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Réchauffement climatique

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Rhiannon
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MessageSujet: Réchauffement climatique Mer 23 Aoû 2006 - 19:13

Rappel du premier message :

Encore un projet qu'il faudra surveiller et boycotter ! !

Une mine de charbon dans la Nièvre : une fausse bonne nouvelle

AVES FRANCE soutient les opposants au projet !

mardi 22 août 2006 par Sylvie CARDONA

Alors que partout dans le monde les scientifiques tirent la sonnette d’alarme, que le gouvernement français s’est engagé à lutter contre le réchauffement climatique et que chacun prend conscience de la nécessité de modifier ses comportements afin de favoriser les économies d’énergie, un gigantesque projet de création d’une mine de charbon à ciel ouvert dans le Sud Nivernais est en cours d’instruction au Ministère de l’Industrie.
Ce projet, financé par des investisseurs privés, est notamment porté par Jean-François Hénin qui possède 40.9% du capital de la SEREN (Société d’exploitation des Ressources Energétiques du Nivernais), une société créée spécialement pour gérer la future mine. L’investissement total s’élève à 1,4 milliards d’Euros, un somme colossale qui pourrait être consacrée au développement d’énergies propres...

Le gisement recèle environ 250 millions de tonne de charbon. L’exploitation de ce filon s’accompagnera d’une centrale thermique qui produira 1000 mégawatt d’électricité par an en utilisant 2 millions de tonnes de charbon. Ce projet, qui par ailleurs a été communiqué très tardivement aux communes concernées, a été salué par la presse locale et une partie des élus comme le miracle économique tant attendu dans la Nièvre, qui a dû faire face à plusieurs vagues de suppressions d’emplois au cours des derniers mois.

En effet, selon les journaux, la mine de charbon devrait générer quelques 1400 emplois (1000 pour la construction des installations, 400 pour la mise en exploitation de la mine et de la centrale). Ces chiffres ne sont absolument pas validés et ne représentent qu’une estimation. Dans le document présenté par la SEREN, on peut d’ailleurs trouver le chiffre de 300 emplois, devenant 200 après quelques années.

A l’occasion de réunions publiques qui ont déjà eu lieu dans certaines communes, les opposants au projet ont pu mettre en évidence les lacunes, oublis ou erreurs qui émaillent ce fameux document présenté par la SEREN. Ledit document tente en effet de minimiser, voire même de passer sous silence, les dommages et nuisances qui résulteront de l’exploitation de la mine.

La modification du paysage rural et du cadre de vie des habitants constitue un véritable bouleversement. Le périmètre de la zone d’exploitation présenté dans la presse ne représente qu’une partie des installations. Ce périmètre couvre en fait une zone bien plus étendue, d’une superficie de 6700 hectares et comprenant les communes de Lucenay-lès-Aix, Cossaye et Toury-Lurcy. Le nombre des personnes expropriées (exploitants agricoles et propriétaires individuels) devra être revu à la hausse ! Des aménagements très importants sont d’ores et déjà prévus, et notamment le détournement de la rivière l’Acolin et de son affluent l’Ozon, la modification du tracé de la départementale, la disparition des bois environnants.... entraînant les habituels désagréments tels que le bruit, le passage incessant des camions, les explosions...

Plus important encore, la pollution atmosphérique générée par la centrale. Le dossier fait miroiter la réduction des rejets polluants et principalement du CO2, grâce à de nouvelles technologies. Cependant la combustion devrait générer des quantités de gaz à effet de serre inférieures seulement de 15 à 20% par rapport aux centrales thermiques actuelles vielles de 30 ans , ce qui est bien peu. Les centrales thermiques émettent des hydrocarbures, de la matière organique, des cendres, des métaux lourds toxiques et des radionucléides qui sont à l’origine de nombreuses maladies (cancers, leucémies, maladies respiratoires...) et des pluies acides. A court terme et au niveau local, l’impact d’une centrale thermique sur l’environnement est parfaitement établi : pollution des eaux superficielles et souterraines par les gaz de la combustion et par les cendres. Sur un plan global, les émissions des rejets polluants provoquent des phénomènes de déforestation et contribuent largement à l’aggravation de l’effet de serre. Selon des rapports scientifiques, la réduction importante des émissions de CO2 des centrales au charbon n’est pas envisageable sur le court terme. On estime par ailleurs que la technique de la capture et du stockage du CO2 ne devrait pas être compétitive au minimum avant 20 ans.

Rappelons en effet que le secteur de l’énergie est responsable de 37% de l’ensemble des émissions de CO2 d’origine humaine.

Autre interrogation, l’électricité produite par la centrale sera transportée par le réseau de transport d’électricité (RTE) et nécessitera la construction d’une ou plusieurs lignes à très haute tension dont là encore les effets sur la santé ne sont pas négligeables. Aucune information n’a été communiquée sur le tracé de ces lignes et leurs conséquences pour les communes concernées.

Pas un mot non plus sur les nuisances et pollutions que subira fatalement le site classé Natura 2000 se trouvant à proximité du futur site d’exploitation . Cette zone "la vallée de la Loire entre Devay et Digoin" s’étend sur une superficie de 2966 hectares et compte parmi ses espèces remarquables le sonneur à ventre jaune, le castor d’Europe et plusieurs espèces d’oiseaux, la vallée constituant un axe de migration très important.

Au nom de l’indépendance énergétique et face à l’augmentation des prix du pétrole, on ne trouve rien de mieux à faire que de privilégier des énergies fossiles dont les conséquences néfastes sur la santé publique et l’environnement ne sont plus à démontrer.

Les populations locales doivent absolument se mobiliser car ce projet va à l’encontre des recommandations édictées dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Une association se crée à cet effet, l’Association de Défense du Sud-Nivernais (ADSN) qui peut être contactée à l’adresse assoc.adsn@orange.fr
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Dim 5 Fév 2012 - 23:12

Comme quoi tout va bien, madame la marquise !!! Bonnes gens, vous pouvez bravement vous endormir sur les deux oreilles...

kiki

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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Lun 6 Fév 2012 - 19:26

Le réchauffement climatique responsable de la vague de froid actuelle

Autant s'y habituer, paraît-il...

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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Lun 6 Fév 2012 - 19:51

C'est logique
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mer 8 Fév 2012 - 16:02

C'est vrai, oui.
Et pourtant, je n'avais jamais vu les choses sous cet angle.
Donc, on risque plus de mourir congelé que grillé
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mer 8 Fév 2012 - 22:13


Lol, La Licorne !! ^^ Parfois il vaut mieux en rire qu'en pleurer... Pas facile de faire bouger les choses...
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mar 16 Oct 2012 - 12:31

http://www.express.be/joker/fr/platdujour/le-rechauffement-de-la-terre-a-cesse-il-y-a-16-ans/179128.htm# a écrit:
'Le réchauffement de la Terre a cessé il y a 16 ans'
15 oct. 2012
par Mylène Vandecasteele

Le Daily Mail se targue d’être le seul à rapporter une découverte d’importance pourtant passée totalement inaperçue dans l’actualité : des données qui ont été publiées la semaine dernière par le Met Office, l'équivalent britannique de l’IRM, démontrent que le réchauffement climatique de la Terre a cessé il y a 16 ans. Selon ces données, collectées sur plus de 3.000 points sur la terre et sur la mer, il y a bien eu une tendance au réchauffement depuis 1997, mais l’année 2011 et les premiers mois de 2012 ont été beaucoup plus frais, ce qui a neutralisé cette tendance.

