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Permaculture : vers une économie de maraîcher

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violette
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MessageSujet: Permaculture : vers une économie de maraîcher Mar 14 Jan 2014 - 19:39

http://www.liberation.fr/terre/2013/12/23/vers-une-economie-de-maraichers_968613 a écrit:
Vers une économie de maraîchers
Apolline GUICHET (Reporters d’espoirs) Envoyée spéciale au Bec-Hellouin
La ferme du Bec Hallouin situŽée en Normandie, estˆ l'origine de Perrine et Charles Hervé-Gruyer. (Photo Jean-Michel Sicot)
REPORTAGE
En Normandie, un couple de permaculteurs marie agriculture durable et avancées scientifiques.

Au Bec-Hellouin, dans l’Eure, cette ferme normande aux allures traditionnelles cultive un secret qui pourrait bien être celui de l’agriculture de demain. Depuis 2006, Perrine et Charles Hervé-Gruyer y développent la permaculture (comprenez culture permanente, au sens de durable) en s’inspirant des écosystèmes naturels tels qu’ils existaient avant l’arrivée du pétrole, de la mécanisation et des pesticides. «Il s’agit de prendre la nature comme modèle, de laisser interagir les éléments entre eux. C’est une spirale vertueuse dans laquelle il n’y a plus de déchet.»
Le couple fait appel aux techniques ancestrales : leur forge remet au goût du jour d’anciens outils, comme le paroir de sabotier ou le coutre, l’emplacement des cultures est choisi en fonction des arbres et des points d’eau qui favorisent la biodiversité, les poneys et le cheval de trait sont utilisés en traction animale… Mais les agriculteurs comptent aussi sur les avancées de la science. «En biologie, nous avons doublé nos connaissances en cinq ans !» s’enthousiasment-ils.
Le défi consiste à produire une culture biologique et intensive sur une surface réduite afin d’envisager l’installation de microfermes partout sur le territoire, y compris en ville. Un idéal à portée de main grâce, entre autres, à la culture sur buttes. «On crée un amoncellement de terre pour passer de 15 cm à 60 cm de terres arables et enrichir le sol en humus, explique Charles Hervé-Gruyer. On recouvre les allées de compost et, sur les buttes, on associe des cultures, comme la carotte et le poireau par exemple. D’autres l’ont fait avant nous, on a oublié ces maraîchers parisiens qui ont nourri la capitale en production légumière durant la seconde moitié du XIXe siècle, réalisant jusqu’à huit rotations de cultures par an !»
Strate herbacée. L’île-jardin de la ferme du Bec-Hellouin illustre l’application concrète de cette permaculture. Les mares réfléchissent le rayonnement solaire et offrent un microclimat favorable. La vase est utilisée comme engrais. Les roseaux servent à pailler ou à nourrir les animaux. Tout autour, une forêt abrite les légumes contre le vent dominant. Le coin jardin est imaginé telle une superposition de plantations complémentaires : les arbres fruitiers, puis les plantes à baies et, au sol, une strate herbacée. «Il est autofertile, on laisse la nature agir, on fauche juste deux ou trois fois par an.»
En partenariat avec l’Inra et AgroParisTech, les deux agriculteurs sont en passe de démontrer que chaque parcelle de 1 000 m2 cultivée selon leur méthode pourrait créer un emploi. «Le dernier exercice montre que cette surface a permis de dégager 32 000 euros de chiffre d’affaires sur un an pour 1 400 heures travaillées, ce qui conforte notre hypothèse. Mais nous n’en sommes qu’au tout début», tempère Charles Hervé-Gruyer. Qui raconte qu’il est parfois traité de «menteur» par certains observateurs que ses bons résultats laissent sceptiques.
D’autant que son terrain n’était en principe pas favorable au maraîchage. «Un agronome nous a dit que les terres n’avaient pas dû être cultivées depuis le néolithique puisqu’elles étaient réservées à l’herbage.»
Pour creuser son cheminement et tester ses méthodes, le couple s’appuie sur d’autres expériences fructueuses aux Etats-Unis ou en Australie, berceau de la permaculture depuis les années 70. «Notre dépendance au pétrole doit nous amener à repenser nos pratiques agricoles. Aujourd’hui, pour la production d’une calorie dans notre assiette, on en dépense dix en énergies fossiles. Il nous faut aussi réfléchir à cette question : comment nourrir la planète sans la détruire ?» interroge cet ancien marin qui a, dans une vie précédente, parcouru le monde à la rencontre des «peuples premiers». «La FAO [l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr] annonce qu’il faudra doubler la productionalimentaire d’ici 2050 dans les pays en voie de développement. Comment y parvenir alors que plus d’un milliard d’êtres humains souffrent déjà de malnutrition ?»
topinambours. La relocalisation de la production agricole afin de tendre à une autonomie alimentaire offre un début de réponse. Dans le village du Bec-Hellouin, une quinzaine d’habitants a pris l’habitude de passer à la ferme le mercredi pour récupérer un panier maraîcher oscillant entre 10 et 20 euros. «Les gens se servent eux-mêmes, on prolonge le moment afin d’échanger autour des produits», explique Sacha Guégan qui tient la boutique ces soirs-là. Un enseignant de 37 ans pèse un sachet de pourpier. «J’ai deux enfants en bas âge, je veux leur éviter d’ingurgiter des pesticides, explique-t-il. Même dans les marchés, on n’a pas cette garantie.» Il est également question d’apprendre à manger moins et mieux, selon les territoires et les saisons. La ferme travaille en collaboration avec le Sergent recruteur, un restaurant gastronomique parisien. «On y redécouvre nos fruits et légumes : fricassée de choux, jus de pommes et carottes blanches, glace aux topinambours…» se délecte Charles Hervé-Gruyer. Un retraité rejoint la conversation : «Je suis dans le coin depuis soixante-dix ans, je ne m’attendais pas à voir un tel projet débarquer !Avant de rencontrer Charles et Perrine, je les prenais pour des fous.» Le genre de fous qui voudraient changer le monde. Et dont les rêves commencent à prendre racine.
Photo Jean Michel Sicot
Apolline GUICHET (Reporters d’espoirs) Envoyée spéciale au Bec-Hellouin


