas. J'en porte même quand je vais à la mer. Ce n'est pas pour des raisons esthétiques, c'est pour être complète » (témoignage, Naples 1993).

Claude Lévi-Strauss (1991 : 129-144) a établi le rapport de corrélation et d'opposition existant entre les blessures et les autres affections de la peau qui laissent une marque, une cicatrice – bijou naturel – inscrite sur le revêtement naturel du corps, et les parures, autres signes lisibles de l'extérieur, qui constituent son revêtement culturel. Si les blessures affaiblissent le corps, les parures augmentent la vitalité de celui qui les porte. (...) Si percer les oreilles affaiblit le corps, comme toute blessure, car le sang va couler – métaphoriquement plus que réellement –, le fait de rajouter des parures métalliques compense et inverse le sens de l'opération : le corps – la personne – est ainsi renforcé.

Comme nous l'ont montré nos interlocutrices « allergiques », les trous dans le lobe permettent de faire sortir un excès, une sécrétion qui acquiert une connotation négative, source de gêne, de souffrance. Malgré cela, on ne peut renoncer à porter les boucles d'oreilles car, pouvons-nous ajouter, il faut se protéger et pouvoir soigner les « maux des yeux ». Mais en quoi le perçage des oreilles préserve-t-il et soigne-t-il les yeux ? Et pourquoi faut-il se garantir une bonne vue ?

Les marins, les femmes et le malheur

(...)
Comme je l'ai rappelé, l'ethnographie européenne nous offre plusieurs attestations de l'efficacité du percement du lobe et du port des boucles d'oreilles pour « éclaircir la vue », la « renforcer », la « protéger », ou bien pour éloigner les maux des yeux ou le mauvais œil. Cette vertu d'un geste et d'une parure, l'un associé à l'autre, est le plus souvent explicitée à propos de l'usage masculin. Bijou masculin à l'origine, la boucle d'oreille est devenue aujourd'hui, pour les hommes, une marque d'homosexualité ou le signe d'une volonté de transgresser les normes sociales. Mais, si nous reprenons les données ethnographiques, nous voyons d'abord que cette marque a été adoptée par des catégories d'hommes considérés, au contraire, comme éminemment virils. Par exemple, les membres de certaines corporations, les compagnons, les marins, et même les paysans ou les montagnards.
(...)

La coutume de percer les oreilles aux garçons est attestée dans plusieurs pays d'Europe. Elle se situe d'habitude entre la naissance et le début de la puberté, comme pour les filles, ou alors à la charnière entre la jeunesse et l'âge « mûr ». En Sicile, par exemple, la sage-femme perçait généralement les oreilles aux filles et aux garçons. Les parrains offraient une paire de boucles d'oreilles à leurs filleules et un petit anneau à leurs filleuls (Pitré 1979, I : 64)

Dans les vallées alpines du Trentino, en Italie, ce rite était repoussé jusqu'à la puberté. Les mères attendaient que leur garçon ait treize ou quatorze ans pour lui faire percer la seule oreille droite. La boucle en or avait la forme d'un petit anneau (anélin de oro) ou d'un clou surmonté d'une fleur (brochete). Il devait l'enlever seulement pendant la période du service militaire, et le remettre ensuite pour le reste de la vie. Ce bijou avait la vertu de protéger de l'épilepsie et de renforcer la vue ; il était aussi considéré comme un symbole de virilité et de prestige social (Raffaelli 1988 : 73-74 et 82).

En Provence, où « c'était le joaillier qui procédait à l'opération à l'aide d'un poinçon très effilé en provoquant les hurlements du marmot », le petit anneau d'or était porté « contre les humeurs » (Seignolle 1960 : 121) et on le gardait effectivement toute la vie. Même des hommes très âgés portaient à leurs oreilles des anneaux ayant le diamètre d'une pièce de 5 francs (La Colombière 1980 : 269 ; Les Cahiers de Paul Letuaire 1976 : 21). Dans certaines régions de Roumanie, si la mère avait de l'or, elle faisait faire une boucle d'oreille pour l'oreille droite du nourrisson, tandis qu'en Olténie les garçons en recevaient une à l'oreille gauche car on attribue souvent à ce bijou la fonction d'un talisman (Pop-Câmpeanu 1984 : 124).

 (...)