Ainsi, depuis 1880, c'est-à-dire depuis le début de l’industrialisation mondiale, le monde ne s’est réchauffé que de 0,75°C. Et les nouvelles données indiquent qu’entre le début de l’année 1997 et le mois d’août 2012, la progression a été de zéro degré. Certains chercheurs concluent que nous traversons une phase de plateau depuis une quarantaine d’années.

Toutefois, les scientifiques ne s’accordent pas tous sur ce qu’il convient d’y voir. Pour le professeur Phil Jones, de l'Unité de recherche climatique de l'université d’East Anglila au Royaume Uni, une période de 15 ou 16 ans est bien trop courte pour tirer des conclusions, et il estime qu’il est prématuré de parler de stagnation de la situation pour cette raison. Mais selon le Professeur Judith curry, qui dirige la School of Earth and Atmospheric Science de l’université américaine Georgia Tech, il y a bien une nouvelle tendance. « Les nouvelles données confirment l’existence d’une pause dans le réchauffement climatique », dit-elle.

En tout état de cause, il reste une autre énigme, conclut le tabloïde britannique : comment expliquer la flambée de nos factures énergétiques sur ces dernières années, dans ces conditions, et comment les politiciens pourront-ils continuer à justifier leurs nouvelles taxes inventées pour « lutter contre le réchauffement climatique » ?

Source : The Daily Mail

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MessageSujet: la période 1971-2000 : la plus chaude de ces 14 derniers siècles Lun 22 Avr 2013 - 21:01

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/22/la-periode-1971-2000-la-plus-chaude-de-ces-quatorze-derniers-siecles_3164027_3244.html

La période 1971-2000 est la plus chaude de ces quatorze derniers siècles

Le Monde.fr | 22.04.2013 à 18h01 Par Audrey Garric


La Terre n'a jamais connu un tel réchauffement des températures moyennes depuis près de 1 400 ans. C'est la conclusion d'une vaste étude sur l'évolution du climat de la planète depuis deux millénaires, réalisée par un réseau international de climatologues et publiée dans la revue Nature Geoscience, dimanche 21 avril.
Sa particularité : une analyse continent par continent, afin de permettre aux scientifiques d'affiner leurs projections et ainsi de mieux "régionaliser" les impacts possibles du réchauffement. L'équipe de 80 scientifiques de 24 pays, réunis dans le réseau "Past Global Changes" (PAGES), a ainsi reconstitué les courbes de températures de sept grands ensembles : l'Arctique, l'Amérique du Nord et du Sud, l'Europe, l'Asie, l'Australie et l'Antarctique. Seule l'Afrique n'est pas représentée, faute de données suffisantes. Les chercheurs ont récupéré ces données de nombreuses façons, à travers l'analyse des cernes des arbres, des coraux, des pollens, des sédiments, des carottes de glace et des stalagmites dans les grottes.

"On connaissait mal les structures géographiques des changements de températures, comment les courants marins et les vents affectent le climat localement, ce que l'on appelle la variabilité interne au climat", explique la paléoclimatologue française Valérie Masson-Delmotte, chercheuse au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE).

HAUSSE DE 0,4 °C

Résultat : toutes les régions, sauf l'Antarctique, ont connu une tendance au refroidissement à long terme qui s'est brusquement renversée au cours du XXe siècle, avec des températures moyennes les plus élevées entre 1971 et 2000. La Terre a donc connu un rythme du refroidissement "lent mais global", allant de 0,1 à 0,3°C par millénaire qui s'explique par la "combinaison de facteurs naturels", tels que les variations de l'orbite terrestre, de l'activité volcanique et de l'activité solaire.

Puis la planète s'est brutalement réchauffée sous l'effet des émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines. "Hormis l'Antarctique, la température moyenne du XXe siècle dans les six autres régions était d'environ 0,4 °C plus élevée que les températures moyennes des cinq siècles précédents et 0,8 °C plus élevée qu'au cours du XIXe siècle", écrivent les auteurs. Ce réchauffement s'est poursuivi depuis, puisque huit des neuf années les plus chaudes enregistrées sur le globe depuis le début des relevés de température en 1880 se sont toutes produites depuis 2000.

Lire Huit des neuf années les plus chaudes ont eu lieu depuis 2000, selon la NASA

DISPARITÉS GÉOGRAPHIQUES

"Ce qui fait du réchauffement actuel quelque chose d'inhabituel dans l'histoire du climat, c'est qu'il est homogène, c'est-à-dire détecté sur tous les continents au même moment, analyse Valérie Masson-Delmotte. Au contraire, par le passé, le climat a connu de nombreuses anomalies, qui ne se sont pas produites au même moment dans toutes les régions du monde."

L'épisode froid du "petit âge glaciaire" est ainsi mondialement démontré, mais il a commencé plusieurs décennies plus tôt (vers 1500 après J.-C.) en Europe, en Asie et dans l'Arctique que dans les autres régions du globe. De même, la période inhabituellement chaude que l'on nomme l'optimum climatique médiéval s'est produite entre 830 et 1 100 dans l'hémisphère Nord, contre trois cents ans plus tard dans l'hémisphère Sud, entre 1160 et 1370.

Certaines régions ont aussi déjà connu des épisodes plus chauds que la période de 1971 à 2000 : en Europe, par exemple, les températures étaient plus élevées au Ier siècle (entre 21 et 80 après Jésus-Christ) qu'à la fin du XXe siècle, probablement en raison d'un changement d'angle de l'orbite du Soleil et d'une absence d'éruptions volcaniques (les cendres réfléchissant les rayons du soleil). "Mais ce réchauffement, contrairement à celui que nous connaissons actuellement, s'explique seulement par des facteurs naturels, précise Valérie Masson-Delmotte. Aujourd'hui, les activités humaines modifient aussi le bilan radiatif terrestre."
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mer 29 Mai 2013 - 12:00

pour ceux qui lisent l'anglais, un article du guardian :
http://www.guardian.co.uk/environment/climate-consensus-97-per-cent/2013/may/28/global-warming-consensus-climate-denialism-characteristics

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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mar 4 Juin 2013 - 19:26

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/04/il-fera-4-c-de-plus-en-2100-si-rien-n-est-fait-contre-le-co2_3423875_3244.html

Il fera 4 °C de plus en 2100 si rien n'est fait contre le CO2
Le Monde.fr avec AFP | 04.06.2013

Le climat de la France pourrait se réchauffer de 3,8 °C d'ici la fin du XXIe siècle, par rapport à la température actuelle, si l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) se poursuit au rythme actuel, selon une étude rendue publique lundi par le CNRS.

A l'échelle globale, seul un scénario comprenant des "mesures très agressives" pour réduire les émissions de CO2 permettrait de limiter la hausse de la température moyenne à 2 °C, la cible visée par les négociations internationales sur le climat, selon les chercheurs du laboratoire Sciences de l'univers au Cerfacs (Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique).