moi je dis  chouette  Raffa
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bonne journée  violette
 
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matali
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MessageSujet: Re: Permaculture : vers une économie de maraîcher Dim 16 Fév 2014 - 11:37

http://kaizen-magazine.com/permaculture-a-la-ferme-2/ a écrit:
février 14, 2014 | 1 Comment
Permaculture à la ferme

La permaculture ne se résume pas à une technique agricole. Elle en est en une expression. Regard sur deux fermes qui s’inscrivent dans cette vision.

Le souvenir de sa grand-mère paysanne, qui observait longuement les terres cultivées, la lecture de Fukuoka et d’autres auteurs japonais et le rejet des enseignements dispensés durant ses études agricoles ont amené Didier Cattoz à la permaculture. En 2000, après avoir occupé le poste de chargé de mission dans le développement des territoires ruraux, il décide de réaliser son rêve, s’installer en tant que paysan cueilleur. Il souhaite exploiter une petite surface où suivre fidèlement un triple principe : réduire, réutiliser, recycler. Il trouve une maison dans le Haut-Diois (Drôme) avec un terrain d’un hectare, qui lui convient. Cette surface jugée trop petite par l’administration pour qu’il bénéficie du statut d’agriculteur le confine au statut de cotisant solidaire. Elle correspond néanmoins à son objectif : développer une agriculture vivrière de surplus qui lui permettra l’autonomie de sa famille (un couple et trois enfants), vendre les surplus de légumes et produire des confitures. En effet pour Didier « la permaculture n’est pas une technique agricole supplémentaire, c’est un mode de fonctionnement : c’est avant tout l’éloge de la lenteur et une réflexion « géopolitique » sur son rapport au temps et aux autres. A titre d’exemple on présente souvent la culture sur butte comme l’outil de base de la permaculture, ici à 1050 mètres d’altitude ça ne fonctionne pas ! Le gel détruit les buttes ».