L'asymétrie caractérise l'usage masculin, sans pourtant exclure le port d'une paire de boucles, contrairement aux filles, pour lesquelles cela peut devenir un signe négatif. En Hongrie, par exemple, si une fille Matyò porte une seule boucle d'oreille, c'est parce qu'elle a « mal à un œil ». La boucle, dans ce cas, n'est pas un ornement mais plutôt un signe qu'il faut cacher, si possible avec les cheveux (Balogh-Horvath 1983 : 15)16.

Quelquefois, les fonctions répulsives de l'amulette se trouvent associées aux fonctions attractives du talisman porte-bonheur. Ainsi en Roumanie, lorsque dans une même famille plusieurs nouveau-nés mouraient à la suite, on avait recours à la boucle d'oreille pour protéger le dernier-né de « toute influence maléfique ». Si dans une famille il n'y avait pas d'enfants, on collectait des pièces en or et en argent dans neuf maisons où il y avait déjà eu des naissances. On les faisait fondre pour faire une boucle d'oreille pour l'oreille droite du futur nourrisson. A l'âge adulte, la boucle d'oreille garde son caractère de porte-bonheur, comme le dit cette chanson de la fiancée à son aimé : « La boucle d'oreille que ta mère t'a mise / Te garde des mauvais esprits / Moi j'aime bien comme elle te sied / Car de moi elle ne t'a pas préservé » (Pop-Câmpeanu 1984 : 124).

La boucle d'oreille offerte par le parrain à la confirmation de son filleul marquait l'acquisition de l'identité sexuelle. Les garçons l'exhibaient avec orgueil en signe de virilité et fertilité, autant que pour se protéger du mauvais œil (Perco et Zoldan 1994 : 190). Car la crainte que celui-ci inspire se focalise sur la sphère de la sexualité, qui, affaiblie, risque de mettre en jeu le destin biologique et social de l'individu.

Perçage des oreilles et remise de bijoux deviennent marque d'appartenance et figurent parmi les rites masculins d'agrégation à un groupe social : « [...] Ce qui fait reconnaître le marinier plus que toute autre chose, ce sont ses boucles d'oreilles, et lorsqu'un adolescent se fait recevoir parmi eux, on lui perce les oreilles pour y passer les lourds anneaux d'or ornés d'une ancre de navire. Il se mêle alors au joyeux tumulte du port, fier de ces nouveaux bijoux qui le consacrent marinier du Rhône » (Forot et Carlat 1980 : 710). La boucle d'oreille figure aussi parmi les attributs portés toujours avec fierté par les compagnons après l'attribution du nom et le franchissement des différentes épreuves physiques, morales et techniques qui marquent l'accession à leur nouveau statut. Les boulangers portaient des anneaux auxquels était suspendue une raclette (Sébillot 1894-1895 : 63) ; les compagnons maréchaux-ferrants portaient des boucles d'oreilles d'or, ornées d'un fer à cheval ; les muletiers avaient « comme les patrons du Rhône les oreilles ornées de forts anneaux d'or, avec cette différence qu'une ancre pendait à ces anneaux chez les patrons, et un fer à mulet chez les muletiers » ; les mariniers et les compagnons du tour de France portaient encore à la fin du xixe siècle des boucles d'oreilles en forme d'anneaux d'or appelées li round (Benoît 1975 : 129).

(...)
Mais les boucles d'oreilles restent surtout associées aux marins. L'anneau à l'oreille constitue, en effet, un signe de reconnaissance des pêcheurs, marins et aussi pirates, qui doivent tous, réellement ou métaphoriquement, « avoir l'œil », avoir une bonne vue, une longue vue.(...)

Les Romains nommaient aussi buccule des ornements suspendus de part et d'autre pour protéger les oreilles et les joues.(...)

Bijou indispensable dès la première enfance sous forme de bracelets, pendentifs, broches, il accompagne la femme tout le long de sa vie pour ses vertus : il est talisman, amulette, aphrodisiaque, médicament, fertilisant, ornement, pierre précieuse.

 (...)