2 À 3 % D'AUGMENTATION PAR AN D'ÉMISSIONS DE CO2

L'étude, parue dans la revue Comptes rendus Geoscience, a consisté à évaluer les changements climatiques possibles en France à partir des données provenant de 25 modèles numériques internationaux. "Selon le scénario le plus sévère, le réchauffement, par rapport au climat présent, serait de 3,8 °C en moyenne annuelle à la fin du XXIe siècle, et plus fort en été (5,3 °C) qu'en hiver (3 °C). Dans un futur proche (sur la période 2020-2049), il serait de 1,4 °C (1,9 °C en été et 1,1 °C en hiver)", indique le CNRS dans un communiqué.

Cette nouvelle évaluation est "plutôt une confirmation" de simulations précédentes et équivaudrait, en y ajoutant la hausse de 0,7 °C déjà acquise, à une augmentation de 4,5 °C en France par rapport à l'époque préindustrielle, a indiqué Laurent Terray, chercheur au Cerfacs. Ce scénario "le plus sévère" est "grosso modo un scénario qui dit : on continue à émettre au même rythme qu'actuellement, c'est-à-dire 2 à 3 % d'augmentation par an d'émissions de CO2", explique-t-il. Des mesures contre le CO2 permettraient de contenir ce réchauffement à 1,9 °C à la fin du siècle par rapport à aujourd'hui, voire 1,2 °C selon d'autres scénarios testés par les chercheurs.

LE SEUIL D'UN RÉCHAUFFEMENT DE 2 °C ATTEINT DÈS 2035 ?

L'étude, en comparant différents modèles, visait notamment à mieux identifier les nombreuses incertitudes liées aux projections climatiques. Pour les précipitations, où les incertitudes sont plus grandes encore que pour la température, l'étude montre "une diminution significative des précipitations en été, en particulier sur le sud de la France, et une faible augmentation en hiver, principalement pour le nord du territoire français", selon le CNRS.

En parallèle, les chercheurs ont cherché à dater, à l'échelle de la planète, quand pourrait être atteint le seuil d'un réchauffement de 2 °C (par rapport à l'époque préindustrielle), retenu par la science pour éviter les conséquences les plus graves du réchauffement. Cela pourrait se produire, selon eux, dès 2035 à 2040 pour le scénario le plus sévère et entre 2040 et 2050 dans un scénario plus modéré.

"Le scénario le plus agressif" contre le CO2 est "le seul avec lequel on a une bonne probabilité de rester sous les 2 °C", affirme Laurent Terray. Un scénario qui correspondrait, selon lui, à "une réduction des émissions très forte mais aussi à des mesures de captation et de séquestration du carbone importantes et un bouquet énergétique différent".
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mer 5 Juin 2013 - 6:03



Perso, je n'y "crois" pas.

Paraît que si on fait les choses "tout bien comme y faut" le processus est lancé et on ne peut plus déjà l'arrêter.

Et on est loin d'être dans cette optique intelligente des choses comme tout le monde le sait (et ce n'est pas du pessimisme...).

On [l'Humain] voudra changer quand le climat posera réellement problème du point de vue de l'humanité (ressources, difficultés de production alimentaire à grande échelle...), et donc il sera déjà plus que trop tard...

Bref... tout change.... et ça va changer !!!!!

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(Sur les produits laitiers : aident-ils vraiment à consolider nos os ? Sur certains additifs alimentaires qui foutent en vrac notre sensation de satiété, sur les différents labels alimentaires et leur réel gage de qualité, en passant par les soit-disant bienfaits du tofu ou encore des compléments alimentaires...)...
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mer 5 Juin 2013 - 7:52

HEu... C'est en la diminution des émissions de CO2 que tu ne crois pas ?
Moi non plus, on a seulement un discours scientifique qui rassure en donnant une explication et un discours politique qui va avec selon le sens du vent... parce que... pour réduire à un seuil qui permet de revenir en arrière les émissions de CO2... faut arrêter le monde.
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mer 5 Juin 2013 - 17:40


Citation :
C'est en la diminution des émissions de CO2 que tu ne crois pas ?
Voui, en notre capacité / volonté de vouloir éviter le "bordel" climatique qui s'annonce !

Et ça a été prouvé : les grands changements climatiques vont de pair avec les changements (dans le sens d'une nette augmentation) de CO2 dans l’atmosphère alors... et tout ce qui est mouvements marins & co sont liés à ces changements dans l'atmosphère et pas l'inverse alors !

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MessageSujet: Le rapport du GIEC Ven 4 Oct 2013 - 11:20

http://fr.sott.net/article/17086-Le-rapport-du-GIEC-en-10-reponses a écrit:
Propaganda
Le rapport du GIEC en 10 réponses
Contrepoints
mar., 01 oct. 2013 06:19 CDT

Communiqué des auteurs de Climat : 15 vérités qui dérangent sur le rapport du GIEC (Working Group I, AR5), 27 septembre 2013 (Stockholm).

Une analyse critique [1].

Ce qui vient d'être présenté n'est pas un rapport scientifique mais une synthèse de science et de politique. Nous allons tenter de le montrer de manière factuelle dans le texte qui suit, en soumettant ce nouveau texte du GIEC au prisme de la critique scientifique.

1. Le rapport du GIEC repose sur une méthodologie politique

Il est surprenant d'entendre présenter ce rapport comme étant scientifique parce qu'il se base sur des publications scientifiques. Ce n'est pas parce que le GIEC a analysé des milliers de publications scientifiques que sa synthèse est une vérité absolue. De l'aveu même du GIEC, ce rapport est un « jugement d'experts ». Ce sont en effet des experts qui ont effectué une analyse des publications scientifiques choisies par eux parce qu'elles corroborent leur thèse de départ. De nombreuses publications scientifiques sont ignorées parce qu'elles ne rentrent pas dans le canevas proposé par les statuts du GIEC, qui exigent de se concentrer sur l'influence de l'homme (par opposition à celle de la nature) sur le climat.

2. Le rapport minimise le plateau de température depuis 15 ou 17 ans

Depuis quelques années, des scientifiques n'ont de cesse de montrer que la température du monde n'augmente pas. Trop longtemps cachée, cette vérité a éclaté au grand jour il y a quelques mois et aujourd'hui elle ne peut plus être ignorée. Ne parvenant plus à masquer ce fait majeur, le GIEC tente par des arguties sémantiques d'en minimiser la portée. Le plateau de températures observé depuis 15 ou 17 ans [2] est désigné, par le GIEC, comme une « réduction dans la tendance de réchauffement de surface » (sic). Le GIEC tente ainsi de noyer le poisson par des formules alambiquées qui jouent sur des moyennes décennales et n'expliquent en rien ce plateau, qui défie toutes les tentatives de modélisation du climat par le GIEC.

3. La causalité entre la croissance des émissions de CO2 depuis 1998 et l'"augmentation" de température n'est pas soutenable

De 1998 à nos jours, l'homme a émis le tiers de toutes les émissions humaines (anthropiques, selon le terme consacré) de CO2 depuis le début de la Révolution industrielle. Or, pendant cette période, la température s'est stabilisée. Il n'est pas possible de soutenir l'existence d'un rapport de causalité entre cette croissance sans précédent des émissions de CO2, et la non-augmentation de la température.