Gestion du temps et de l’espace

Selon les préceptes de la démarche permaculturelle, Didier passe une première année à observer son  terrain et le climat. Il en déduit le plan du jardin… qui reste dans sa tête ! Ce sera une  multitude d’écosystèmes où tout est mêlé, où tout déchet devient une ressource, où tout est polyfonctionnel et où les besoins mécaniques sont limités. « Mon expérience dans la restauration m’a appris à organiser l’espace, à limiter les déplacements ; la permaculture c’est aussi se nourrir de toutes ses expériences ». Il choisit aussi de ne pas arroser les arbres fruitiers – au début – pour que leurs racines aillent puiser l’eau en profondeur. Aujourd’hui cela permet des temps de récolte plus longs et une protection contre les périodes de sécheresse fréquentes dans la Drôme. Au bout de treize ans, Didier a trouvé son rythme de croisière. Il dispose de 7 hectares dont 4 de bois, qui lui garantissent bien l’autonomie alimentaire. Les oies, les poules, les carpes (de l’étang) complètent la production de légumes des deux jardins estimés à 250 m² chacun. Les 500 m² de fruits rouges (cassis, groseilles, framboises, fraises) assurent la production d’une confiture labellisée bio qu’il vend en direct. Et quand on interroge Didier sur une possible duplication de son modèle : « Bien sûr je pourrais produire plus, techniquement c’est faisable. Mais aujourd’hui je m’occupe des enfants, ma femme infirmière assure le complément financier nécessaire à la famille. La permaculture, c’est un vrai choix de vie ! »

La permaculture pour changer de vie

A l’autre bout de l’Hexagone, près de Rouen (Normandie), Linda et Edouard s’inscrivent dans cette même vision holistique. C’est au Bec-Hellouin que commence leur histoire. En 2011 ils sont tous les deux stagiaires dans cette ferme pionnière en permaculture (voir Kaizen n°1). Edouard, diplômé de la filière agricole classique (Bac et BTS), en sort convaincu des potentiels d’une autre agriculture. Linda de son côté ressent le besoin de quitter la ville pour revenir à la terre ; l’amour fait le reste ! Après un ultime accompagnement de la chambre d’agriculture, la Safer[1] leur vend  un terrain de 2 hectares accolé à la ferme des parents d’Edouard, début 2012. Bien qu’en deçà de la surface minimum d’installation prévue dans le département, la diversité  des plantes (fleurs comestibles, arbres fruitiers et arbustes à baies) leur permet d’obtenir le statut d’exploitant agricole. « Le premier choix permaculturel fut de ne pas nous endetter, confie Linda, ce sont nos familles et nos amis qui nous ont aidés financièrement (à hauteur de 25 000 €) et physiquement. On a pris les choses comme elles venaient, ouverts à toutes les possibilités. » Ils récupèrent ainsi 300 arbres fruitiers qui partaient à la poubelle et les plantent alignés en alternance avec des rangées de légumes, ce qui génère un écosystème intéressant ; une kyrielle de pollinisateurs (abeilles, papillons) travaillent immédiatement pour eux gratuitement !

Ils installent ensuite des nichoirs pour les mésanges, prédatrices des carpocapses qui mangent les pommes et les poires. Après un an d’activité le jeune couple ne regrette rien, même s’ils avouent que la tâche est rude. « Notre société est dans le déni de l’effort, explique la jeune femme ; si la permaculture c’est arrêter d’être en lutte contre la nature, arrêter de la détruire, collaborer avec elle, c’est aussi travailler la terre… ça fait suer, ça cultive le corps et l’esprit »  Financièrement, ils admettent que c’est un peu compliqué. Ne bénéficiant d’aucune aide ou subvention, ils vendent aujourd’hui des paniers en amap à une trentaine de familles. Ils espèrent passer à 45 paniers (à 20 €) par semaine dès cette seconde année, ce qui leur permettrait de dégager un salaire. « Notre démarche interroge aussi la société sur son fonctionnement et ses représentations, confie la jeune femme. Notre voisin, céréalier sur 200 hectares, nous aide régulièrement malgré son approche différente du métier. Il demeure bien curieux de savoir comment nous allons nous en sortir. Nous n’avons pas de salaire mais nous avons déjà atteint une quasi autonomie  alimentaire. Et lui ? » Mais ce qui satisfait le plus le jeune couple dans ce changement de paradigme, ce sont les liens qu’ils ont su tisser en favorisant les circuits courts. « Les clients changent de statut, ce ne sont plus de simples consommateurs, ils reprennent conscience de la chaine alimentaire, ils viennent régulièrement nous aider, c’est cela notre vraie réussite, conclue Linda pleine d’enthousiasme, les gens redeviennent des citoyens ! »


Didier Cattoz
Ferme du Palais Sauvage - 26310 Saint-Dizier-en-Diois

Edouard Stalin et Linda Bedouet
Allée de la Mare des Rufaux - 27310 Bouquetot
www.fermedesrufaux.com

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Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît car tu ne pourras pas t'égarer... (Rabbi Nahman de Braslav)
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