La dualité – séductrice et effrayante – de Méduse caractérise d'autres figures féminines doubles, telles les sirènes, seules « femmes » admises sur les navires : ces figures pétrifiées ornent, à leur sommet, la proue des bateaux, là où, sur les deux côtés de la coque, on entaille ou peint les yeux d'écubier19 (Costa 1980 ; FMR 1984). Parmi différentes représentations, on les montre souvent en train d'écarter leur queue bifide pour montrer leur sexe. Dans les collections d'amulettes, nombreuses sont celles qui ont cette posture ; il s'agit de gros pendentifs d'argent, pendus à des chaînes, qui représentent ces êtres ambigus, mi-femmes mi-poissons, attirants et terrifiants, ornés de pendants phalliques et de petites cloches (Lao 1985 ; Ciambelli 1985 : 88-89).
(...)

Comment comprendre cette situation paradoxale ? Si les femmes sont communément interdites à bord, les hommes de mer, en dépit de leur virilité affichée, doivent nécessairement assumer des compétences et des caractères féminins. En se séparant de la terre, du village, de l'univers domestique et de leurs épouses, ils se munissent d'objets indispensables pour assumer leur long éloignement21. Outils couturiers pour réparer les filets, trousseau de vêtements pour descendre à terre (dont l'obligé mouchoir rouge), un bijou – la boucle d'oreille –, le signe, une marque pour identifier ce que l'on pêche, les objets de la toilette.

(...)


Dans ce sens la boucle d'oreille des marins, qui maintient ouvert le lobe de l'oreille comme un sexe féminin, a le même effet pétrifiant que le geste de la sirène qui, sur la proue du navire, découvre son sexe pour conjurer la tempête. En portant une boucle, les hommes de mer se dotent donc d'un pouvoir que les femmes détiennent temporairement, cycliquement. Ce pouvoir doit être mis en relation avec celui de leur sang menstruel. Il n'est pas indifférent, à cet égard, de noter que de semblables sirènes, exhibant leur sexe, sont sculptées sur les robinets des fûts entreposés dans les caves (Klein s.d. : 156-160) et qu'un même interdit arrête aujourd'hui encore les femmes réglées au seuil de ces lieux.

« Sans boucles d'oreilles pas de baiser »

(...)

Yvonne Verdier a montré que le « destin social » des femmes est déterminé par leur « destin biologique » : ce dernier, rappelons-le, se développe en trois phases qui s'expriment à travers trois usages du verbe « voir ». La petite fille « ne voit pas » jusqu'à la puberté, la femme qui a son cycle « voit » et la femme ménopausée « ne voit plus » (Verdier 1979 : 186 sq.). (...) Pour comprendre cette expression, nous faisons nôtre l'interprétation d'Yvonne Verdier pour laquelle « voir c'est voir la marque, car marquer c'est aussi métaphoriquement avoir ses règles ». La marque, estampille du sang féminin, « provient donc du corps des femmes, et les jeunes filles, dès lors qu'elles commencent à marquer périodiquement leur linge de sang, vont, nanties de leur marquette, marquer leur trousseau au point de croix, au fil rouge » (Verdier 1979 : 186-187). Or, le premier travail de couture est celui que les fillettes subissent au moment du perçage des oreilles : avec un fil et une aiguille, on trace dans leur corps la première marque. L'aiguille perce le lobe, le fil entre en formant une boucle, la première.

On sait par ailleurs qu'on attribue à la femme menstruée un pouvoir qui a suscité un système de précautions et d'interdits qui s'inscrivent dans le cadre des principaux moments biologiques et sociaux (récolte des végétaux, traitement et préparation de la nourriture, grossesse et allaitement). Ce pouvoir s'exerce surtout à travers le regard, un regard capable d'avoir une incidence sur les personnes et les choses et de se retourner contre soi-même comme dans le cas des femmes enceintes, qui n'ont pas de règles et qui peuvent « marquer » le fœtus qu'elles portent en imprimant sur son corps des « envies », signes de la fatale attraction des fruits rouges. D'un autre côté, celui qui refuse quelque chose à une femme enceinte aura un orgelet à un œil. Pour le guérir on fait passer dessus une bague en or ou bien on l'enduit avec le cérumen des oreilles (Pitré 1979 : 111). Avec le regard, on peut faire perdre le lait à une mère, on peut ensorceler, lier, deviner, jeter un sort. Le mauvais œil est avant tout la conséquence d'un désir, d'une envie. Dans le cas d'une femme menstruée, il s'agit d'un acte involontaire, de l'effet d'un pouvoir temporaire qui peut provoquer un dommage.