4. La théorie de la captation de la chaleur par les océans paraît, au mieux, téméraire

Ne sachant expliquer comment la température s'est stabilisée depuis 15 voire 17 ans, le GIEC propose une parade surprenante : la chaleur supplémentaire serait captée par les océans (alors qu'il n'avait jamais été question de cette captation dans les rapports précédents). Soudainement les océans se transforment en trous noirs qui absorbent de l'énergie avant de la restituer dans les décennies ou les siècles à venir...

Cette thèse paraît d'autant plus téméraire que les mesures effectuées sur le contenu thermique des océans sont entachées de marges d'erreur gigantesques, de loin supérieures aux valeurs obtenues. Pire, de récents travaux indiquent que l'on a sous-estimé la perte d'énergie de la part des océans. Autrement dit, les océans relachent plus d'énergie qu'on ne le pensait, ce qui veut dire qu'ils en accumulent beaucoup moins que prévu.

5. L'intervalle de température futur est de plus en plus incertain

Le GIEC donne aujourd'hui une fourchette d'augmentation de la température de 1,5 à 4,5°C, alors qu'elle était de 2 à 4,5°C dans le précédent rapport de 2007. On doit constater qu'au fil des rapports, les fourchettes de température que propose le GIEC sont de plus en plus larges. Selon le GIEC, cela démontre une meilleure compréhension du phénomène. Conclusion : mieux on comprend, plus grande est l'incertitude.

6. Peut-on se tromper sur une partie, et avoir raison sur le tout ?

Le GIEC parle peu de la période 1998-2012, dont ses modèles ne parviennent pas à rendre compte, mais il prétend que ses modèles ne se trompent pas pour la durée de 1951 à 2012 ! Cette période 1951-2012 inclut également un intervalle allant de 1951 jusqu'en 1975, où les températures sont restées stables voire en légère diminution, ce que les modèles ne sont parvenus à simuler qu'en attribuant à l'atmosphère de cette période une quantité d'aérosols qu'aucune observation n'a corroboré. Étrangement, le GIEC soutient que sur des périodes beaucoup plus longues on peut accorder une « très haute confiance aux modèles ».

7. L'impact d'un doublement des émissions de CO2 est totalement imprévisible

Selon le GIEC dans un scénario de croissance de 1% l'an des émissions de CO2, lorsque la concentration en CO2 dans l'atmosphère aura doublé, c'est-à-dire lorsqu'elle atteindra 800 ppm [3], la température augmentera dans une gamme de 1,0°C à 2,5°C (avec une haute confiance) et très probablement pas plus que 3°C [4]. Quelle est, en fin de compte, la prévision de fourchette d'augmentation, pour un doublement de la concentration en CO2 : 1,5-4,5°C ou 1,0°C-2,5°C ? Intervient ici un distinguo subtil qu'on n'explique évidemment pas aux décideurs auxquels le résumé s'adresse. Les modélisateurs du GIEC considèrent qu'une grande partie de la chaleur due à l'effet de serre est emmagasinée dans l'océan profond, et que celle-ci demeurera captive pendant plusieurs siècles voire plus d'un millénaire. La fourchette 1,5°C-4,5°C, c'est pour dans 300, 500 ou 1000 ans ! En 2100, nous serons loin d'atteindre un tel niveau, et donc nous nous situerions bien en dessous de cette fourchette.

Alors, si l'objectif politique est de maintenir la hausse de température en dessous de 2°C, il est urgent de ne rien faire !

8. Le GIEC reconnaît enfin qu'il y eut des périodes chaudes avant l'ère industrielle

Après l'avoir occulté dans les rapports précédent, le GIEC reconnaît enfin que des régions ont été aussi chaudes au Moyen Âge qu'en fin de XXème siècle. Il tempère cette affirmation en insistant sur le caractère régional, et non global, du réchauffement médiéval constaté. Il n'est pas étonnant que l'on ne puisse disposer, pour le Moyen Âge, d'observations couvrant la totalité de la planète. Néanmoins, des études locales réparties sur tous les continents et océans, attestent d'un net réchauffement médiéval (ainsi que du refroidissement du Petit âge glaciaire). Ce réchauffement a été estimé de 1°C supérieur par rapport la moyenne des températures de 1880 estimée pour la planète. Il fut même plus important lors de l'Optimum holocène il y a 7 000 ans, période pendant laquelle pratiquement tous les glaciers ont disparu [5]. Le CO2 présent au cours de ces périodes n'avait bien évidemment aucune origine anthropique. 36 études scientifiques ont été recensées, en ce sens, par le magazine CO2 Sciences. La formulation du GIEC selon laquelle « ces périodes chaudes régionales ne se sont pas produites, selon les régions, de façon aussi cohérente qu'au 20ème siècle » ne doit pas induire en erreur : ce qui est qualifié de manque de cohérence résulte du fait que pour un bon nombre de régions on ne possède pas d'observations scientifiques relatives à l'époque médiévale. Observons également de nos jours que si les glaces en Arctique fondent (bien que s'étant en partie reformées en 2013), les glaces en Antarctique ont augmenté.

9. Le GIEC ne parvient pas à expliquer de manière convaincante l'effet du principal gaz à effet de serre : la vapeur d'eau

Comme dans les rapports précédents, le GIEC introduit un effet de rétroaction positive dû à la vapeur d'eau. Il est ainsi expliqué qu'une faible augmentation des émissions de CO2 induit un effet de levier sur le principal gaz à effet de serre qu'est la vapeur d'eau (un peu de CO2 fait que la grande quantité d'eau multiplie son effet de serre). Le problème est que si cette formule était appliquée à la quantité de CO2 émise depuis la révolution industrielle, nous aurions tous grillé depuis longtemps. Cette théorie est d'autant plus irrecevable que le GIEC admet une mauvaise compréhension des mécanismes de nuages et des précipitations, indispensables pour estimer la quantité de vapeur d'eau.

10. Il paraîtrait que la montée des océans s'accélère ?

Basé sur l'utilisation des satellites (depuis 2003), des marégraphes et des proxys, le GIEC est "quasi totalement certain" qu'il y a une accélération de la montée du niveau des océans. Force est de constater cependant que de nombreuses publications [6] et experts (N-A. Mörner) indiquent au contraire un ralentissement dans la montée des océans. De plus, les valeurs obtenues sont de l'ordre de quelques millimètres tandis que les imprécisions sur les marégraphes et les proxys varient de plusieurs centimètres à des dizaines de centimètres. Les imprécisions sur les mesures des satellites sont de l'ordre du centimètre. L'imprécision est plus grande que la mesure. Sachant qu'estimer le niveau des océans est d'une complexité inouïe, des valeurs aussi minuscules sont hautement sujettes à caution et permettent de dire tout et son contraire.

Conclusion

En conclusion, les auteurs de Climat : 15 vérités qui dérangent constatent que:

   le cinquième rapport du GIEC (partie I, la science), s'il ne peut nier le plateau de température observé depuis au moins 15 ans, est incapable d'en rendre compte d'une façon scientifiquement satisfaisante ;
   qu'un rapport scientifique au sens strict ferait état des nombreuses incertitudes qui affectent encore la science du climat ;
   au lieu de quoi les experts du GIEC tentent de gommer les incertitudes, au profit de la soutenance d'une thèse politique, qui est la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique ;
   les 95% de confiance n'ont rien à voir avec la science, les mathématiques ou les statistiques, mais, comme le GIEC l'écrit lui-même, résultent d'un "jugement d'experts".


---
Lire aussi : Climat, 15 vérités qui dérangent, un ouvrage climato-réaliste

Notes :

   Les auteurs de Climat : 15 vérités qui dérangent sont : ANNE DEBEIL, Ingénieur civil Chimiste, ingénieur conseil en sécurité & environnement (Brabant). - LUDOVIC DELORY, Licencié en Journalisme, Essayiste &Journaliste (Brabant). - SAMUEL FURFARI, Ingénieur civil Chimiste, Docteur en Sciences Appliquées, Maître de Conférences à l'Université Libre de Bruxelles (Brabant). - DRIEU GODEFRIDI, Juriste, Docteur en Philosophie, Essayiste & Administrateur de Sociétés (Brabant). - ISTVAN MARKO, Docteur en Chimie, Professeur à l'Université Catholique de Louvain (Brabant). - HENRI MASSON, Ingénieur civil, Docteur en Sciences Appliquées, Professeur à l'Université de Maastricht (Londres). - LARS MYREN, Ingénieur civil Chimiste, ingénieur conseil en sécurité & environnement (Brabant). - ALAIN PRÉAT, Docteur en Géologie, Professeur à l'Université Libre de Bruxelles (Brabant). PRÉFACIER : - CARLO RIPA DI MEANA, Ancien Commissaire européen à l'énergie et ancien ministre italien de l'environnement (Italie). ↩
   Cela dépend de l'année de référence. ↩
   ppm: parties par million. ↩
   Box 12.2. ↩
   Cronin, T.M. 2010 "Paleoclimates : Understanding Climate Change Past and Present", Columbia University Press. ↩
   Voir Journal of Climate 2012, American Meteorological Society, "Twentieth-century global-mean sea-level rise: is the whole greater than the sum of the parts ?" J.M.Gregory et al (dont Fettweis de l'Université de Liège). ↩

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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Ven 4 Oct 2013 - 11:22

A lire en parallèle avec ça :
http://www.bastamag.net/article3339.html a écrit:
Climat
Comment reconnaître un climatosceptique, en sept contrevérités

Par Sophie Chapelle (30 septembre 2013)

Alors que la réalité du changement climatique est étayée par la sortie du nouveau rapport du Giec, les climatosceptiques se mettent en ordre de marche. Pour décrédibiliser le travail des climatologues, ces marchands de doute professionnels usent d’armes rhétoriques redoutables, allant jusqu’à la falsification des faits. Qui sont-ils ? Quels sont leurs arguments ? Basta ! s’est penché sur les discours de ces artisans de la controverse médiatique. Voici leurs sept contrevérités préférées.

Un peu trop anxiogène pour être un sujet racoleur, le changement climatique est ressorti des limbes de l’information le 27 septembre. Motif, la sortie du premier volume du 5e rapport du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, mis en place par l’Onu. Ce sont 259 auteurs et 50 superviseurs qui planchent sur les travaux de plus de 600 scientifiques venant de 32 pays. Leur travail de synthèse est titanesque : 2 000 pages de rapport avec 1 250 schémas et graphiques. De ce document, est tiré un résumé d’une trentaine de pages destinés aux « décideurs », les chefs d’État et de gouvernement.

Il y est précisé que le réchauffement moyen depuis un siècle et demi est de 0,85 °C, que les trois dernières décennies sont « probablement » les plus chaudes depuis mille quatre cents ans. Et surtout, que les activités humaines constituent, de manière « extrêmement probable », la cause principale du réchauffement de la planète depuis les années 1950. De quoi faire bondir les « climatosceptiques » : ceux qui contestent le lien entre activités économiques et réchauffement climatique, si tant est, selon eux, que celui-ci soit une réalité.

1- Critiquer le Giec, qui « n’est pas un organisme scientifique »

Leur cible privilégiée : le Giec. « Toute une théorie du complot se développe autour de cette instance », confirme Antonin Pottier, chercheur en économie de l’environnement au Cired [1]. Le Giec « n’est pas un organisme scientifique », « refuse le débat scientifique argumenté » et « dénigre la liberté d’expression de ceux qui ne partagent pas ses idées », prétendent ainsi les auteurs du livre collectif Climat, 15 vérités qui dérangent, en tête de gondole dans plusieurs librairies. D’une pierre deux coups : les travaux scientifiques sur lesquels s’appuient le groupe international sont niés et le Giec serait partial, le débat et la pluralité n’y ayant pas leur place.

Les « opinions » des climatosceptiques n’y sont pas entendues ? « Pour produire sa synthèse, le Giec ne prend comme données de base que les travaux qui sont publiés dans les revues scientifiques. Or, la plupart des travaux des climatosceptiques qui contestent l’existence du réchauffement climatique n’arrivent jamais à publication parce qu’ils ne sont pas sérieux », explique Antonin Pottier, qui a travaillé sur la rhétorique du discours climatosceptique.

Malgré des procédures de relecture renforcées, le Giec est accusé d’entretenir « une habile confusion des registres entre science et politique ». Ce qui n’est bien sûr pas le cas des climatosceptiques ! Une fois le rapport scientifique rédigé – un énorme pavé abscons pour les non-initiés – les membres du Giec s’attellent à la rédaction du fameux « résumé pour les décideurs ». Chaque ligne de ce texte est revue par les délégations gouvernementales. « Certains pays exportateurs de pétrole tentent de contester les preuves apportées au changement climatique mais sont obligés de se ranger aux arguments scientifiques avancés. », relève Antonin Pottier. La recherche du consensus prime. « Le mode de fonctionnement du Giec fait qu’il s’aligne sur le socle commun et accepté par tous les scientifiques. Il y a des hypothèses dans la littérature scientifique qui sont nettement plus alarmantes que ce que le Giec peut dire », souligne le chercheur. Qu’importe, un pseudo « Climategate » est toujours possible [2]. Le travail de sape a porté ses fruits.

2 - Dénigrer toute transition énergétique

Le sérieux et l’impartialité du Giec remis en cause, ce sont les politiques climatiques et de transition énergétique qui n’ont plus lieu d’être. « La totalité des hydrocarbures fossiles de la planète [est] appelée à être utilisée et le carbone qu’ils contiennent à engendrer du CO2, affirme ainsi Christian Gérondeau, polytechnicien et membre de l’Automobile Club Association, dans CO2 : un mythe planétaire (2009). Nos efforts ne serviront à rien sur ce plan puisque ce que nous n’utiliserons pas le sera par les autres ». Sans oublier les effets pervers – « l’autre argument phare » des climatosceptiques selon Antonin Pottier – provoqués par les politiques d’économies d’énergies et de diminution des pollutions liées aux hydrocarbures. « Le pays engage des dépenses injustifiées, il freine sa croissance et, au total, détruit nécessairement des emplois » écrit Christian Gérondeau.