Si nous ramenons maintenant à ce langage la vertu prêtée aux boucles d'oreilles de préserver la vue, de l'éclaircir, nous pouvons en déduire que mettre des boucles d'oreilles à des petites filles est un acte indispensable afin qu'elles « voient bien » et que s'accomplisse ainsi leur destin biologique et, en conséquence, leur destin social d'épouses et de mères. Si la boucle d'oreille permet d'accéder à ce « bien de la jeune fille » que sont les règles (Verdier 1979), on peut alors lire le geste par lequel on perce l'oreille comme une anticipation de l'effusion naturelle de sang qui adviendra au moment de la puberté ou même de cette autre « blessure » consécutive à la défloration qui prend place au mariage, rite social par excellence qui ouvre un autre temps de la vie.

Patrizia Ciambelli, « La boucle et la marque », Terrain [En ligne], 27 | septembre 1996, mis en ligne le 18 juin 2007, consulté le 01 janvier 2014. URL : http://terrain.revues.org/3389 ; DOI : 10.4000/terrain.3389
Et vous ? Vous avez les oreilles percées ? Vous mettez des boucles ?

La suite : les différentes sortes de boucle d'oreilles sont une sorte de langage...

A savoir que le piercing n'est pas considéré de la même façon... on en écrirait encore et encore d'autres articles sur le sujet.
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MessageSujet: Re: [Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque Mer 1 Jan 2014 - 19:45

chouette a écrit:
j'ai eu l'occasion de lire (je ne sais plus ou) que les femmes célibataires mettaient beaucoup plus souvent de grandes boucles d'oreille alors que les femmes en couple les choisissaient plus discrètes.
Voilà ce qu'on lit sur wikipedia...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Boucle_d%27oreille a écrit:
Symbolique
En philosophie

La question de la boucle d'oreille et la recherche d'une explication quant à son caractère traditionnellement féminin ont été explorés en philosophie au travers des travaux de Séverine Auffret.

Caractère féminin
Selon la philosophe, deux hypothèses sont à retenir quant à la symbolique de la boucle d'oreille :

   l'hypothèse lacanienne attribue aux boucles d'oreille le rôle de mascarade, d'objet purement démonstratif. Pour pallier un manque, celui de l'absence de phallus chez la femme, celle-ci porte des boucles d'oreille. L'hypothèse de Jacques Lacan évoque donc une dénégation de la part de la femme, une forme de castration de naissance. Cette théorie va de pair avec celle de Françoise Dolto. Cette théorie est donc une théorie négative quant au port de la boucle d'oreille, qui joue pour la femme un rôle d'ersatz ;
   l'hypothèse positivement féminine défendue par Auffret s'organise autour d'un caractère féminin de l'oreille. Le rôle de la boucle d'oreille est esthétique, il vise à attirer le regard vers l'oreille, cet organe complexe trop souvent masqué par les cheveux. Les boucles d'oreilles sont des bijoux qui sortent de l'ordinaire, car ils sont les seuls traditionnellement portés par pairesNotes 15. En effet, dans sa démonstration, la philosophe met en avant le fait que l'homme possède deux bras, deux jambes et dix doigts mais qu'il ne viendrait à l'idée de personne de porter deux bagues ou deux bracelets identiques. Ainsi, les boucles d'oreille, puisqu'elles sont doubles sont la marque d'une autonomie de la femme qui sait dépasser l'unité du phallus masculin.

Les boucles d'oreille sont mentionnées en philosophie à la fois comme métaphore et parole du sexe. Dans leur duplicité, elles participent à un double jeu de la coquetterie: celle de soi et celle pour l'autre. Symbole de féminité, les boucles d'oreilles sont parfois volontairement cachées, comme c'est par exemple le cas pour les femmes portant le voile coranique. Trop visibles, elles attirent en effet la vue vers le pavillon de l'oreille, désagréable dans son étrangeté. La philosophe se propose alors de comparer le caractère passif de l'oreille à celui du sexe féminin et démontre en cela le lien nécessaire entre les boucles d'oreille - qui mettent en valeur l'oreille - avec la féminité.

Caractère masculin

Le fait que les hommes ne portent souvent qu'une seule boucle d'oreille confirme la théorie selon laquelle la boucle d'oreille est typiquement féminine. De plus, la boucle d'oreille masculine prend aussi une signification homosexuelle. La philosophie y voit donc une expression d'acceptation de la féminité en soi, l'affirmation qu'une partie du porteur est féminine. De plus, si la droite est traditionnellement liée à la droiture et la rigueur la boucle d'oreille portée à gauche peut ainsi signifier une marque de faiblesse dans la masculinité.

La philosophe conclut : « Arboré sous l'effet d'un choix libre, non imposé, ce bijou pourrait aussi vouloir dire autre chose: […] Je fais semblant d'être l'objet de votre désir masculin quand bien même, c'est le mien, féminin, qui vous piège. »

b]L'approche anthropologique[/b]

D'après Claude Lévi-Strauss, il existe une relation d'opposition entre les cicatrices et les bijoux. Les premières constituent alors le revêtement naturel du corps, par opposition au revêtement culturel formé par les bagues, parures et autres boucles d'oreille. Si percer l'oreille marque le lobe d'une cicatrice définitive et est symbole de douleur, l'adjonction d'ornements métalliques vient y combler cette agression au patrimoine naturel et ainsi renforcer le sujet.

Symbole d'esclavagisme

La boucle d'oreille a souvent été utilisée comme le symbole des esclaves. Ainsi, les esclaves, hommes comme femmes, étaient facilement reconnaissable par l'anneau qu'ils portaient à leur oreille. Bien plus, il a existé des cas pour lesquels les maîtres d'esclaves leur faisaient porter des boucles d'oreille reconnaissables, de manière à les distinguer facilement des autres esclaves112.

Dans La Bible et plus précisément dans le Deutéronome (15:16-17), il est fait mention de l'usage de boucles d'oreille pour marquer les esclaves.

Symbole érotique

Selon Sheldon Filger, les boucles d'oreille accentuent le caractère érotique de la femme. En particulier, ces bijoux mettent en valeur le caractère complexe de l'oreille. De plus, ces derniers, toujours en adéquation avec la coiffure, constituent en eux-mêmes une personnalisation puissante de la femme. Les boucles d'oreille, dans leur diversité de forme, de taille et de matériau, participent d'une érotisation du visage. En particulier, selon Filger, ce sont les anneaux, et plus précisément les créoles de grand diamètre à fil rond, qui ont le pouvoir érotique le plus marqué. Si les boucles d'oreille sont vecteur d'érotisation du visage, elles semblent en réalité avoir cet effet sur l'ensemble du corps. Ainsi, l'auteur affirme que les boucles d'oreille sont les bijoux féminins les plus érotiques qui soient.
J'ai aussi entendu que les boucles d'oreilles longues et fines, "fermées" seraient le symbole d'une frustration.
La matière aussi semble importante.

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MessageSujet: Re: [Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque Jeu 2 Jan 2014 - 20:55

ahhhhhhhhhhhhhhh, les boucles d'oreille    
J'ai 2 trous à chaque oreille. Le premier fait à l'initiative de ma mère quand j'étais bébé (autour d'un an) et le second décidé par moi   quand j'avais une trentaine d'années.
J'adore les boucles d'oreille. Pas de souci d'allergie, donc je peux tout me permettre.
J'en ai quelques unes en or, mais une grande majorité en pacotille, que j'essaie d'assortir à mes vêtements.
Il est très rare que je n'en porte aucune!
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Seza
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MessageSujet: Re: [Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque Jeu 2 Jan 2014 - 21:52

Tiens c'est marrant, il y a pas longtemps je devisais seule dans le bus à propos des boucles d'oreilles. A savoir si en tant que mère je ferais percer ou non les oreilles de mes enfants. Est-ce que en tant que mère je pouvais me permettre ce genre de "mutilation".