Quid des effets désastreux d’un réchauffement de quelques degrés ? « On ne créera pas d’emplois dans une planète morte. Et on ne sera pas capable de venir à bout de la pauvreté si on ne règle pas la question environnementale », rappelait Anabella Rosemberg, de la Confédération syndicale internationale, lors de la conférence sur le développement durable « Rio+20 » (juin 2012).

3 - Dénoncer l’écologie, prémisse d’une « société totalitaire »

A la catastrophe que représenterait une transition énergétique à venir, s’ajoute un autre péril qui fait frissonner la nébuleuse climatosceptique : la mise à mal de la liberté et de la démocratie. Qualifiés d’ « anciens rouges » voir de « Khmers verts » par Luc Ferry, les partisans de la lutte contre le changement climatique sont accusés de promouvoir des réformes conduisant tout droit à « une société totalitaire, encadrée par des taxes et des interdictions à gogo » écrit Claude Allègre. Là encore, rien à voir avec la réalité. C’est justement pour contrecarrer ce discours qu’est organisé le 6 octobre prochain le forum Alternatiba, un village des alternatives démontrant « que les solutions existent et qu’elles sont à notre portée, créatrices d’emploi, porteuses d’un monde plus humain, convivial et solidaire ».

4 - Nier la responsabilité humaine dans le réchauffement

« La manière la plus simple de nier les politiques contre les émissions de gaz à effet de serre, c’est de s’attaquer à la racine même de sa justification, c’est à dire à l’origine "humaine" du réchauffement climatique », souligne Antonin Pottier. Le réchauffement climatique n’est pas d’origine humaine, mais solaire ou cyclique, voire volcanique. Et selon le physicien François Gervais, « l’accroissement annuel du taux de CO2 dans l’atmosphère suit l’évolution de la température » (L’innocence du carbone, Albin Michel). Et non l’inverse... Bref, les travaux des 600 scientifiques synthétisés par le Giec seraient nuls et non avenus. Le CO2 n’y est pour rien ! Rien ne sert d’agir contre le changement climatique puisque nous ne sommes ni responsables ni coupables. Fini le sentiment d’angoisse ou d’impuissance face à un phénomène global et intangible ! Nul besoin de transformer en profondeur les modes de vie : un avenir paisible de progrès continuel, de croissance éternelle et de consommation infinie s’ouvrent à nous...

5 - Prendre des libertés avec les faits

Pour étayer leurs thèses, « les climatosceptiques vont jusqu’à falsifier les faits et truquer les références », constate Antonin Pottier. Les journalistes scientifiques Sylvestre Huet et Stéphane Foucart ont notamment dressé la liste des erreurs de chiffres, mais aussi les mensonges, les trucages de courbes de température, les références erronées, et les fautes de raisonnement, accumulés par Claude Allègre dans son livre L’imposture climatique [3]. Si falsifier des données constitue une fraude que le monde scientifique combat vigoureusement, la capacité à susciter de l’audience semble malheureusement suffire pour être invité sur les plateaux de télévision.

6 - Semer le doute dans les médias de masse

Bien que des erreurs aient été pointées dès la parution de son ouvrage, Claude Allègre s’est vu ouvrir sans réserve les arènes des médias de masse. « Le problème est que l’on met sur un plan d’égalité une opinion qui ne repose sur rien d’objectif et une position scientifique étayée par des recherches, remarque Antonin Pottier. De fait, on légitime le discours climatosceptique et on fait croire à l’existence d’un débat scientifique ». Pas facile sur un plateau télé pour le scientifique prisonnier de la complexité de son sujet, de faire le poids face à un orateur habile à caricaturer et à simplifier. « Le climatosceptique prétend alors révéler une vérité cachée. En réalité, il ne fait que recycler dans le débat public des arguments réfutés par la communauté scientifique depuis dix ou quinze ans. »

Mais qui sont ces pseudo dissidents d’une pensée dominante totalitaire ? Ce sont avant tout des scientifiques non spécialistes des disciplines qu’ils critiquent. On trouve ainsi des polytechniciens comme Christian Gérondeau, des géochimistes tels que Claude Allègre, des géophysiciens à l’instar de Vincent Courtillot, des animateurs météo comme Laurent Cabrol, mais aussi beaucoup de géologues. « Aux Etats-Unis ou en France, la plupart des scientifiques qui disent s’opposer aux thèses du Giec ne sont pas généralement des climatologues », confirme le chercheur Cired.

Leur point commun ? L’attachement à une certaine idée du progrès. « Le réchauffement climatique ébranle la croyance au progrès en montrant ses contreparties négatives. » Les climatosceptiques assurent au contraire que la technologie, associée au libre marché, offrira toujours les moyens techniques d’aller au-delà des limites existantes. Exit l’épuisement des ressources, la multiplication des pollutions, la finitude de notre monde.

7 - Entretenir l’opacité sur les financements

En France, le « climatoscepticisme » est plutôt le fait d’individus médiatisés mais isolés. Il existe en revanche aux États-unis un système de réseau de financements. « C’est une nébuleuse de groupes de think tank très proches du parti républicain qui sont à l’origine de la plupart des ouvrages ou rapports d’experts autoproclamés qui contestent l’existence du réchauffement climatique », rappelle Antonin Pottier. Ces think tank bénéficient des largesses de groupes industriels et de milliardaires qui spéculent sur l’avenir de la planète. Pour autant, relativisent les auteurs du livre Les marchands de doute [4], il n’y a pas de complot conscient. On assisterait plutôt à une forme de convergence idéologique entre les grands groupes industriels et certains scientifiques. Leurs actions et leurs choix seraient en fait façonnés par un « fondamentalisme de marché ».

Que faire face à ces marchands de doutes ? L’historien François Jarrige préconise « une meilleure connaissance du fonctionnement du travail scientifique et un meilleur contrôle de sa diffusion dans le champ politique et dans l’opinion » [5]. Mieux prendre en compte la position à partir de laquelle les experts parlent et savoir qui les financent. Si 13 % des Français doutent aujourd’hui de la réalité même du changement climatique, ils seraient 61 % à considérer que ce changement est une réalité et qu’il est dû aux activités humaines [6]. Restent ceux qui doutent de leur responsabilité. La sortie du nouveau rapport du Giec est une piqûre de rappel toujours plus alarmante.

Sophie Chapelle

(...)
[1] Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement

[2] En novembre 2009, des hackers divulguent la correspondance privée de plusieurs climatologues, dont certains collaborent à l’élaboration des rapports du Giec. Ces pirates perçoivent dans ces échanges la preuve des manipulations de données. Nature, une revue scientifique de référence, estime cette affaire « risible » : « rien dans ces mails ne remet en cause le fait scientifique que le réchauffement est réel ». En vain, le « climategate » embrase la blogosphère.

[3] On trouvera de nombreux exemples sur le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, et dans son livre L’imposteur, c’est lui : réponse à Claude Allègre (Stock, 2010). Voir aussi l’article de Stéphane Foucart, « Le cent-fautes de Claude Allègre », et notre entretien sur Basta !.

[4] Naomi Oreskes et Erik M. Conway, Les Marchands de doutes, Le Pommier, 2012.

[5] Lire l’article de François Jarrige, « Semer le doute, entretenir la confusion, la stratégie paysante des "climatosceptiques" », Revue des Livres n°9, janv-fév. 2013.

[6] Source : baromètre d’opinion sur l’énergie et le climat réalisé par le Commissariat général au développement durable en août 2013.

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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Ven 4 Oct 2013 - 21:05


HMMmmMmm..... bah oui.. changer fait peur... mais foncer dans le mur, ça ne fait pas mal non plus...

Écrire ne petite thèse sur la pulsion de mort chez l'Humain tente qui ??? Abella 

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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Sam 5 Oct 2013 - 9:24

C'est pire encore que la pulsion de mort, qui n'engage que soi-même et c'est un choix comme un autre. Là on fait des enfants mais on se fout pas mal de ce qu'on pourra leur laisser comme m****e à subir
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Sam 5 Oct 2013 - 21:09


...
C'est pour ça.. pas nécessaire de s'user à procréer !!  

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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Lun 3 Fév 2014 - 23:15

Bien que l'article ait déjà qqs mois, je le mets ici car il apporte un éclairage important sur la fameuse "pause du réchauffement climatique".
Pour un meilleur confort de lecture et un accès à toutes les images, c'est ici :
http://ecologie.blog.lemonde.fr/2013/10/09/larret-du-rechauffement-climatique-decryptage-dune-legende-tenace/

Mercredi 09 octobre 2013, par Audrey Garric
La pause du réchauffement climatique : décryptage d’une légende tenace


[Billet invité de Stéphane Foucart, journaliste au Monde, chargé des sciences de l’environnement]

La "pause du réchauffement climatique" est au climato-sceptique ce que le poumon est au Malade imaginaire. Que vous vous intéressiez ou non au climat, vous avez nécessairement entendu parler de cette énigmatique "pause du réchauffement" : depuis quinze ans, la température moyenne mondiale n’augmente plus, en dépit de la quantité toujours plus importante de gaz à effet de serre accumulés dans l’atmosphère. Certains audacieux exégètes de la science climatique assurent même que le thermomètre baisserait... Le réchauffement, donc, c’est fini !

Que penser de cette affirmation, qui tourne en boucle dans la blogosphère et chez certains confrères ? En réalité, le réchauffement ne s’est nullement "arrêté" au cours des quinze dernières années et ceux qui affirment le contraire se trompent (ou vous trompent). Démonstration en cinq points.


1) Ce que l’on appelle communément "réchauffement climatique" ou "réchauffement global" (global warming, en anglais) est causé par l’introduction, dans la machine climatique, d’un surplus d’énergie lié à l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime (à partir de la littérature scientifique) cette énergie excédentaire à environ 271×1021 joules (ou zettajoules) pour la période 1971-2010. Ce qui représente, grosso modo, l’énergie de trois bombes d’Hiroshima dissipée chaque seconde dans le système climatique au cours des quarante dernières années. Si l’on se penche sur la période 1993-2010, ce taux est plus élevé encore et se situe environ à un peu plus de quatre Little Boy par seconde…

Intuitivement, on peut penser que cette énergie est essentiellement convertie en élévation de température de la basse atmosphère. Mais la réalité est parfaitement contraire à l’intuition. Seule une toute petite fraction de cette énergie – environ 1 % seulement – réchauffe l’atmosphère. La fraction qui réchauffe le sol et fait fondre les glaces (banquise, calottes du Groenland et de l’ouest de l'Antarctique, glaciers d’altitude) est six fois plus importante. Tout le reste de l’énergie excédentaire – soit 93 % ! – réchauffe les océans.

En conclusion de ce premier point, nous pouvons dire que "réchauffement climatique" ne se réduit pas à "réchauffement de l’atmosphère" – le second ne comptant que pour un centième du premier.

2) Le "réchauffement de l’atmosphère" (soit 1 % du "réchauffement climatique") marque-t-il le pas si l’on prend comme période de référence les quinze dernières années ? La réponse est oui. Ce sujet a d’ailleurs été, à de nombreuses reprises (et de longue date), abordé dans Le Monde. Le GIEC l'affirme de manière très claire dans son dernier rapport : la tendance au réchauffement de la basse atmosphère entre 1951 et 2012 à été d’environ 0,12°C par décennie tandis qu’entre 1998 et 2012, elle n’a été que de 0,05°C. Soit plus de deux fois inférieure à la tendance depuis le milieu du XXe siècle. Attention cependant. Prendre 1998 comme année de départ introduit un biais important : cette année a été marquée par un phénomène El Niño d’une intensité exceptionnelle.

Pour comprendre le biais introduit par les climato-sceptiques de choisir 1998 comme année de référence, cherchons à évaluer la tendance sur 1999-2012 par exemple. Une régression linéaire à partir des données de la NASA donne 0,10°C par décennie (deux fois les 0,05°C de 1998-2012 !). Continuons. 1993-2012 ? 0,15°C par décennie ! 1999-2010 ? 0,15°C par décennie ! 1996-2010 ? 0,15°C par décennie ! Ainsi, on observe qu’en ajustant, simplement à quelques années près, les dates de début et de fin de la période choisie, la tendance varie du simple au triple…

Le biais introduit par le choix de 1998 comme année de référence est particulièrement clair sur la figure ci-dessous, montrant l’élévation de la température moyenne terrestre : on distingue clairement le "pic" de 1998 et l’apparente stagnation qui s’ensuit. Mais si on calcule la température moyenne de chacune des quatre dernières décennies (1970s, 1980s, 1990s, 2000s), on constate une progression d’une remarquable régularité.


Évolution de la température moyenne terrestre en moyenne annuelle et en moyenne décennale (GIEC, 2013)

Par ailleurs, la figure ci-dessus montre également une évidence : des paliers, des pauses et des ralentissements de l’élévation des températures de l’atmosphère ne sont pas étonnants ou inhabituels. On voit ainsi un palier entre les années 1950 et les années 1970, en dépit de l’accumulation ininterrompue de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Cette "pause" n’a pas empêché la tendance haussière de reprendre brutalement à partir des années 1980.

En conclusion de ce deuxième point, nous pouvons dire que le fameux ralentissement du réchauffement de l’atmosphère dépend essentiellement du choix des années de début et de fin de la période considérée. Il est réel si on ne tient compte que des quinze dernières années, mais le premier point nous permet de dire que ce ralentissement ne concerne que le réchauffement de l’atmosphère, c’est à dire 1 % du "réchauffement climatique" au sens large.

3) Ce deuxième point mérite cependant une petite explication. A quoi sont dues ces fluctuations naturelles d’une année (ou d’une décennie) sur l’autre, fluctuations suffisamment importantes pour occulter, partiellement et momentanément, le réchauffement produit par les activités humaines ? Le premier élément de réponse tient en un acronyme : ENSO (pour El Niño Southern Oscillation). C’est le principal élément de variabilité du climat mondial : la phase chaude (dite El Niño) de cette oscillation climatique  fait grimper le thermomètre mondial. A l'inverse, la phase froide (dite La Niña) fait baisser ce même thermomètre. Pour une raison que les scientifiques ne s’expliquent pas – qui est peut-être (et peut-être pas) due à la phase négative d’une autre oscillation climatique appelée Pacific Decadal Oscillation (PDO) – la dernière décennie a été pauvre en événements El Niño et riche en événements La Niña (dont certaines très intenses).