Parce que pour moi c'est une mutilation. Je m'explique, j'ai eu les oreilles percées une première fois peut être à deux ans, le soucis, c'est qu'elles ont très mal cicatrisé, il a fallu recommencer plusieurs fois, toujours avec des cicatrisations difficiles, de longues périodes sans boucles où les trous se rebouchaient, et il fallait recommencer.
Mais le souvenir le plus "traumatisant" pour moi c'est ma sœur, elle aussi victime du trou qui cicatrise mal. Elle était toute petite 4 ou 5 ans, ma mère l'avait emmené chez un des dernier bijoutier qui perçait à l'aiguille, et non pas au pistolet, ça a duré un moment, puisque ça consiste à insérer une aiguille dans le lobe puis seulement le perçoir. L'un de ses lobe à saigné et elle pleurait en silence, je me souviens même que ma mère m'avait acheté des boucles d'oreilles en forme d'hirondelles. Quelques années plus tard c'est la même soeur qui est allée faire un tour aux urgences parce que le "papillon" d'une de ses boucles d'oreilles s'était enfoncé tellement profondément dans le lobe qu'il a fallu le retirer au scalpel. Mais comme mademoiselle était une vraie demoiselle elle porte toujours des boucles d'oreilles, elle s'est même fait percé une seconde fois les lobes, en plus de divers piercings, je me demande même si le passage chez le perceur à l'aiguille n'était pas la dernière solution après qu'elle eut réclamé de porter des boucles. 

De mon côté je me suis fait percer une dernière fois les oreilles, à 23 ans, résultat, j'ai trois trous superposés au lobe gauche, dont un seul est fonctionnel, tendis que le droit n'a un trou. Mais depuis je ne porte jamais de boucles. Je trouve mon port de tête changé, je n'aime pas sentir ces trucs qui pendent à mes oreilles, j'ai le souvenir de séance de "débouchage" qui me laissaient les lobes brulants, des boucles à 4 francs 6 sous qui me démangeaient et me laissaient des croutes puantes et puis voir mon visage ainsi orné me dérange, c'est comme exposer ma féminité mais une féminité qui devient vulgaire sur moi (alors que je porte le rouge carmin sur mes lèvres sans soucis).

Bref les boucles d'oreilles sont très jolies, mais pas sur moi.
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matali
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MessageSujet: Re: [Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque Ven 3 Jan 2014 - 10:51

Refusant tout perçage d'oreilles, j'ai tenté une fois le piercing... oui ben ça fait mal et ce n'est pas aussi beau sur moi que sur les autres donc... et puis ça laisse une marque même 20 après... Pourtant oui, comme Seza, je trouve que c'est joli mais pas sur moi
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Thalim
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MessageSujet: Re: [Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque Ven 3 Jan 2014 - 12:39

j'ai eu les oreilles percées a ma timide demande a l'âge de 8ans mais était ce pour autant un choix libre et éclairé? je ne pense pas... c’était bien plus pour être comme ma mère, ma sœur ainée, mes copines de classe. Et puis ça m'a été présenté comme une chose bénigne et affriolante, avoir les oreilles percées c'est bien, c'est joli, ça met un visage en valeur, ça fait féminin ect.... Si j'avais été capable de tout prendre en compte à l'époque je ne l'aurai pas fait, d’ailleurs je n'en porte plus depuis un petit moment et je ne parle même pas de la peur avant le perçage, de la douleur pendant et durant la cicatrisation, des allergies...
Si ma fille en porte ça sera évidemment à sa demande qu'elle qu'en soit les raisons d'ailleurs mais je ne me contenterai pas d'un oui hésitant prononcé une fois tout bas (j'exagère un peu mais pas tant que ça non plus)
Après comme vous je trouve que les boucles sont des bijoux magnifiques qu'ils soit en toc ou pas, parfois originaux et tout mais bon pas pour moi!!
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Chouette
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MessageSujet: Re: [Article] la boucle ( d' oreille ) et la marque Ven 3 Jan 2014 - 12:44

je me suis percée les oreilles à 30 ans. Ado, j'ai tanné ma mère pour pouvoir le faire mais elle n'a jamais voulu. A ma majorité (21ans à l'époque) j'ai commencé à travailler et à vivre en couple. J'ai oublié ce souhait pendant 9ans.
Je n'ai absolument pas eu mal lors du perçage, les lobes ont un peu chauffé, c'est tout. Et je suis toujours contente de l'avoir fait.
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" Il n'y a point de chemin vers le bonheur : le bonheur c'est le chemin." Lao Tseu

"Gardons nous d'envier les situations les plus hautes, car une cime peut n'être que le bord d'un gouffre. (...)

(...) Existe-t-il une toute-puissance qui ne soit pas menacée d'effondrement et des violences d'un maître ou d'un bourreau ? (...) En une heure de temps, on peut passer du trône aux pieds d'un vainqueur (...) Garde en tête que toute condition est exposée à des revirements et que tout ce qui affecte autrui est susceptible de t'atteindre."

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