D’autres éléments de variabilité naturelle interviennent : les aérosols volcaniques (refroidissants) et les variations cycliques du Soleil. En tenant compte de ces trois facteurs et en "nettoyant" la température moyenne mondiale de leurs effets, les climatologues Grant Foster et Stefan Rahmstorf ont établi cette courbe, publiée en décembre 2011 dans Environmental Research Letters :



Les deux chercheurs ont appliqué leurs corrections de variabilité naturelle aux différents jeux de données établis indépendamment par plusieurs laboratoires à partir de mesures au sol (GISS, NCDC, CRU) ou de mesures satellites (RSS, UAH). Surprise : une fois prise en compte la variabilité naturelle (restreinte à seulement trois facteurs !), la fameuse "pause" ne saute plus guère aux yeux…

En conclusion de ce troisième point, nous pouvons dire qu’une fois pris en compte les trois principaux facteurs de variabilité naturelle, la "pause du réchauffement de l’atmosphère"… disparaît.

4) Voilà qui ne résout pas tout. Car la "variabilité naturelle" pose aux scientifiques une question épineuse et difficile : lorsque de l’énergie est introduite en grande quantité dans la machine climatique et qu’elle ne se traduit pas immédiatement par un réchauffement de l’atmosphère, que devient-elle ? Certains chercheurs pensent que cette "énergie manquante" (cette expression est débattue dans la communauté scientifique, certains ne la trouvent pas pertinente) se cache dans l’océan profond. C’est notamment la thèse de Magdalena Balmaseda, Kevin Trenberth et Erland Källén qui ont ré-analysé l’ensemble des données disponibles sur la quantité de chaleur stockée par l’océan. Selon leurs travaux, publiés en 2012 dans Geophysical Research Letters, environ 30 % de l’énergie introduite dans l’océan l’a été dans l’océan profond, sous 700 mètres de profondeur, comme le montre un graphique de leur article :


Quantité de chaleur stockée dans l'océan au cours du temps (Balmaseda et al., 2012)
On voit que depuis l’an 2000, la quantité de chaleur globale stockée a fortement augmenté. Là encore, la fameuse "pause" n’est pas absolument évidente.

En conclusion de ce quatrième point, nous pouvons dire que les principales questions posées par cette vraie-fausse pause concernent surtout la manière dont le système climatique – notamment par le truchement de la circulation atmosphérique, des courants marins – ventile et répartit l’excédent d’énergie qu’il reçoit (dans l’atmosphère, dans l’océan, les glaces, etc.) en fonction de ses "cycles" naturels.

5) Si vous avez entendu parler de ce fantasmatique "arrêt du réchauffement", il est très probable que vous ayez également entendu dire que le GIEC "n’avait pas prévu la pause actuelle". La réalité est que, jusqu’à présent, le GIEC n’a jamais rien prévu pour la décennie en cours, la capacité des modèles numériques à simuler les fluctuations climatiques à horizon de dix ou vingt ans étant sujette à caution. Cette faiblesse est par ailleurs reconnue par les modélisateurs eux-mêmes (le cinquième rapport du GIEC procède à cet exercice de prévision décennale, mais le résultat n'a pas convaincu l'ensemble de la communauté scientifique).

Voici le graphique qui représente les variations mesurées de températures, par rapport aux résultats simulés par les modèles en fonction des quatre scénarios de développement (du plus sobre au plus émetteur de gaz à effet de serre) :


Prévisions d'évolution du climat en fonction des différents scénarios de développement, et comparaison avec l'évolution des températures effectivement mesurées (GIEC, 2013).
On voit clairement (par exemple au début des années 1990 mais aussi entre 2005 et 2010) les difficultés qu’ont les modèles à reproduire fidèlement les fluctuations de court terme. Cela, disent les experts, n’a pas de conséquences sur les tendances de long terme (d’ici à la fin du siècle). En clair : ce n’est pas parce que les températures mesurées nous semblent actuellement dans la fourchette basse dans les simulations numériques qu’elles le resteront jusqu’à la fin du siècle.

Par ailleurs, il serait tout à fait faux de penser que les modèles numériques donnent systématiquement des résultats exagérés par rapport à la réalité. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les simulations de l'évolution de la glace de mer (banquise) arctique, par rapport aux mesures :



Modélisation de l'évolution de la glace de mer arctique (à la fin de l'été) au cours du temps comparée aux mesures effectives (d'après Stroeve et al., 2007)
On voit que le trait rouge (les mesures), s’il continue sur sa lancée, touchera l’axe des abscisses (c'est-à-dire la disparition de la banquise arctique à la fin de l’été) bien avant 2080, la date la plus pessimiste donnée par les modèles utilisés dans le précédent rapport de 2007, sous le pire scénario de développement… De même, si l’on observe l’élévation moyenne du niveau de la mer (provoquée par la fonte des glaciers d’altitude, la fonte des calottes glaciaires et la dilatation thermique due au stockage de chaleur), on voit qu’il n’y a nulle "pause" depuis quinze ans :


Elévation moyenne du niveau de la mer, mesurée par satellite depuis 1992 (CLS/CNES/Legos).
En conclusion de ce dernier point (et des autres), nous pouvons donc dire que le réchauffement ne s’est pas arrêté depuis quinze ans. La fonte des glaces est plus rapide que jamais, les océans continuent à monter, de plus en plus de chaleur est stockée dans les océans. Ainsi, en l’état des connaissances, il faut plutôt s’attendre, dans les prochaines années, à une reprise à la hausse des températures de l’atmosphère, lorsque la variabilité naturelle du climat aura cessé d’amortir le phénomène.

Bien sûr, les incertitudes sont nombreuses et aucun scientifique ne s'aventure à jurer qu'aucune surprise n'est à attendre dans les prochaines décennies. Comme le note un climatologue qui n'a pas participé aux travaux du GIEC, un franc refroidissement n'est pas, à court terme, exclu. "Il suffirait d'une grande éruption volcanique, comme celle du Pinatubo en 1991 pour que la pause actuelle se transforme en refroidissement temporaire, fait-il valoir. Les méga-éruptions ne sont pas périodiques mais il y en eu une environ tous les vingt ans sur les derniers siècles et il faut donc s'attendre à une prochaine. On entendra alors certains répéter que les climatologues n'ont pas su prévoir cette baisse éventuelle."

Stéphane Foucart

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P. S. La longueur de ce billet illustre bien cette confidence d’un chercheur en sciences du climat : "La raison pour laquelle il y a autant de climato-sceptiques, c’est qu’en matière de changement climatique, il faut dix secondes pour sortir une ânerie, et dix minutes pour expliquer pourquoi c’est une ânerie."
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique Mar 4 Fév 2014 - 22:24

J'adore le Post-scriptum.
J'aime aussi les idées d'incertitudes.

Un article très intéressant, merci !
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MessageSujet: Re: Réchauffement climatique

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Réchauffement climatique

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